Du jardin à la table: des repas à la ferme dès juillet

NOTRE-DAME-DU-MONT-CARMEL. La Fermette Autarcie lancera cet été une série de repas à la ferme, rendue possible notamment grâce à une campagne de sociofinancement qui a déjà dépassé ses objectifs.

Par Fatoumata Dapa / fdapa@lechodelatuque.com

À compter de juillet 2026, la Fermette Autarcie proposera des repas champêtres les vendredis et samedis soirs, sur réservation. Ce projet agrotouristique permettra d’accueillir une vingtaine de convives par soirée dans un décor rural mettant en valeur les produits de saison et le savoir-faire local.

L’idée de transformer la fermette en lieu de rassemblement gastronomique s’est concrétisée au cours de l’hiver dernier. “ On réfléchissait à ce qu’on pouvait faire de nouveau cet été. On avait construit un four à pain et on s’est dit qu’on pourrait faire des pizzas et partager ce lieu avec d’autres personnes ”, explique la copropriétaire Charlie Picard, qui dirige le projet avec Gabry-L Gauthier.

Selon elle, le projet répond aussi à un besoin dans le secteur. “ On aime vraiment recevoir et on trouve qu’il manque de lieux rassembleurs, comme ça, à Notre-Dame-de-Mont-Carmel, notre petit coin. Des fois, c’est tellement beau le soir qu’on se dit qu’on pourrait le partager avec des gens de la Mauricie et les inviter pour venir faire des événements, vendre des pizzas avec nos légumes de jardin ”

Une expérience immersive à la ferme

Les soirées proposées se veulent davantage qu’un simple repas. Les visiteurs auront accès aux installations et pourront observer la préparation des plats dans un four artisanal extérieur. L’ambiance se veut chaleureuse et conviviale, avec une capacité limitée à une vingtaine de personnes afin de favoriser les échanges.

“ On a vraiment envie que ça soit des repas expérientiels. On vise vraiment les couples ou les adultes qui ont envie d’avoir une belle soirée un peu événementielle. On a envie que ça soit un peu bucolique. Avec aussi les gens qui sont intéressés par l’autonomie alimentaire, qu’ils aient accès à la ferme pour aller visiter les installations s’ils ont envie de s’inspirer, de reproduire des trucs chez eux. Que ça soit aussi romantique pour les couples, étant donné qu’on fait des fleurs, donc là, ils vont avoir des bouquets de fleurs. Que ça soit vraiment une expérience. Ce n’est pas un restaurant, commode. C’est un moment pour prendre le temps ”, précise Mme Picard.

Le menu reposera principalement sur des pizzas artisanales cuites au feu de bois, accompagnées d’entrées et de desserts inspirés des récoltes du moment. La majorité des plats sera végétarienne et composée de légumes cultivés sur place, le tout complété par des produits issus de fermes de la région.

“ On irait avec une recette pour la soirée en lien avec les légumes de saison. Donc il y aura toujours un petit plateau de crudités avec les entrées, un repas principal et un dessert avec majoritairement des produits de chez nous.Ce qui n’est pas de chez nous, c’est des produits locaux. La cuisine est extérieure, les gens vont pouvoir voir aussi comment c’est fait dans le four à pizza qui est artisanal et comprendre d’où viennent les aliments. Je regarde ce qui est disponible dans le jardin et je crée le menu à partir de là. Les recettes vont changer selon la saison ”, indique la copropriétaire, qui agit aussi comme cuisinière.

Une campagne couronnée de succès

Pour concrétiser le projet, les copropriétaires ont lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme La Ruche. L’objectif initial fixé à 6 000 $ a été revu à la hausse à deux reprises, atteignant finalement plus de 10 000 $.

Au moment de l’entrevue, le montant recueilli dépassait les 10 600 $, alors qu’il restait encore quelques jours à la campagne.

“ On ne s’attendait pas du tout à ça. On avait même peur de ne pas atteindre le premier objectif. Le fait que les gens contribuent montre qu’ils ont confiance en notre projet. Et la majorité d’entre eux sont des clients qui nous connaissent, qui ont vu l’endroit, qui nous encouragent. Ça nous donne vraiment confiance ”, souligne Mme Picard.

Les sommes recueillies serviront principalement à l’aménagement des installations, notamment une cuisine extérieure et des espaces d’accueil adaptés à l’expérience champêtre. Les copropriétaires estiment que l’ensemble des investissements liés au projet dépasse 25 000 $.

Un projet appelé à évoluer

Pour la première saison, environ 16 soirées sont prévues. À plus long terme, les copropriétaires souhaitent élargir l’offre et rendre le site accessible à un plus grand nombre de visiteurs.

“ Notre espoir, c’est que toutes les places soient réservées cet été. Dans le futur, on aimerait être à temps plein sur la ferme et offrir plus de journées ouvertes au public ”, mentionne Mme Picard.

Les promotrices envisagent également d’ajouter d’autres activités, comme des spectacles ou des événements culturels, lorsque les installations le permettront.

Malgré les défis liés à la conciliation travail-ferme, le projet repose sur une approche progressive. “ On a avancé étape par étape depuis cinq ans. Il faut se lancer, mais aussi y aller graduellement ”, conclut-elle.