La Ville de Shawinigan veut revoir son partenariat avec Pickleball Shawinergie

SHAWINIGAN.  La Ville de Shawinigan ne renouvellera pas, dans sa forme actuelle, l’entente qui la lie à l’organisme Pickleball Shawinergie pour l’exploitation du centre Émile-Bédard, dans le secteur Saint-Georges. Une résolution adoptée par le conseil municipal prévoit que l’entente prendra fin le 31 décembre 2026 afin de permettre la négociation d’un nouveau cadre de partenariat.

Signée en décembre 2020, l’entente confiait à Pickleball Shawinergie la gestion et l’exploitation du centre Émile-Bédard, ancien aréna du secteur converti en installation dédiée principalement à la pratique du pickleball.

La Ville précise que cette décision ne signifie pas la fin du partenariat avec l’organisme, mais vise plutôt à revoir les modalités de fonctionnement après cinq années d’application.

“Nous voulons mieux refléter les réalités opérationnelles et assurer une plus grande flexibilité dans l’application de l’entente”, explique le directeur des communications de la Ville, Frédéric Beaulieu.

Parmi les changements envisagés figurent une amélioration de l’agilité opérationnelle, une révision de certaines clauses d’interprétation, l’ajout de dispositions permettant à la Ville d’utiliser les lieux pour certains mandats municipaux, notamment lors de la tenue d’élections, ainsi que le retrait de la clause de renouvellement automatique de trois ans.

Une accessibilité remise en question

Le conseiller municipal du district Saint-Georges, Louis-Jean Garceau, estime que l’entente actuelle n’a pas permis d’atteindre tous les objectifs fixés par la Ville, notamment en matière d’accessibilité.

“Le pickleball est en pleine croissance à Shawinigan et c’est une excellente nouvelle. Par contre, on trouvait que l’accès n’était pas suffisamment ouvert à l’ensemble de la population”, soutient-il.

Selon lui, le contrat prévoyait notamment que des groupes scolaires puissent utiliser les installations.

“On peut compter sur les doigts d’une main les fois où les écoles y sont allées. Ce qu’on souhaitait, c’était une utilisation davantage démocratisée du bâtiment”, ajoute-t-il.

Le conseiller rappelle également que le centre Émile-Bédard demeure un immeuble municipal.

“Ce n’est pas leur bâtiment, c’est celui de la Ville. Si la municipalité a besoin d’utiliser les lieux pour certaines activités, comme des élections ou d’autres mandats, il faut que cette possibilité soit prévue dans l’entente.”

Un bâtiment dont l’avenir demeure incertain

Au-delà de l’entente avec Pickleball Shawinergie, l’avenir même du centre Émile-Bédard reste à déterminer.

La Ville reconnaît réfléchir depuis plusieurs années au futur de cette ancienne infrastructure sportive, dont la durée de vie est limitée.

“Nous devrons prendre une décision à court terme concernant la suite”, confirme Frédéric Beaulieu.

Louis-Jean Garceau affirme que la municipalité n’entend plus investir massivement dans le bâtiment.

“On entretient la structure et les systèmes essentiels, mais on sait que ce n’est pas une solution à long terme. Si un problème majeur survient, notamment au niveau du toit, il faudra prendre une décision rapidement”, indique-t-il.

Le conseiller précise toutefois que les activités de pickleball ne sont pas menacées à court terme.

“Il ne faut pas que la population s’inquiète. Le pickleball va continuer. Ce qu’on veut, c’est offrir éventuellement des installations encore meilleures.”

Un complexe sportif dans la mire

La réflexion entourant le centre Émile-Bédard s’inscrit dans un projet plus vaste touchant le parc Gervais. Un plan directeur devrait être dévoilé à l’automne afin de définir les besoins sportifs et récréatifs du secteur Saint-Georges.

Louis-Jean Garceau souhaite y voir naître un complexe sportif multifonctionnel réalisé en partenariat public-privé.

“L’objectif, ce n’est pas seulement le pickleball. On veut des installations qui permettront aussi de pratiquer d’autres sports comme le badminton, le basketball ou le soccer intérieur. Le secteur est en pleine croissance et mérite des infrastructures modernes “, affirme-t-il.

Il reconnaît toutefois que si un nouveau complexe devait être construit, une solution de relocalisation temporaire devrait être trouvée pour les joueurs de pickleball pendant les travaux.

Une gouvernance fragilisée

Par ailleurs, plusieurs administrateurs de Pickleball Shawinergie ont récemment quitté leurs fonctions lors de la dernière assemblée générale annuelle, à la suite de l’insatisfaction exprimée par des membres de l’organisme. Le conseiller Garceau affirme toutefois ne pas vouloir commenter la gestion interne de l’association.

“La régie interne, je ne peux pas me prononcer là-dessus. Ce qui nous préoccupait, c’était surtout le respect du mandat confié par la Ville.”

Une rencontre prévue en août

Du côté de Pickleball Shawinergie, on confirme qu’une rencontre est prévue avec les représentants de la Ville au cours du mois d’août afin d’entamer les discussions en vue d’une nouvelle entente.

“Cette décision n’a pas pour objet d’avoir un impact sur les activités du Club de Pickleball Shawinergie, mais plutôt une occasion d’actualiser notre partenariat avec la Ville de Shawinigan et ce, dans un esprit de collaboration et de bénéfice mutuel, indique par écrit le Club de Pickelball Shawinergie.À la suite de l’avis de non-renouvellement reçu par la Ville de Shawinigan, des membres du Conseil d’administration ont été mandatés afin de contribuer avec l’administration municipale pour rédiger une nouvelle entente de partenariat. Des démarches ont déjà été effectuées à cet effet, et une première rencontre devrait avoir lieu dans les prochaines semaines.”

Les deux parties disposent d’un peu plus d’un an avant l’échéance du contrat actuel pour définir les modalités du futur partenariat, alors que le devenir du centre Émile-Bédard demeure également au cœur des réflexions municipales.