Le Trou du Diable célèbre 20 ans d’histoire brassicole

SHAWINIGAN. Vingt ans après sa fondation, le Trou du Diable (TDD) célèbre un jalon important de son histoire. Pour Stéphane Thibodeau, brasseur technique au sein de l’entreprise depuis 13 ans, cet anniversaire témoigne de la capacité de la microbrasserie shawiniganaise à traverser les époques dans un marché en constante évolution.

“Beaucoup de brasseries ne se rendent pas à 20 ans. Ça démontre le côté innovateur de l’entreprise et sa capacité à s’adapter”, souligne-t-il.

Originaire de Saint-Hyacinthe, celui qui rêvait de travailler au Trou du Diable a joint l’équipe lors de l’ouverture de l’usine. Après une dizaine d’années comme brasseur au pub, il a effectué le saut vers les installations de production il y a un peu plus de deux ans afin de relever de nouveaux défis.

Au fil des ans, il a notamment appris aux côtés d’André Trudel, l’un des artisans des premières années de la brasserie.

“André travaillait beaucoup à l’intuition. J’essaie encore aujourd’hui de conserver cet esprit dans les bières que je développe”, explique-t-il tout en rendant hommage aux fondateurs du TDD, Isaac Tremblay, André Trudel, Luc Bellerive, Franck Chaumanet et Dany Payette.

L’acquisition du Trou du Diable par Molson Coors en 2017 avait suscité de nombreuses réactions dans le milieu brassicole québécois.

Pour plusieurs employés, dont Stéphane Thibodeau, l’annonce avait été chargée d’émotions.

“Le monde brassicole, c’est une fraternité. On avait l’impression de perdre un peu ce sentiment d’appartenance au mouvement des microbrasseries québécoises.”

Avec le recul, sa perception a toutefois évolué. Si la décision avait suscité certaines inquiétudes à l’époque, Stéphane Thibodeau estime aujourd’hui que l’entreprise a su préserver son identité.

“On a d’excellentes conditions de travail et la qualité demeure la priorité. Je suis même surpris de la liberté qu’on conserve au niveau de la création de nouvelles recettes”, affirme-t-il.

Cette liberté lui a permis de multiplier les nouveautés au cours des dernières années. L’entreprise a lancé plusieurs nouveaux produits, dont une stout à l’érable, une saison aux fruits de la passion et à la goyave ainsi qu’un Radler.

Pour souligner son 20e anniversaire, le Trou du Diable proposera également une édition spéciale de sa célèbre Buteuse vieillie en fût de cognac.

“Je voulais quelque chose qui représente le côté prestigieux de cette bière emblématique”, mentionne le brasseur.

L’entreprise a aussi profité de cette année anniversaire pour moderniser son image de marque grâce à un important travail de repositionnement visuel.

“L’objectif était d’uniformiser notre image. Aujourd’hui, les consommateurs reconnaissent facilement nos canettes rouges”, explique-t-il.

Bien que la production ait atteint un sommet de plus de 25 000 hectolitres au cours des dernières années, le volume se situe maintenant autour de 20 000 hectolitres. La fin des exportations vers certains marchés extérieurs explique notamment cette baisse.

“Le monde brassicole a beaucoup changé. Il y a maintenant des microbrasseries partout et la concurrence est plus forte que jamais”, observe-t-il.

Les célébrations entourant le 20e anniversaire ont culminé le week-end dernier au pub du Trou du Diable avec une programmation comprenant spectacles, animation et activités festives sur la Promenade du Saint-Maurice.

“C’est une belle occasion de célébrer tout le chemin parcouru”, conclut Stéphane Thibodeau.