Un Shawiniganais révolutionne les supports à vélo

INNOVATION. La nécessité est la mère de toutes les inventions, un proverbe qui résume bien l’idée derrière le porte-vélo électrique développé par Guillaume Bédard, un équipement sans équivalent dans le monde.

Adepte de sports cyclistes, le Shawiniganais a habité durant plus de 20 ans à North Vancouver, en Colombie-Britannique, à une dizaine de minutes de Mount Seymour, une destination mondiale pour les amateurs de vélo de montagne.

“J’ai subi une blessure à l’épaule et juste soulever mon vélo pour l’installer sur le support était devenu difficile. J’ai regardé ce qu’il y avait de disponible sur le marché et il n’y avait rien qui répondait à mon besoin”, explique Guillaume Bédard qui a commencé à ébaucher son produit durant la pandémie.

Aujourd’hui, on retrouve des unités de Bike eRack (www.bikeerack.com) dans 14 pays et son concepteur caresse de grandes ambitions maintenant qu’il est de retour dans sa ville natale pour faire passer son entreprise à un niveau supérieur.

“Beaucoup de mes clients vivent aux États-Unis, mais aussi en Australie. Ceux-là sont importants, car ils habitent à l’envers de nous autres. Leur saison de vélo débute quand la nôtre se termine. Ça permet de maintenir ma production à l’année”, souligne l’entrepreneur qui est installé pour le moment au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan.

Le Bike eRack est muni d’une couette 7 broches qui doit être branchée sur le même câblage servant à alimenter les feux clignotants sur une remorque. Cette source d’énergie actionne un petit moteur qui permet à la barre principale du support de passer d’une position verticale à horizontale.

Une roue du vélo est ensuite insérée puis fixée dans l’attelage avant de redresser la barre en position verticale. Toute l’opération peut être réalisée à l’aide d’une télécommande ou en actionnant directement un interrupteur installé sur le porte-vélo.

Entièrement fabriqué en aluminium pour éviter la rouille et offert dans un éventail de 16 couleurs, le Bike eRack comporte pour le moment dix-neuf modèles différents. Selon la configuration du support, on peut installer un simple vélo jusqu’à cinq en même temps. D’autres modèles permettent même d’accrocher deux motos et deux vélos simultanément, jusqu’à un poids maximal de 600 livres

VTT et motoneige

“Présentement, je suis en train de développer un prototype pour les VTT qui devrait être prêt cet été. Éventuellement, je regarde pour un Bike eRack pour les motoneiges”, dévoile l’ingénieux Shawiniganais. Un modèle pour les vélos à mains (trois roues) est particulièrement populaire chez les cyclistes à mobilité réduite qui peuvent ainsi le charger facilement et sans aide. “Il regagne une indépendance incroyable comparée à toujours être dépendant de quelqu’un pour aller faire son activité”, note Guillaume Bédard.

Le Bike eRack se vend en grande majorité en ligne, Guillaume Bédard préférant ce modèle d’affaires à celui des boutiques de sport. Très actif sur les réseaux sociaux, certaines de ses vidéos comptent des millions de visionnements.

Le modèle de base se détaille à environ 2000$, mais certains plus sophistiqués comme ceux pour vélos à trois roues peuvent aller jusqu’à 5000$. Comme son produit se vend dans différents pays européens où les attelages pour remorques ne sont pas comme en Amérique du Nord, le Shawiniganais a aussi développé une version adaptée pour ce marché.

Si l’entreprise poursuit sa progression, Guillaume Bédard n’exclut pas de quitter l’incubateur de l’avenue de la Station pour s’installer dans un parc industriel à Shawinigan. “Présentement, nous sommes en phase d’accélération et nous négocions des ententes avec de grandes entreprises qui nous permettraient de passer d’une production de quelques centaines d’unités à des milliers”, conclut le Shawiniganais de 49 ans qui mène cette aventure avec sa conjointe Claudie Levasseur, originaire de Louiseville.