Les Mauriçoises brillent au Rose Trip Maroc

MAURICIE.  L’équipe Les Mauriçoises, composée de Roselyne Cossette, Justine Bordeleau et Alice Brouillette, a décroché la 3e place de la catégorie Open+ lors de la 7e édition du Rose Trip Maroc, un trek d’orientation 100% féminin réunissant 164 équipes de huit pays.

PAR FATOUMATA DAPA / fdapa@icimedias.ca

Elles sont parties dans le désert marocain pour vivre un défi sportif et humain. Elles en sont revenues avec un podium inattendu, une fierté immense et la conviction d’avoir participé à une aventure plus grande qu’elles.

Dans la catégorie Open+, Roselyne Cossette, 29 ans, physiothérapeute; Justine Bordeleau, 29 ans, psychologue; et Alice Brouillette, 29 ans, ingénieure civile, participaient au niveau le plus exigeant du Rose Trip Maroc qui allie endurance, orientation et esprit d’équipe.

Le trek, qui se déroulait du 30 octobre au 4 novembre dans la région de Merzouga, réunissait 164 équipes provenant du Québec, de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Les participantes devaient parcourir entre 35 et 55 km à travers dunes, cailloux, chaleur accablante et absence totale d’ombre, munies seulement d’une carte, d’une boussole et d’un compas.

Une préparation de longue haleine

Les trois amies, qui se connaissent depuis la maternelle et sont originaires du même rang à Saint-Maurice, ont travaillé pendant près d’un an et demi pour financer leur participation. Événements communautaires, bingo, souper spaghetti, tournoi de volleyball: leur village natal leur a offert un soutien massif.

(Photo courtoisie)

“Il y a beaucoup de gens qu’on ne connaît pas directement, mais qui nous connaissent de nom. Ils sont vraiment fiers qu’on représente le village et qu’on aille au Maroc pour faire un défi de cet ampleur-là”, affirme Roseline Cossette.

Sur le plan physique, les Mauriçoises s’appuyaient déjà sur un bon bagage sportif, notamment en course et en randonnée. Toutefois, l’orientation constituait pour elles une zone d’inconfort.

“Aucune de nous trois n’avait fait un défi qui demandait de maîtriser la boussole et la lecture de cartes. Ça a été un bel apprentissage qui a repoussé nos limites”, explique Justine Bordeleau.

La chaleur: le véritable adversaire

Si l’orientation s’est avérée plus accessible que prévu, la chaleur du désert a été le principal obstacle. “Il n’y a pas d’ombre dans le désert. Ta seule façon d’arriver à de l’ombre, c’est de continuer à avancer”, souligne Mme Bordeleau.

Alice Brouillette renchérit: “On se rend compte qu’on est beaucoup plus fort que ce qu’on peut penser. Même si on sait qu’il fait chaud, on prend les moyens pour.”

Les points de contrôle devenaient de véritables oasis temporelles: moments pour refaire les niveaux d’énergie, appliquer de la crème solaire et mouiller les vêtements avant de repartir.

Un podium inattendu

Les Mauriçoises n’avaient aucune ambition de classement. La surprise a été totale à la fin de la première journée, lorsqu’elles ont découvert qu’elles étaient premières de leur boucle.

“On n’allait pas du tout là pour performer. On lisait les règlements dans notre lit la veille avec notre lampe frontale”, raconte Roseline Cossette en riant.

L’annonce du classement a toutefois réveillé une fibre compétitive, sans jamais compromettre leur plaisir. “On voulait que ça reste dans le plaisir, mais on avait quand même une possibilité de bien performer. On a continué, mais toujours ensemble”, précise Justine.

Pour les trois femmes, l’esprit d’équipe a été leur plus grande force. “On n’a jamais ressenti de désaccord qui nous empêchait d’avancer. Notre cohésion était naturelle”, souligne Alice Brouillette.

Parmi les grands moments de la 7e édition du Rose Trip Maroc, trois équipes québécoises ont reçu les honneurs en montant sur le podium des catégories OPEN et OPEN+. (Photo Rose Trip)

Des moments forts et une aventure profondément humaine

Au-delà de la performance, le Rose Trip Maroc a laissé une empreinte émotionnelle durable. Le défi des dunes, ce moment où toutes les participantes montent ensemble la plus haute dune de Merzouga, a particulièrement marqué les Mauriçoises.

“J’ai versé quelques larmes. Tout le monde criait son nom jusqu’à ce qu’elles atteignent le sommet. C’était symbolique, plus que de juste monter une dune”, confie Mme Brouillette.

La solidarité entre femmes, quelles que soient leurs histoires, leurs épreuves ou leur âge, a également été un élément marquant. “Peu importe ce que tu as vécu, tu pouvais accomplir la même chose que quelqu’un qui ne l’avait pas vécu. C’était beau de voir toutes ces femmes ensemble”, résume Mme Cossette.

Une expérience qui donne envie de repartir

Déjà, les trois amies parlent de participer à d’autres éditions du Rose Trip, notamment au Sénégal ou au Cap-Vert. “On s’est dit en partant: 40 ans au Sénégal et 50 ans à Cap-Vert “, lance Alice Brouillette.

Pour elles, l’aventure restera surtout un symbole de dépassement et de lien féminin.

“Au-delà d’avoir fait le podium, c’est de l’avoir fait ensemble. C’est ça qui est le plus précieux”, conclut Justine.