Les exploitants de plages seuls responsables de la qualité des eaux de baignade

RÉGION.  Le programme Environnement Plage, qui surveillait la qualité des eaux de baignades des plages publiques au Québec depuis 55 ans, a récemment été aboli par le ministère de l’Environnement. Les camps certifiés devaient s’y inscrire afin de respecter les normes en vigueur. Dorénavant, la responsabilité d’offrir une eau de qualité aux baigneurs incombe directement aux gestionnaires des plages.

En Mauricie, sept lieux de baignade sont touchés par la fin du programme. Les administrateurs ont dû trouver des solutions avant le début de la saison estivale pour déterminer comment se ferait l’analyse des échantillons prélevés sans compter qu’ils doivent désormais en assumer les couts.

“On aimait bien le programme, confie le directeur du Camp Minogami du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides à Shawinigan, Laurent Gagné. C’était pratique de les avoir mais on a déjà un opérateur pour notre réseau d’eau sur place. On a fait la demande auprès de lui, il ajoute ça dans ses visites, donc ça n’a pas été trop complexe pour nous de trouver une solution. C’est sûr que ce sont quelques coûts supplémentaires, mais ce n’est pas extravagant non plus.”

“On prend le même laboratoire qu’on utilise pour notre eau potable, indique pour sa part le président de la corporation Maurice Hudon-Beaulieu qui gère le Camp scout de Sainte-Ursule, Alexandre Tardif. Du côté des coûts, ça ne change pas grand-chose parce qu’on payait pour les tests. Par contre, il va falloir qu’on s’occupe du prélèvement nous-mêmes. Le programme Environnement Plage s’occupait aussi de nous donner de l’information. C’est encore utile mais j’imagine que dans quelques années, il va falloir se mettre à jour par nous-mêmes.”

En tant que membre de l’Association des camps du Québec, le Camp Minogami s’aligne sur les directives de l’organisme.

“On suit ces normes-là, explique M. Gagné. L’ACQ nous dicte clairement qu’est-ce qu’on doit suivre. On a des visites récurrentes après un certain nombre d’années. Un représentant vient sur place et on fait la tournée.”

Le Camp scout de Sainte-Ursule n’a pas l’obligation de répondre aux normes de l’ACQ. Étant un petit organisme, les ressources sont limitées mais M. Tardif souhaite tout de même offrir une eau de baignade de qualité.

“Avant, le programme Environnement Plage venaient deux fois dans l’été et faisait le prélèvement de deux échantillons. Historiquement, ce n’était pas problématique. Nous, on va le faire seulement une fois. On va réduire notre échantillonnage, mais quand même, on veut le faire au début de l’été pour assurer à nos visiteurs que l’eau est de bonne qualité.”

Mis à part ces deux camps, les autres lieux de baignade en Mauricie touchés par la fin du programme Environnement Plage sont la plage municipale de Sainte-Thècle, le Domaine Floribell de Saint-Élie-de-Caxton, la plage du Lac-en-cœur de Lac-aux-Sables, le camping et plage Baie Martin du lac des Piles à Shawinigan et la Villa du Carmel de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec, l’abandon du programme découle du chantier d’efficacité de l’État qui vise à réduire la bureaucratie et le nombre de programmes.

La Fondation Rivières considère que l’abolition du programme “est une mesure d’économies de bout de chandelle qui pénalise les bons gestionnaires des plages au Québec et qui aura pour effet d’inquiéter les citoyens à la recherche de lieux de baignade”. Elle aurait préféré que le programme soit bonifié. Comme il était offert sur une base volontaire, si les résultats des tests n’étaient pas satisfaisants, le gestionnaire de la plage avait le choix de corriger la situation ou de se retirer du programme. La Fondation croit que ” le Québec est mûr pour avoir un programme obligatoire de suivi de la qualité de l’eau dans les zones de baignade”.

D’autres organismes et des entités municipales militent pour le maintien ou la bonification d’Environnement Plage. Le 17 juin, la MRC de Mékinac a donné son appui à la MRC des Pays-d’en-Haut qui demande le remplacement du programme.