La solidarité shawiniganaise au service de la rentrée scolaire
SHAWINIGAN. 450 sacs à dos et boîtes à lunch, 11 520 crayons de couleurs, 7 150 crayons HB, 2 050 duo-tang, 1 050 gommes à efface, 875 bâtons de colle et des milliers d’autres fournitures scolaires: c’est ce qu’il aura fallu rassembler pour permettre à 450 enfants dans le besoin de Shawinigan de prendre le chemin de l’école avec confiance grâce à l’Opération Sac à dos, tenue le 18 août dernier
Le coût de la rentrée scolaire continue de mettre de la pression sur de nombreuses familles en situation de précarité. Dans ce contexte, l’Opération Sac à dos 2026, menée par Regroupement Partage, permet à plus de 12 000 enfants au Québec de recevoir un sac à dos et une boîte à lunch, en plus d’une trentaine de fournitures scolaires à l’aube de la rentrée.
“Les demandes sont tellement grandes cette année comparativement aux autres années. On a commencé à recevoir des demandes à partir du mois d’avril. L’année scolaire n’était même pas terminée que des parents s’inquiétaient pour la rentrée suivante. On a reçu des courriels de parents désemparés. La demande a explosé”, indique Anne-Marie Éthier, directrice générale du Regroupement Partage.
Ce qui l’inquiète encore plus, c’est le nombre de familles qui ont des revenus d’emploi et qui ont besoin de l’Opération sac à dos. En 2025, cela représentait 48% des familles de l’Opération sac à dos. En comparaison, en 2021, cela concernait 21% des familles.
“Ça a plus que doublé en cinq ans. Ça nous dit que des familles ont cumulé des emplois, mais qu’avec le coût de la vie qui a augmenté, elles n’arrivent plus à payer les dépenses de base, ce qui fait en sorte que les fournitures scolaires deviennent inabordables. La situation est très préoccupante”, renchérit Mme Éthier.
À Shawinigan, grâce à la mobilisation de plus de 60 bénévoles, 8 organismes partenaires (Maison citoyenne des familles, Coude à coude, CAB Grand-Mère, Carrefour Jeunesse, SANA, Société St-Vincent-de-Paul, Centre de services scolaire de l’Énergie et Santé Québec MCQ-U) et de nombreux donateurs, les enfants ont été accueillis dans une ambiance festive et empreinte de dignité pour choisir gratuitement leur matériel scolaire.
Les familles ont également pu profiter des prestations du magicien pédagogique Karl Normandin et du duo de clowns Les Endimanchés, œuvrant dans une approche de cirque social, en plus de découvrir les 13 kiosques d’information animés par les organismes et partenaires du milieu, ainsi qu’une aire de jeu libre à l’extérieur.
“Voir des centaines d’enfants repartir avec le sourire, fiers de choisir eux-mêmes leur matériel scolaire, est un rappel éloquent de l’importance de cette initiative. C’est un soutien concret aux familles dans un moment charnière de l’année”, commente Juliette Devert porte-parole du comité organisateur et agente de mobilisation et développement pour la concertation COMPLICE.
Le comité organisateur est déjà en train de planifier la prochaine édition de l’Opération Sac à dos à Shawinigan. Pour répondre aux besoins grandissants des familles, le comité espère amasser 25 000$ en dons.
Une réflexion à avoir
Cette année, ce sont 60% des familles qui faisaient appel à l’Opération sac à dos pour la première fois au Québec. “On est bon pour répondre à l’urgence, mais il faut trouver des solutions plus structurantes pour que les organismes ne deviennent plus un passage obligé”, souligne-t-elle.
La directrice du Regroupement Partage fait remarquer que l’organisme dispose d’un pouvoir d’achat important. Cela fait en sorte que l’organisme est en mesure d’acheter des fournitures d’une valeur marchande de 185$, incluant un sac, une boîte à lunch et une trentaine de fournitures scolaires, pour le coût de 33,50$.
“Imaginez quel pourrait être le pouvoir d’achat du gouvernement pour les enfants dans le besoin? On pourrait équiper les enfants avec tout le matériel dont ils ont besoin pour la rentrée scolaire. En comparaison, en ce moment, le gouvernement provincial remet 127$ pour chaque enfant d’âge scolaire pour aider les parents avec les dépenses de la rentrée”, explique-t-elle.
“On aimerait qu’il y ait une réflexion sur des programmes plus structurants et qu’on prenne en compte ce qui fonctionne bien sur le terrain, de réfléchir à des solutions plus pérennes et prévisibles. Avec l’Opération Sac à dos, on ne répond qu’à une partie des besoins réels”, poursuit-elle.
