Plein l’Assiette veut en mettre plein la vue!

Tout le monde doit manger. Caroline Dubuc et Mylène Duhaime sont parties de ce constat pour bâtir un projet d’affaires innovant, articulé autour de l’alimentation personnalisée. À travers Plein l’Assiette, elles souhaitent ni plus ni moins réinventer le quotidien culinaire des jeunes adultes et familles à l’aide d’outils modernes, interactifs, pratiques et inspirants.

Chacun aborde la cuisine à sa manière, observent les deux entrepreneures. Certains aiment planifier leurs repas à l’avance, d’autres préfèrent improviser avec ce qu’ils ont sous la main. Certains misent sur la simplicité et la rapidité, tandis que d’autres cuisinent avant tout pour le plaisir de partager.

Elles ont pris le temps d’analyser en profondeur ces différentes approches afin de développer une variété de solutions adaptées à chacune. Leur objectif? Enrichir l’expérience de Monsieur et Madame Tout-le-Monde en cuisine et encourager une alimentation plus simple, plus consciente et mieux alignée sur les réalités de tout un chacun.

Elles ont regroupé ces solutions sous quatre grands profils culinaires reflétant les tendances qu’elles ont observées : le Créatif, l’Organisé, l’Efficace et le Convivial.

On peut découvrir le sien en répondant à un mini-quiz de dix questions, disponible sur le site web pleinlassiette.com. Une fois son profil (ou “empreinte alimentaire personnelle”) trouvé, on accède à un accompagnement personnalisé : des recettes ciblées, des outils pratiques et des conseils adaptés. Plus encore : en s’inscrivant à l’infolettre correspondant à son profil, on reçoit aussi un guide complet qui rassemble des ressources concrètes pour mieux s’organiser en cuisine, gagner du temps et cuisiner en accord avec ses préférences.

Une application en conception

Pour le moment, tout se passe sur le site web de Plein l’Assiette, avec une présence sur Facebook, Instagram et Pinterest. Toutefois, une application mobile est en cours de développement. Elle devrait être lancée à l’été ou à l’automne prochain. On peut s’attendre à un outil à la fois éducatif, convivial, interactif et ludique, utile autant pour les jeunes ados que les universitaires ou autres adultes en quête de découvertes pratiques.

“On souhaite y intégrer de la gamification  (éléments de jeux) pour susciter de l’engagement”, confient les deux entrepreneures, qui travaillent actuellement avec des experts en la matière pour préciser la chose. Elles veulent en outre rendre leur application le plus personnalisable possible afin qu’elle devienne, pour ses utilisateurs, un outil de référence concret et facile à consulter. 

Départ canon

Caroline Dubuc et Mylène Duhaime ont démarré officiellement leur entreprise le 9 janvier dernier et mis en ligne leur site web à la mi-mars. Elles admettent avec enthousiasme et un brin de fierté que leur projet chemine beaucoup plus rapidement que prévu.

Cela est en bonne partie attribuable à leur réseau de contacts qui grandit à la vitesse grand V. “Plus on en parle, plus on constate que les gens sont emballés et veulent nous aider.”

Par exemple, leur participation au Défi OSEntreprendre Centre-du-Québec leur a permis de rencontrer d’autres entrepreneurs inspirants avec lesquels elles ont tissé des liens, notamment lors du gala régional, le 30 avril. Elles s’attendent à en tisser d’autres au gala national, en juin, y étant finalistes.

“C’est un projet en constante évolution. On est vraiment en train de construire quelque chose d’unique, qui va être réellement aidant. Les 15-35 ans comprennent amplement notre projet et nous confirment qu’ils veulent nos outils. C’est aussi ce qui ressort d’une étude de marché réalisée par des étudiants de l’UQTR pour notre application.”

En fait, le projet évolue si bien que les deux entrepreneures ont décidé d’embaucher une stagiaire en provenance de l’Université Laval pour leur donner un coup de main ce printemps. “Ce sera gagnant-gagnant : on va apprendre des choses d’un côté comme de l’autre”, évaluent-elles.

Caroline Dubuc et Mylène Duhaime entendent également multiplier les démarches afin d’obtenir un maximum de subventions pouvant les aider à propulser leur projet vers les plus hauts sommets.

Un potentiel mondial

“Je pense qu’on est en train de construire quelque chose qui pourrait devenir une référence à travers la francophonie. Ça en a le potentiel et en plus, on a déjà un réseau en France et en Belgique. Alors pourquoi rester au Québec? Et si ça fonctionne bien, il y aurait moyen, à plus long terme, de faire traduire la plateforme”, rêve à voix haute Caroline Dubuc.

Nourrir une passion

Évidemment, personne ne peut prédire l’avenir. Mais chose certaine, les deux partenaires d’affaires mettent du cœur à l’ouvrage tout en se complétant à merveille.

Elles sont de grandes amies depuis quelques années déjà et elles connaissent les forces de chacune. Mylène détient une connaissance approfondie en cuisine et en matière d’alimentation alors que Caroline a une aisance naturelle en marketing et en communication, en plus d’avoir une grande curiosité pour tout ce qui touche les nouvelles technologies.

“Ce n’est pas un projet qu’on aurait démarré avec n’importe qui “, conviennent-elles.

L’appel de l’entrepreneuriat s’est fait entendre au même moment, c’est-à-dire après avoir acquis un bagage commun en vente et en représentation, pour le compte d’une entreprise d’épices qui a fermé ses portes il y a quelques mois. “On a beaucoup appris de cette expérience. Ça fait de nous des entrepreneures beaucoup plus averties”, croient-elles.

Un pas à la fois

Même si leur projet a le vent dans les voiles, elles ne se laissent pas presser par la cadence. Elles occupent toutes deux un emploi à temps plein chez des employeurs de choix, ce qui leur laisse toute la latitude nécessaire pour franchir chaque étape de la meilleure façon qui soit. Caroline travaille chez Nitek Laser à Nicolet et Mylène est enseignante à l’école secondaire des Pionniers, à Trois-Rivières. “On a de très bons employeurs. On ne s’est pas lancées en entrepreneuriat parce qu’on n’aime pas nos emplois ou notre situation. Ce qui nous anime, c’est de faire une différence chez les gens à qui on va offrir nos outils.”

Ayant chacune un conjoint agriculteur et des enfants devenus grands, elles visent plutôt en faire un projet de longue haleine, histoire de mettre la table pour la retraite. “On a 42 ans, on a du temps pour nous, on est en forme et en santé, et on a encore de l’énergie. Alors, aussi bien mettre tout ça à profit dans un projet qui nous allume et nous nourrit…”