Nouveau directeur général, nouvelle vision pour la VTÉ

ÉCONOMIE. Arrivé en poste à la mi-août en remplacement d’Alain Lemieux, Pier-Luc Laurin se donne le mandat de transformer la façon de penser de la Vallée de la Transition Énergétique (VTÉ) en l’amenant à faire évoluer davantage les projets en place plutôt que d’évoquer les grands concepts et les centres d’innovation.

Plus pratique, moins théorique semble être le crédo de cet ancien directeur général de l’Institut du véhicule innovant (IVI) à Saint-Jérôme qui avait hérité là-bas d’un mandat de restructurer l’organisation en la réorientant vers les véhicules intelligents et électriques, les batteries, le stockage d’énergie, etc.

« J’ai occupé mes premières semaines à rencontrer nos partenaires comme les villes, l’université, les cégeps, les entreprises puis j’ai aussi pris du temps pour restructurer un peu à l’interne pour faire en sorte que la VTÉ réponde un peu plus aux besoins des membres plutôt que le contraire, soit que les membres répondent aux besoins de la VTÉ », explique celui qui a également œuvré chez Investissement Québec, Hydro-Québec et Lion Électrique.

Pier-Luc Laurin a également renouvelé l’entente qui lie la VTÉ au ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), ce qui assure le financement de l’organisation pour les trois prochaines années, à raison de 1 million$ par année. « Ça, c’est pour notre fonctionnement, mais tout le reste dont on aura besoin, c’est la Vallée qui devra aller le chercher », souligne le directeur général qui se donne l’objectif d’autofinancement de 200 000$ pour débuter.

« C’est clair que si on veut que la VTÉ continue d’être pérenne, il va falloir un plan d’affaires qui va être axé sur les services en autogénérant des revenus », affirme-t-il. Dans le contexte économique actuel, il est illusoire, poursuit Pier-Luc Laurin de continuer à parler de centres d’innovation à Shawinigan, Trois-Rivières et Bécancour construit à coût de centaines de millions de dollars.

« On se doit d’être plus innovant et dynamique et venir supporter les projets en place pour aller un peu plus et les bonifier », explique celui qui cite en exemple la création de l’Espace MCS+ au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan annoncé en août, fruit d’un partenariat entre le CNETE et l’Université Concordia.

Confiant face à l’avenir

Malgré la suspension de projets majeurs dans le parc industriel de Bécancour et la perte de centaines de millions de dollars du gouvernement du Québec dans la filière batterie, Pier-Luc Laurin demeure optimiste face à l’avenir. « Je suis à 100% convaincu que la filière batterie va repartir au Québec et dans le monde. C’est ça l’avenir, on va manquer d’énergie, on va avoir besoin de stockage, de matériaux critiques. Bécancour et le Québec au complet sont encore bien positionnés. »

Le nouveau directeur général de la VTÉ n’est d’ailleurs pas inquiet quand il entend les déclarations des partis politiques durant la campagne électorale au sujet des déboires de la filière batterie.

« Le Québec est une puissance énergétique, ce n’est pas un sujet qui va être évacué par ceux qui ont la chance de prendre le pouvoir. Que ce soit le gouvernement libéral de Charest ou Couillard, celui du Parti Québécois de Pauline Marois ou la CAQ de François Legault, ils ont tous eu la même ligne par rapport à l’électrification des transports et la thématique générale de l’énergie. Le nouveau gouvernement va peut-être vouloir changer le nom de quelques affaires pour le mettre à son image, mais pas les structures », affirme-t-il avec confiance.

Enfin, Pier-Luc Laurin veut également décloisonner la VTÉ en cessant de parler de pôles d’innovation exclusifs à chacune des trois villes partenaires. « On a souvent parlé de la VTÉ comme de trois pôles pour Shawinigan, Trois-Rivières et Bécancour avec chacune leur thématique. Moi, ma vision, c’est une zone d’innovation globale où les projets circulent. S’il y a un bon projet d’efficacité énergétique à Shawinigan et un autre à Trois-Rivières, chacun a sa responsabilité de le faire avancer. On n’est pas là pour jouer au cow-boy ou à la forteresse protégée. Au contraire, la Vallée est là pour animer et fédérer et faire assoir tout le monde ensemble », conclut-il.