Gibi Kanazoé : le coiffeur des stars
AFFAIRES. S’expatrier pour recommencer une nouvelle vie dans un autre pays, une autre culture, un nouvel environnement, demande beaucoup de courage.
Natif d’Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, Gibi Kanazoé s’est lui imposé un défi supplémentaire en démarrant sa propre entreprise quelques semaines à peine après s’être installé à Shawinigan.
Selon une étude de la Banque de développement du Canada, les personnes issues de l’immigration ont davantage tendance à se lancer en affaires que les Canadiens de naissance. Une statistique que notre Néo-Shawiniganais est venue renforcer.
Arrivé à Toronto, Gibi Kanazoé ne reste que quelques mois dans la plus grande ville canadienne, freiné par une langue anglaise qu’il maîtrise mal. “Une de mes connaissances m’a dit de venir m’installer au Québec où ça parle français”, explique le Burkinabè.
Muni d’un baccalauréat en administration, mais qui n’est pas reconnu, Gibi Kanazoé se tourne vers une passion révélée à l’adolescence pour gagner sa croûte : couper les cheveux.
“Je suis un autodidacte, mais déjà à 15 ans, je coiffais déjà les gens dans mon pays. Ça m’a toujours animé dès l’enfance”, raconte celui qui tombe à l’automne 2025 sur un salon de barbier, sur la rue Frigon à Shawinigan, fermé depuis un peu plus d’un an après le décès de son propriétaire.
Avec son poteau emblématique bleu-blanc-rouge à l’entrée et ses deux grands fauteuils capitonnés d’origine, Le Royaume des Stars frappe dans l’œil avec son look vintage.
Gibi Kanazoe souligne que le salon de coiffure prend graduellement son envol, d’autant qu’il est très actif sur sa page Facebook (Kanazoé Guibi) avec ses photos de ses clients arborant leur nouvelle coiffure et leur air satisfait.
“Lorsque vous ressortez avec le sourire aux lèvres, sachez que je suis le plus heureux”, écrit-il une fois, avant de souhaiter une bonne fête des mamans du monde le 10 mai dernier, puis des Patriotes le 18 mai suivant avec la mention : “Que cette journée soit remplie de paix, de joie et de fierté pour notre histoire. Bonne célébration!”
“Ma clientèle est davantage québécoise qu’africaine même si on retrouve de plus en plus de nouveaux arrivants en Mauricie. Mais il y a du bouche-à-oreille qui dit qu’il y a maintenant un Africain qui coupe les cheveux à Shawinigan”, raconte celui qui s’est spécialisé dans la clientèle masculine, adultes et enfants.
