Quand cuisiner devient une source d’apprentissage
ÉDUCATION. Destinée au départ à développer l’autonomie alimentaire des personnes vulnérables, la nouvelle cuisine du Centre d’action bénévole (CAB) de Grand-Mère trouve aussi une résonance auprès d’une vingtaine d’élèves des classes d’adaptation scolaire de l’école primaire Laflèche.
Le 12 décembre dernier, six d’entre eux étaient de passage pour y cuisiner des biscuits de Noël, épaulés par trois bénévoles, leur enseignante et une TES (technicienne en éducation spécialisée). À raison d’une fois par semaine depuis septembre dernier, le CAB accueille ces jeunes de 8 à 11 ans présentant pour certains des défis au niveau du langage et pour d’autres, un trouble du spectre de l’autisme (TSA).
“Les résultats sont spectaculaires”, mentionne avec enthousiasme Mario Boulanger, directeur de l’école Laflèche, qui était présent lors de cet atelier d’une durée d’une heure. “Ça a l’air banal à la base, mais en cuisinant, ils apprennent à faire plein de matières scolaires et à travailler ensemble. Ils pensent à lire les recettes, à calculer les mesures. Par ces ateliers, ils vivent des réussites et à gagner de l’estime de soi.”
C’est le CAB de Grand-Mère qui a approché l’établissement scolaire pour développer un projet avec des élèves. “Avec l’équipe d’enseignantes et de TES, on a tout de suite pensé que c’était fait sur mesure pour nos classes d’adaptation scolaire. On se questionnait au départ sur les enjeux de communication, la rigidité par exemple d’un élève avec un TSA, comment la relation allait s’installer avec les bénévoles? Mais finalement, tout se passe à merveille”, poursuit Mario Boulanger.

Les quatre bénévoles du CAB de Grand-Mère impliquées dans les ateliers de cuisine avec les élèves : Noëlla Gagnon, Diane Adam, Carole Bédard et Danielle Proteau. (Photo Bernard Lepage)
Directrice générale du CAB, Sylvie Gervais est tout aussi emballée par la dynamique qui se créée entre ses cuisinières et les jeunes élèves. “Tout ce qu’on demandait, c’est qu’il y ait quelqu’un présent pour les encadrer. S’il y a un jeune qui vit un stress, c’est eux qui gèrent ça car nous ne sommes pas habilités à le faire. Mais on voit une énorme différence depuis le début, il y a des élèves qui parlent mieux qu’avant. Ils repartent avec leur nourriture et les parents sont fiers d’eux.”
Ce sont quatre groupes qui reviennent hebdomadairement et à tour de rôle dans la cuisine du CAB fraîchement rénovée il y a quelques mois à la suite d’une aide financière de 100 000$ octroyée par la ville de Shawinigan. “On regroupe les élèves en fonction de leur niveau d’apprentissage. On peut donc avoir un jeune de 8 ans avec un autre de 11 ans. Ça fait juste quelques mois que ça a commencé, mais on voit déjà les bénéfices. La dynamique de groupe a changé, le nombre de conflits diminue. Juste la capacité d’avoir confiance de réaliser une tâche, ça vient les renforcer quand ils sont confrontés à une tâche à leur retour à l’école”, conclut Mario Boulanger très heureux de savoir que le projet se poursuivra en janvier prochain.
