Un projet de 7,6 M$ pour la rénovation de l’aréna de Saint-Boniface

SAINT-BONIFACE.  Portée par l’élan populaire créé par sa victoire au concours Kraft Hockeyville en avril dernier, le comité de l’aréna de Saint-Boniface a dévoilé jeudi matin l’ambitieux projet de réfection: un chantier totalisant 7,6 M$, présenté comme la seule voie possible pour assurer la survie d’une infrastructure jugée parmi les plus vétustes au pays.

Le porte-parole du comité Kraft Hockeyville à Saint-Boniface, Jean-Sébastien Descôteaux, a réalisé une présentation des travaux qui sont envisagés pour l’aréna.

“Si on ne rénove pas l’aréna rapidement, il va disparaître. C’est aussi simple que ça.”

L’édifice, construit il y a 25 ans à partir d’une structure relocalisée depuis la Baie-James n’a jamais reçu les investissements nécessaires pour suivre l’évolution des normes, des besoins sportifs et des usages communautaires.

Ce que le comité propose va bien au-delà d’un rajeunissement de l’enveloppe. Le plan présenté repose sur trois objectifs: assurer la pérennité structurelle du bâtiment; transformer l’aréna en centre multisport et multifonctionnel; et créer des revenus permettant l’autonomie financière

Le porte-parole insiste: “Un aréna n’est pas rentable juste avec de la glace. Partout au Québec, ce n’est plus viable. Il nous fallait diversifier.”

Le projet prévoit notamment: un agrandissement majeur sur toute la largeur du bâtiment; le passage de 4 à 6 vestiaires réglementaires, chauffés et conformes aux normes récentes de Hockey Québec; des vestiaires séparés pour les filles, pour les entraîneurs et pour les arbitres; des estrades sécurisées, un nouveau tableau indicateur et le remplacement complet des bandes et des baies vitrées; un gymnase qui sera ouvert 24 heures par jour et 7 jours par semaine au deuxième étage, donnant vue sur la patinoire; deux bureaux professionnels pour la location; deux salles multisports en location avec murs amovibles; la location du restaurant à une bannière privée pour générer des revenus annuels stables; un espace de rangement réaménagé pour le hockey mineur et le patinage artistique; une mise à niveau du système de réfrigération; et l’ajout d’une génératrice, permettant de faire de l’aréna un lieu de refuge en cas d’urgence.

Au-delà du sport, l’aréna deviendrait ainsi un véritable carrefour communautaire: cours de danse, arts martiaux, yoga, rencontres d’affaires, fêtes familiales, activités du CPE et de l’école, popote collective.

Un montage financier serré… mais sans hausse de taxes

Le plan repose sur un financement tripartite: 4,5 M$ du gouvernement provincial via le programme PAFIRSPA (59 % du projet) dont la subvention demeure à être confirmée; 1,75 M$ provenant du comité, des subventions diverses, de l’hypothèque et des partenaires privés; et 1 M$ de la Ville de Saint-Boniface, conditionnel à l’obtention de l’aide provinciale.

Jean-Sébastien Descôteaux a confirmé que les engagements privés totalisent déjà 850 000$.

Mais c’est surtout la mécanique municipale qui retient l’attention. Actuellement, la Ville verse 175 000 $ par année pour équilibrer le budget d’opération de l’aréna. Avec le projet, pendant les cinq premières années, ce montant ne bougerait pas. La Ville en consacrerait toutefois 59 000$ au remboursement du prêt, remettant seulement 115 000$ à l’organisme.

Dans six ans, si les prévisions se réalisent, l’aréna deviendrait autonome, et la contribution citoyenne passerait de 175 000$ à seulement 59 000$, une baisse de 77 %.

“C’est un projet à coût nul pour les citoyens, a insisté le porte-parole. Et même, à moyen terme, une économie.”

Une course contre la montre

Toute la planification repose sur la date d’ouverture des appels du programme PAFIRSPA, désormais fixée au 23 février. Le report annoncé par Québec, à peine 24 heures avant la conférence de presse, a contrarié l’équipe.

“C’est une très mauvaise nouvelle pour nous, a admis M. Descôteaux. Chaque dollar dépensé avant l’acceptation ne serait pas admissible à la subvention. On est menottés jusqu’à la décision du gouvernement.”

Pour l’instant, le comité garde l’objectif ambitieux d’ouvrir l’aréna rénové en septembre, au moment où la LNH viendra à Saint-Boniface dans le cadre des activités de Kraft Hockeyville.

“C’est maintenant ou jamais”

L’ensemble du projet trouve son origine dans la mobilisation massive qui a permis à Saint-Boniface de devenir lauréate du concours Kraft Hockeyville. Une mobilisation que le comité n’hésite pas à qualifier de “jamais vue”.

” On n’aura pas une deuxième chance. Hockeyville, ça arrive une fois. La communauté a parlé très fort: on veut garder notre aréna. Alors c’est maintenant ou jamais”, conclut le porte-parole.