Movex met les pieds dans l’industrie de la défense

AFFAIRES.  Movex Innovation participe cette semaine à Ottawa à l’événement CANSEC, le trade show le plus important au Canada où sont exposés les nouvelles technologies, produits et services de pointe reliés au secteur de la défense au pays, un marché dans lequel la PME shawiniganaise entend être très active au cours des prochaines années.

L’entreprise fondée par Fabien Lavoie y présente en primeur un véhicule électrique tout-terrain sur lequel son équipe de recherche et développement travaille depuis des mois. “Ça fait 20 ans qu’on fabrique des petits véhicules électriques pour les environnements difficiles d’accès comme les mines. On a donc déjà une expertise qu’on peut appliquer au secteur de la défense”, mentionne William Lavoie, directeur au développement des affaires chez Movex et fils du fondateur.

De couleur kaki au lieu du jaune typique de l’entreprise, la plateforme électrique fait 47 pouces de largeur sur 70 pouces de longueur et 24 pouces de hauteur. “Elle peut faire du transport de marchandises, du réapprovisionnement, de l’évacuation médicale, de la surveillance et de la reconnaissance de terrain ainsi que des opérations logistiques sur un campement militaire”, explique l’ingénieur.

Le drone terrestre est doté de différents modes de contrôle, soit télécommandé, téléopéré à distance ou en système de navigation autonome. “C’est une plateforme très versatile qu’on peut adapter selon la mission qui lui sera donnée. On peut par exemple installer une civière spécialisée si on doit faire une évacuation médicale en zone de guerre.”

Dans une phase 2, Movex intégrera dans ses véhicules l’intelligence artificielle (IA) afin qu’ils puissent prendre eux-mêmes leurs décisions. “Pour le moment, on parle plus de navigation autonome qui lui permet de reproduire l’environnement dans lequel il évolue afin de pouvoir se guider lui-même”, spécifie William Lavoie.

Le véhicule autonome a été conçu pour résister à toutes sortes d’intempéries comme l’eau, la poussière, les gros chocs et dans des températures extrêmes, autant des froids arctiques que des chaleurs intenses. “Parce qu’il est électrique, il dégage aussi une faible empreinte thermique et fait peu de bruit. C’est important en zone de combat afin que l’ennemi ne le détecte pas.”

Un marché d’avenir

Bien avant que le Canada n’annonce dans les derniers mois qu’il allait investir près de 500 milliards$ d’ici les 10 prochaines années dans le secteur de la défense, Movex avait commencé à s’y intéresser afin de diversifier son carnet de commandes actuellement beaucoup concentré dans l’industrie minière. 

“On participe beaucoup à de grands salons et à des forums de discussion. On fait aussi de la veille technologique, mais là, quand on va vu la volonté du gouvernement fédéral d’investir dans des produits développés et fabriqués au Canada, on s’est mis plus rapidement en mode de développement de produits. C’est cela qui a changé dans les derniers mois. Auparavant, le gouvernement fédéral n’aurait eu aucun  problème à acheter ces véhicules à l’étranger tandis que présentement, il veut donner une opportunité aux PME et entreprises canadiennes de démontrer leurs solutions et savoir-faire “, relève William Lavoie.

Ultimement, Movex souhaite aussi intéresser les autres pays de l’OTAN à ses produits militaires. L’entreprise shawiniganaise participera à cet effet à Eurosatory du 15 au 19 juin à Paris, le plus show du genre en Europe, à l’événement MSPO en Pologne, du 8 au 11 septembre, alors que le Canada sera le pays à l’honneur cette année, et au show AUSA à Washington du 12 au 14 octobre.

“Dans ces trois événements, nous n’amènerons pas notre plateforme électrique. Nous y allons plus en mode de mission économique afin de créer des relations, évaluer les opportunités à développer des projets conjoints avec différents départements des forces armées”, spécifie William Lavoie.

Le marché de la défense militaire est appelé à prendre de l’ampleur au cours des prochaines années chez Movex explique le directeur du développement des affaires, mais le secteur minier ne sera pas négligé pour autant. “Il y a des innovations qu’on va développer pour le secteur de la défense qui va nous servir pour nos appareils pour les mines. Avec les nouvelles politiques tarifaires aux États-Unis, on change un peu notre stratégie du côté minier en nous concentrant sur les marchés du Canada, du Chili et de l’Australie où il y a un énorme potentiel”, conclut William Lavoie.