La dernière tournée de Michel Angers
SHAWINIGAN. Après 16 ans à la mairie de Shawinigan, c’est le temps des au revoir pour le maire Michel Angers. Au cours des dernières semaines, le premier magistrat a multiplié les visites dans des résidences pour personnes âgées, et il s’est fait un devoir de poursuivre les représentations comme il l’a toujours fait pendant les 16 ans à la mairie. C’est samedi, avant le jour de l’élection qu’il fera sa dernière apparition à titre de maire en participant à un vernissage dans une bibliothèque de la ville.
Michel Angers aura donc trempé 40 ans dans la politique. En plus de ses 16 années à la mairie, il a été président syndical régional de la CSN pendant 24 ans. “La différence avec la mairie de Shawinigan, quand j’étais à la CSN, je faisais du politique et non de la politique, lance-t-il. La CSN a été une école formidable pour moi qui m’a préparé pour la mairie de Shawinigan puisque je côtoyais tous les politiciens.”
C’est lors d’une mission en France et en Belgique avec la mairesse de l’époque Lise Landry qu’elle l’a approché pour l’a succéder. “C’est à ce moment que j’ai commencé à y penser, un an et demi avant l’élection de 2009. Il y avait une occasion. Quand une porte s’ouvre et que tu n’entres pas, souvent elle se referme”, se souvient M. Angers.
L’évolution de la politique
En 16 ans, la politique a grandement évolué partout, notamment avec l’arrivée des médias sociaux. On n’a qu’à penser à tous les élus qui ont pu démissionner seulement au Québec au cours des quatre dernières années.
“Je trouve ça dommage ce qui se passe. Aujourd’hui les gens ont des opinions sur tout, sans aucune espèce d’information. J’ai toujours cru aux médias traditionnels et à l’information validée. Les gens s’informent sur les médias sociaux. C’est le plus grand malheur qu’on ne peut pas avoir. On voit une certaine forme de dérive. On ne peut pas rester insensible à des situations que des élus quittent parce qu’ils se font intimidés, menacés, insultés… Ça n’a pas sa place, mais la société laisse faire ça. Pire encore, certains médias s’alimentent avec les médias sociaux, et font de la nouvelle sans contre vérifier. De façon philosophique, on peut se poser la question pourquoi les gens sont cyniques avec les politiciens. On peut penser à Trump, à force de dire des mensonges, les gens pensent que c’est vrai.”
Une page d’histoire se tourne
C’est le temps qui le dira, mais Michel Angers a assurément laissé sa marque à Shawinigan avec son parcours de 16 années. Est-ce une page d’histoire qui se tourne?
“On m’a dit ça! J’ai eu une série d’hommages dans les dernières semaines. Je n’étais pas parti pour ça. Quand j’étais jeune, je voulais simplement changer un petit morceau de société. Les événements ont fait en sorte que j’ai pu brasser beaucoup de choses. J’ai eu la chance d’avoir des partenaires qui ont embarqué dans l’aventure. Ç’a donné des résultats intéressants, et on verra ce que ça donnera avec le temps. Chose certaine, je suis allé au bâton pour tout le monde.”
Un trait définitif sur la politique
Angers ne s’en cache pas, il a été approché par des gens pour d’autres paliers politiques, mais l’aventure est bel et bien terminée pour lui. “Ça sera terminé quand je vais faire ma dernière tournée avec le personnel à l’Hôtel de Ville. Gérald Larose à la CSN qui était devenu un ami m’avait dit quand il est parti… quand la mer est calme, et que le bateau ne tangue pas, c’est le temps de partir… Je ne suis pas un nostalgique dans la vie, je vais tourner la page. J’ai été capitaine du bateau pendant 40 ans, jamais je ne vais m’embarquer dans un parti politique qui a une ligne. Si j’avais voulu continuer à faire de la politique, je serais resté à la mairie de Shawinigan!”
