Ligne électrique près du lac Chrétien: les riverains déterminés à faire changer le tracé
ÉNERGIE. À la suite de la rencontre d’information du 8 mai dernier de plus de quatre heures au sujet du projet d’une nouvelle ligne électrique de 735 kW à proximité du lac Chrétien, Hydro-Québec dit être prêt à examiner un tracé alternatif plus au sud en tenant compte “des critères environnementaux, techniques et économiques.”
“Nous leur avons bien fait comprendre que nous ne sommes pas contre leur projet, mais contre le tracé. Il faut qu’ils réfléchissent à une autre alternative qui concerne trois pylônes qui devraient être installés plus au sud. Ça empièterait sur des terres agricoles et un peu sur le terrain de golf, dont une résidence”, souligne Stéphanie Finjean, une riveraine du lac Chrétien et porte-parole du groupe d’opposants.
Conseiller en relation média pour Hydro-Québec, Pascal Poinlane écrit dans un échange courriel avec L’Hebdo qu’un tracé plus au sud impliquerait cependant de déplacer la ligne de transport de 735 kW actuelle. “Nous savons que le déplacement entraînerait certains impacts auprès d’autres propriétaires privés ainsi que des impacts en territoire agricole protégé, notamment en milieu acéricole.”
Dans la proposition actuelle de la société d’État, la nouvelle ligne électrique impliquerait la construction de trois nouveaux pylônes dans le secteur du lac Chrétien. “Le pylône le plus rapproché du lac serait à une distance d’environ 200 mètres du plan d’eau. Des terrains privés et bâtis ainsi qu’un chemin séparent la ligne proposée du lac. Les pylônes de la nouvelle ligne seraient alignés à ceux de la ligne existante, ce qui atténuera l’impact visuel”, écrit Pascal Poinlane.
Hydro-Québec dit que pour compenser le déboisement qui devra être réalisé pour construire la nouvelle ligne. “il serait possible d’explorer des manières d’aménager l’emprise en conservant ou en replantant de la végétation qui serait compatible avec la présence d’infrastructures électriques.” Il s’agit d’une bien maigre consolation, estime Stéphanie Finjean qui fait remarquer “qu’une hydrangée à côté d’un pylône électrique, ça ne camoufle pas grand-chose.”
Bruit et écosystème
Lors de cette soirée d’information, de nombreux opposants ont soulevé la question du bruit émanant des lignes électriques de haute tension. À ce propos, Hydro-Québec affirme que par temps sec, soit environ 80% du temps, le bruit d’une ligne de 735 kW est peu audible ou inaudible. “Lors des relevés sur la ligne actuelle, des niveaux sonores d’environ 36 dBA ont été mesurés près du chemin même durant les précipitations. Cela équivaut au bruit d’une cour intérieure en campagne”, mentionne Pascal Poinlane.
“Ils ont placé leur micro à un endroit inapproprié, plus loin que ma terrasse qui sera située à environ 30 mètres de la nouvelle ligne électrique. Nous trouvons que leur étude n’est pas fiable et nous avons en tête d’essayer de demander une étude indépendante par rapport aux nuisances sonores. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais nous, on le vit sur le terrain”, poursuit la Shawiniganaise qui habite le lac Chrétien depuis 2017.
Des préoccupations ont également été soulevées concernant l’écosystème du lac Chrétien, plus particulièrement les milieux humides qui pourraient être touchés par la construction de la nouvelle ligne électrique selon les opposants. À ce sujet, Pascal Poinlane rappelle qu’Hydro-Québec devra produire une étude d’impact environnemental au ministère de l’Environnement et que le projet sera également soumis aux audiences publiques du BAPE.
Puisque le projet de la nouvelle ligne sera en bordure de la ligne existante, “ça n’implique pas de déboisement de la couronne forestière autour du lac. Le déboisement requis pour la nouvelle ligne sera séparé du lac par le chemin du Domaine Ste-Flore ainsi que par des terrains privés.”, écrit le porte-parole d’Hydro-Québec.
Stéphanie Finjean souligne qu’au terme de la soirée d’information de plus de quatre heures, la détermination des opposants était tout aussi ferme. “On leur a bien fait comprendre d’étudier notre proposition et de nous revenir avec des choses à ce sujet. Si on se met à aller l’un après l’autre en recours contre eux, leur projet peut être retardé de 4 à 5 ans facilement. Pour Hydro-Québec, l’argument premier, c’est le coût. Ils vont à la simplicité. Nous savons que s’ils doivent passer sur des terres agricoles, ils devront dédommager les propriétaires tandis que ce n’est pas le cas quand c’est du résidentiel comme nous”, termine-t-elle.
