Un premier pas vers la revitalisation du parc de la Rivière-Grand-Mère

ENVIRONNEMENT. Après des années de requêtes et d’incessantes batailles, les travaux de dragage du bassin du parc de la Rivière-Grand-Mère se sont amorcés le 21 novembre dernier sous les yeux satisfaits de Réal Daneault, celui qui a persévéré durant toute cette période.

Jusqu’à la mi-décembre, l’entreprise Excent Environnement procédera à l’excavation des sédiments qui ont complètement envahi le cours d’eau qui forme un bassin surmonté d’une île à cet endroit du parc. Un chantier d’un peu plus de 270 000$.

Même si la Ville de Shawinigan a obtenu l’autorisation du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) dès septembre, les travaux n’ont été entrepris que tard cet automne.

«C’est ce qu’il fallait, explique Réal Daneault. Au printemps 2005, des travaux similaires avaient été réalisés mais c’était tellement vaseux que toute la matière retombait dans le bassin. Là, c’est presque gelé et ça va pouvoir être sorti d’un bloc.»

Entourant la conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, on retrouve en partant de la gauche: Louis Tremblay, président de la Corporation du Parc de la Rivière-Grand-Mère; Réal Daneault et Jean-Pierre Jolivet. L’ex-député était responsable du comité qui a fait pression sur la Ville de Shawinigan afin qu’elle entreprenne les travaux de dragage.

Les travaux, qui touchent un milieu hydrique de 4 500 m2, ont pour objectif de retirer les sédiments du bassin afin de réhabiliter les habitats fauniques. Un plan d’action sera également élaboré par le Service de l’aménagement du territoire de la Ville afin de limiter l’accumulation de sédiments dans le bassin du parc de la Rivière-Grand-Mère par la suite.

Selon Réal Daneault, pour éviter de recommencer la même opération dans quelques années, il faudra automatiser la gestion du barrage qui contrôle l’eau à la sortie du bassin. «Actuellement, ça fonctionne manuellement. Ça n’a pas de bon sens.»

L’ex-député Jean-Pierre Jolivet, qui faisait partie des citoyens qui ont mené la bataille, renchérit: «Dans les années 1990, il y a eu un déluge et les affluents qui alimentent la rivière Grand-Mère ont emmené tous ces sédiments qui se sont retrouvés bloqués ici parce que le barrage n’a pas été levé.»

Le parc Réal Daneault?

Pour les artisans qui ont mené la bataille, il ne s’agit que d’un début. Pour la suite, il faudra faire revivre le site en y organisant des activités afin que  la population se le réapproprie.

Durant de nombreuses années en hiver, Réal Daneault passait ses journées du matin jusqu’en soirée pour gérer bénévolement le site.  «Il y avait du ski de fond; deux patinoires, une pour le hockey et une pour le patinage sur la rivière; 400 tubes pour les glissades. C’était de toute beauté de voir les enfants», se rappelle-t-il.

En fait, l’homme de 79 ans est tellement identifié au parc de la Rivière-Grand-Mère qu’un citoyen, André Groleau, a profité de la période de questions lors de la dernière séance du conseil municipal pour demander à ce que l’endroit soit rebaptisé à son nom. Une idée tout de suite secondée par Jean-Pierre Jolivet qui était également présent. «J’en serais bien fier, confie Réal Daneault qui a combattu le cancer ces dernières années. Ça serait ma paie.»