Vous voyez des dindons sauvages? Signalez-le!
La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs lance un appel à la population pour qu’elle signale la présence des dindons sauvages qu’elle croise d’ici au 31 août. Les quelques secondes nécessaires pour effectuer le signalement contribueront au premier décompte annuel de dindons sauvages au Québec et à une étude sur l’écologie de l’espèce.
Éric Phendler, doctorant à l’Université Bishop’s et à l’Université de Sherbrooke, mène un projet de recherche pour analyser les populations de dindons sauvages, leurs habitats et leur reproduction afin de soutenir une gestion durable de l’espèce.
“J’ai fait un bac en écologie, j’ai fait ma maîtrise en comportement des animaux et je fais un doctorat en écologie du dindon sauvage. C’est le seul projet dédié à l’écologie de dindons sauvages au Québec en ce moment. C’était un intérêt personnel pour moi d’étudier cette espèce. Je suis chasseur un peu de tout, je chasse à l’arc, j’adore la chasse au chevreuil. On est tellement chanceux avec les espèces qu’on a, le paysage. J’habite dans les Cantons de l’Est et j’ai toujours adoré la chasse au dindon sauvage. J’ai toujours eu un intérêt de faire de la recherche qui va aider à la gestion de cette espèce.”
La chasse du dindon sauvage est autorisée depuis seulement 2008 au Québec. Dès lors, on a commencé à collecter certaines données mais on procède actuellement au premier décompte officiel.
“C’est un décompte annuel de dindons sauvages avec un outil de gestion qui est utilisé depuis 50 ans. La plupart des états aux États-Unis font des décomptes durant l’été. Nous, au Québec, depuis 2008, on a toujours eu besoin d’enregistrer nos prises. Ça nous donne un indice si les populations sont en augmentation, stables, ou en déclin. C’est un outil de gestion qui est implanté à long terme, pour être sûr d’avoir la meilleure gestion du dindon. Ça nous donne des indices de l’évolution des populations.”
Les données recueillies pourront être comparées avec celles d’autres provinces, comme le Nouveau-Brunswick et l’Ontario, et d’autres états comme le Maine, le New Hampshire, le Vermont et New York.
Si on aperçoit un ou des dindons en forêt ou sur le bord de la route, on doit rester calme et à bonne distance.
“Si tu es capable de les voir de loin, c’est parfait. Si tu es en train de prendre une marche ou de te promener en bicyclette, on conseille de ne pas trop avancer.”
Le lien pour signaler les observations de l’animal est disponible sur la page Facebook de la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec, au www.fedecp.com/dindon ou au www.survey.ncwtr.org.
“C’est six questions, ça prend à peu près 30 secondes. En deux semaines, on a déjà 667 observations. On commence vraiment à voir où ils sont dans la province pour la première fois de l’histoire. Ce n’est pas une mesure directe de la population mais ça nous donne un facteur qu’on peut mesurer, qui est lié aux populations. Avec toutes les données, on va être capable de voir les tendances.”
Le formulaire est conçu pour être simple à remplir, même pour les personnes qui ne sont pas familières avec le dindon sauvage. Certaines questions portent sur l’identification des spécimens mais on donne quelques détails pour les différencier facilement.
“Quand j’ai fait le sondage, je l’ai testé sur une trentaine de personnes que je connais, mes parents, des voisins. C’est fait vraiment pour que tout le monde soit capable de faire des observations. J’ai mis les caractéristiques les plus évidentes pour savoir si c’est un mâle ou un femelle. Les mâles ont des têtes aux couleurs vives, plus colorées. Ils ont une plus grande taille et un plumage plus foncé en général. Les plus vieux, les Tom, ont une barbe sur leur poitrine. Les Jake, les plus jeunes, ils en ont une, plus courte. Aussi, durant l’été, très souvent, les mâles vont être avec des mâles et les femelles vont être avec des femelles ou avec des jeunes.”
En plus des deux universités associés à l’étude de M. Phendler, la Fondation Héritage Canada y collabore, deux partenaires privés, SpyPoint et Connec Outdoors, ainsi que le ministère de l’Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
“Le ministère prend toujours les données des prises durant la saison de chasse. J’ai plusieurs volets sur mon doctorat. Le premier, c’est de créer ce décompte-là et de l’amener aux provinces. L’autre, c’est de regarder le temps du nichage des dindons sauvages, regarder la chronologie d’éducation, le calendrier des reproductions et voir s’il y a beaucoup de chevauchement avec les activités de chasse.”
L’étude a débuté en mai et devrait s’étendre sur quatre années.
“Je suis très fier de faire partie de cette communauté de chasseurs et pêcheurs et je suis j content d’être dans une position où je peux faire de la recherche qui va bénéficier à l’espèce.”
