Le PQ s’engage à abolir la TVQ sur les biens usagés
CAMPAGNE ÉLECTORALE. Paul Saint-Pierre Plamondon annonce qu’un gouvernement du Parti Québécois abolira la TVQ sur les biens usagés dès les premiers jours de mandat. La mesure représente un manque à gagner de 700 millions $ par année, mais permettrait à des ménages dans le besoin d’économiser « des milliers de dollars », selon le chef péquiste.
Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
De passage dans sa ville natale de Trois-Rivières, le chef du Parti québécois a présenté mardi le premier volet d’un plan concernant le coût de la vie, avec l’annonce de l’abolition de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les biens usagés. La taxe représente près de 10 %, et les vêtements tout comme les voitures, les meubles et les électroménagers en seraient épargnés sous un gouvernement péquiste.
« Ça veut dire que, si un gouvernement du Parti québécois est élu le 5 octobre prochain, le lendemain, nous mettrons en œuvre cette mesure-là », déclare Paul Saint-Pierre Plamondon.
« C’est une bonne politique publique pour le pouvoir d’achat. C’est également une bonne politique publique pour l’environnement. Et c’est important de rappeler que ce qu’on propose aujourd’hui, c’est une question d’acheter québécois également, et de faire en sorte que notre économie soit plus locale, plus circulaire. »
Entouré de candidats de la région, le chef de la formation souverainiste affirme qu’une telle mesure priverait le gouvernement de quelque 700 millions de dollars par année. Une somme qui, toujours selon lui, sera en grande partie redistribuée aux ménages québécois et permettra de « propulser les secteurs de notre économie qui méritent d’être encouragés. »
« Par exemple, en moyenne, le prix d’un véhicule usagé au Québec est de 28 000 $. Donc, ce qu’on vient d’annoncer constitue une économie dans la poche des gens de 2800 $. Ajoutez à ça l’achat d’un électroménager usagé, qui représente une économie autour de 100 $ ou 150 $, en plus de quelques achats de vêtements de seconde main. La mesure qu’on annonce aujourd’hui, sur la base de trois achats durant l’année, représente plus de 3000 $ d’économie. 3000 $, clair, net, dans la poche des Québécois », illustre Paul Saint-Pierre Plamondon.
Le plan environnemental du parti, publié il y quelques semaines, comportait déjà la proposition d’encourager « la consommation de produits usagés […] notamment par une fiscalité réduite ». Dans les derniers jours, le parti conservateur d’Éric Duhaime annonçait une mesure similaire, qui se retrouve également dans le programme de Québec Solidaire, selon le chef du Parti québécois.
« Je vais peut-être vous surprendre, mais Québec Solidaire n’a pas exactement la même mesure, mais a la même approche en matière de circuit court et de détaxation de tout ce qui est économie locale et circulaire et de vente de biens usagés », a-t-il souligné.
« Je vous demande simplement de considérer est-ce que c’est une bonne politique que d’aider des ménages, puis d’acheter québécois, puis d’acheter usagé de sorte qu’on ne mette pas aux poubelles inutilement des biens ? Si la réponse est “oui” dans la population, ce n’est pas surprenant qu’à la fin, il y ait plusieurs partis, sauf la CAQ, qui vont tenter de faire une mesure dans ce sens-là. »

Paul Saint-Pierre Plamondon avec la candidate du Parti québécois dans Maskinongé, la comédienne et musicienne Isabelle Blais. (Photo : Émile Héroux)
Des enjeux de la région
Questionné sur certains enjeux de la région, notamment le projet d’usine d’hydrogène vert et d’éoliennes de TES Canada, le chef de la formation a commenté en rappelant les positions du PQ.
« Alors que Christine Fréchette était députée de Sanguinet, à plusieurs reprises, elle a réaffirmé que c’était un excellent projet. J’ai des citations ici qui sont non équivoques comme quoi la CAQ soutenait et Christine Fréchette soutenait sur toute la ligne TES Canada. »
« On peut au moins donner au Parti québécois, dans ce débat-là, d’avoir été constant. Il y a une notion d’acceptabilité sociale qu’on ne doit jamais bafouer. En ce moment, il n’y a pas d’acceptabilité sociale et ça va être notre position tout au long de la campagne. »
Au sujet du futur de la filière batterie à Bécancour, Paul Saint-Pierre Plamondon a mentionné que le soutien du Parti québécois sera orienté « non pas sur des joueurs internationaux qui nous promettent mer et monde avec des pertes de 6,4 milliards », mais sur des PME québécoises.
