Mélodie Massicotte : accro au tricot

ENTREPRENEURIAT. Abandonner son emploi de technicienne dans une pharmacie pour se lancer en affaire à vendre des balles de laine et des bobines de fil nécessite une certaine dose de courage, mais surtout, la foi en ses rêves.

Propriétaire de Mille et Une Laines, sur l’avenue de Grand-Mère, Mélodie Massicotte est de son propre aveu accro au tricot. “Je tricote en regardant la télé, en marchant et même en faisant mon épicerie. Où que j’aille, je traine toujours avec moi mes aiguilles et une balle de laine. Il y a juste quand je dors que je prends une pause”, sourit la jeune femme de 27 ans.

Plus jeune, Mélodie est initiée au tricot par sa mère, mais peu patiente à l’époque, elle se lasse vite de ce truc de grand-mère. “Ça n’a pas cliqué pantoute”, se rappelle-t-elle. Puis il y a quatre ans, l’idée lui prend d’aller acheter une balle de laine cheap chez Wal-Mart et les mailles n’ont jamais depuis cessé de se laisser aller.

C’est sur cet élan qu’en septembre dernier, elle se lance en affaires en achetant tout l’inventaire de laine du magasin Tissus Berthiaume. Cette institution commerciale de Grand-Mère est toujours en activité, mais le grand magasin est séparé en deux afin que Mille et Une Laines puisse avoir son propre espace.

“Il y a beaucoup de sortes de laine, mais j’ai fait des ajouts. J’ai rentré pas mal de laine teinte à la main au Québec. Je suis maintenant le seul point de vente de fil à tisser dans la région. Avant, les tisserandes devaient se rendre à Plessisville pour en trouver.” En fait, en plus du fil à tisser, on retrouve du fil à broder, du fil à macramé, de la fibre à filer et à feutrer et tous les outils nécessaires pour les travailler.

(Photo L’Hebdo – Bernard Lepage)

En plus d’offrir des conseils de toutes sortes à sa clientèle, la jeune entrepreneure a mis en place des cours touchant une multitude de facettes de l’art textile comme le rouet par exemple.

Une activité pour méditer

“Tricoter, c’est vraiment une activité relaxante, presque méditative. Tu ne penses pas à autre chose quand tu tricotes. Et quand tu le fais en regardant la télé, ça permet d’avoir l’impression d’être productif quand tu es une personne qui n’est pas capable de ne rien faire”, souligne Mélodie Massicotte.

Paradoxalement, les réseaux sociaux sont à l’origine d’un engouement pour le tricot chez les jeunes. Sur Tik Tok, les grandes pantoufles en laine feutrée qui rapetissent de moitié une fois un traitement à l’eau chaude dans la laveuse avec une paire de jeans ont provoqué des pénuries de laine feutrée chez des grands fabricants. Même si elle avait déjà les bases que sa mère lui avait apprises, la tricoteuse avoue avoir elle-même peaufiné sa technique en regardant des vidéos sur YouTube.

“Le tricot revient en force chez les jeunes depuis la pandémie, reconnait Mélodie Massicotte. C’est une activité relaxante que les jeunes pratiquent de plus en plus à l’école, par exemple à la fin des examens à la place de déranger d’autres élèves.”

Six mois après avoir démarré en affaires, Mélodie Massicotte n’entretient plus de doute à savoir si elle a fait le bon choix. À voir la clientèle affluer dans la boutique le jour de notre visite, il n’en a pas à douter.

“Mon stress en ce moment, c’est la laine. C’est difficile de s’en trouver chez les grandes compagnies comme Drops ou Nordic Yarn. La laine feutrée, ça fait trois mois que c’est en rupture de stock. On dirait qu’elles n’avaient pas pensé que le monde allait tricoter cet hiver”, termine en souriant la propriétaire de Mille et Une Laines.