Un premier contrat militaire pour Delastek
SHAWINIGAN. L’entreprise saguenéenne Beonyx a choisi les locaux grand-mérois de Delastek pour mettre sur pied des véhicules téléguidés destinés, entre autres, au transport des blessés militaires. Une dizaine de drones ont été livrés et seront testés sur le terrain en vue d’adaptations futures et d’une production à plus grande échelle.
Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
« On va avoir une dizaine de véhicules, pour commencer, qui vont servir aux unités médicales de l’armée canadienne », lance le député de Saint-Maurice-Champlain et ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne.
Constitués d’une plateforme modulable qui peut être construite en fonction des besoins de l’acquéreur, les véhicules peuvent être produits pour accueillir un pilote ou pour être manœuvrés à distance.
Il s’agit d’une acquisition estimée à près d’un million de dollars, selon François-Philippe Champagne, qui s’inscrit dans la foulée d’investissements dans le milieu de la défense.
« Shawinigan, ça a été le berceau de l’industrialisation au Canada. Là, on s’adapte à la prochaine réalité, c’est-à-dire que la défense va jouer un rôle clé dans la politique industrielle », ajoute le ministre.

Louis Déry, co-PDG et chef de l’exploitation de Beonyx, en compagnie du député de Saint-Maurice-Champlain et ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne. (Photo : Émile Héroux)
« À la base, c’est un véhicule qui a été développé pour le sport plein air. Donc, on peut transporter des gens ou de très lourdes charges dans des endroits très difficiles d’accès », détaille Louis Déry, co-PDG et chef de l’exploitation chez Beonyx.
Ce n’est que plus tard que l’entreprise a aperçu le potentiel militaire de leur drone. Matériel, médicaments, logistique, système de communication : le véhicule conçu par l’entreprise ne se limiterait pas au transport des blessés pour ses futures versions, selon le co-PDG.
Pour le moment, certains véhicules de l’entreprise saguenéenne sont utilisés dans des contextes militaires, comme à la base des Forces armées canadiennes de Valcartier. On en retrouve également à Stoneham, pour conduire plusieurs fois par jour une dizaine d’adeptes du vélo de montagne aux pistes.
« Que ce soit en Ukraine, que ce soit en Europe, que ce soit aux États-Unis, la demande pour ce véhicule-là, elle est dans le domaine militaire et civil. Il y a de très beaux parcs aux États-Unis où on va pouvoir amener huit personnes au sommet des plus belles montagnes. Il y a des gens à mobilité réduite qui vont vivre l’aventure de pouvoir y aller et voir des choses qu’ils n’auront jamais vues de leur vie », explique Louis Déry.
« C’est-à-dire que le domaine civil est aussi important que le domaine militaire. Mais, sachant ce qu’on sait, le militaire tire beaucoup [de ressources] présentement », conclut-il.
Pour l’instant, une dizaine de ces véhicules ont été produits, mais le co-PDG assure qu’il y en aura d’autres après des tests sur le terrain.
