Parcours hommes: là pour aider

MAURICIE.  La Table de concertation régionale en santé et bien-être des hommes de la Mauricie et du Centre-du-Québec a profité de la Journée québécoise en santé et bien-être des hommes, en novembre, pour lancer le tout nouveau site web Parcours hommes.

Conçu pour soutenir les hommes qui vivent de la détresse, des conflits, de la violence ou des problèmes de dépendance, le site contient des liens vers des ressources communautaires qui s’adressent plus spécifiquement aux hommes. Il se veut un espace bienveillant et adapté aux différentes réalités masculines.

“Ce qu’on a vu avec les participants, dans les échanges avec les organismes, peu importe le besoin des hommes, peu importe la circonstance, c’est toujours plus difficile d’aller chercher de l’aide, indique Guillaume Bilodeau, animateur au secteur alphabétisation et services chez COMSEP et membre de la TCRSBEH-MCQ. Que ce soit physique ou mental, ça reste un enjeu. Toutes les études montrent que les hommes vont chercher de l’aide beaucoup moins que les femmes. Ils y vont en dernier recours, quand ils sont vraiment sur le bord du précipice. On voulait donc faciliter le tout avec le site.”

Encore en 2025, même si les choses changent progressivement, les hommes tardent à parler de leurs problèmes, que ce soit à leur proches ou à une ressource extérieure.

“Un des meilleurs exemples, on l’a vu dans une enquête il y a quelques années, souligne Francis Coutu, coordonnateur de la Table de concertation et agent de planification, de programmation et de recherche au CIUSSS-MCQ. On demandait c’était quoi la cause de détresse la plus élevée pour qu’un homme demande de l’aide. Ce n’était pas le suicide. Le suicide arrivait en deuxième place. L’homme était davantage porté à consulter si son enfant avait un problème que si lui-même ressentait des idées suicidaires. Ça montre à quel point les hommes mettent en second plan certaines problématiques qu’ils peuvent eux-mêmes vivre.”

Ce qui semble le plus important pour un homme qui en vient à demander de l’aide, c’est la qualité de l’écoute qu’il reçoit de la part des intervenants et intervenantes qui le prennent en charge ou le dirigent vers la bonne ressource.

“Cette année, la thématique de la journée du 19 novembre était: On t’écoute pour vrai. Ça fait référence à l’aspect d’écoute qui est dans une étude toute récente qui dit que le besoin primaire chez les hommes lorsqu’ils font une demande d’aide, c’est d’être écouté. C’est aussi la qualité qu’ils reconnaissent le plus chez les intervenants masculins ou féminins rencontrés, leur qualité d’écoute envers ce qu’ils ont envie de partager.”

En lançant le site Parcours hommes, l’objectif est d’informer les hommes que des organismes existent pour eux. On veut rendre la demande d’aide la plus normale possible. Il faut maintenant faire connaître l’existence du site.

“Tous les organismes membres de la Table, on est allés distribuer des petits cartons avec le code QR qui mène directement vers Parcours hommes dans différents lieux que les hommes peuvent fréquenter: des restos-bars, des gyms, des concessionnaires, des garages, différents types de milieux où les hommes pourraient tomber sur le site web puis vers nos ressources.”

Le site n’est pas qu’un répertoire de ressources. Il répond à des questions que les hommes pourraient se poser quant à la façon d’amorcer une démarche, son déroulement et la confidentialité qui y est liée. On y retrouve également des témoignages d’hommes qui racontent comment ils réalisent qu’ils n’auraient pas dû attendre si longtemps avant de demander de l’aide.

“On a essayé de répondre aux questions qu’ils peuvent se poser, surtout s’ils ne sont pas habitués à des démarches de demande d’aide.”

On rappelle que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse mais un geste de courage. En se préoccupant de la santé et du bien-être des hommes, on aide aussi des enfants, des familles et toute la société.

“C’est certain que quand on aide une personne, on aide tout son entourage, convient M. Bilodeau. Ça a un impact énorme sur la société. L’année dernière, la publicité qu’on avait utilisée, c’était quelqu’un qui était dans un garage et disait: Les hommes, vous savez quand votre auto a besoin d’être réparée, mais est-ce que vous savez quand vous, vous avez besoin d’aide? On essaie d’utiliser des exemples qui peuvent venir les chercher. On travaille très fort pour faire connaître les organismes qui travaillent d’arrache-pied jour après jour pour améliorer la qualité de vie des hommes.”

Pour l’instant, une douzaine d’organismes figurent sur le site Parcours hommes, mais d’autres s’ajouteront assurément avec le temps.

“On y est allé avec les membres actuellement impliqués au sein de la Table de concertation, explique M. Coutu. On va aussi référer vers les autres types de services, par exemple en prévention du suicide ou en itinérance, où des lieux de concertation existent déjà. On voulait réfléchir ensemble, tous les organismes membres, à savoir qui pourrait joindre la Table, mais à court terme, on voulait mettre en valeur les membres qui sont impliqués depuis la création de la Table de concertation en 2022.”