Allaitement et adoption: une combinaison possible

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Par Sandra Lacroix

Pour la plupart des mamans, l’allaitement représente bien plus que le besoin de nourrir le bébé. Il s’agit d’un moment privilégié, un contact particulier et unique qui se crée entre la mère et l’enfant. Et, de plus en plus populaire, l’allaitement d’un enfant adopté est aussi possible.

Peu connu mais pourtant vrai, adoption et allaitement font bon ménage. En effet, de plus en plus de mamans choisissent de donner le sein à leur bébé adopté à l’international.

C’est avec cette idée en tête que Valérie Dumont, de Shawinigan, s’est lancée dans des démarches d’adoption au Mali, il y a plus de deux ans. Ayant déjà connu l’allaitement avec son premier enfant, elle a décidé d’offrir à celui qu’elle adoptera cette même opportunité. «J’avais déjà beaucoup lu sur l’adoption. Un jour, je suis tombée sur un témoignage d’une maman qui a adopté et allaité, donc je m’y suis intéressée», raconte Valérie Dumont.

Il existe plusieurs moyens pour permettre à une maman adoptante d’allaiter son bébé. En fait, cela dépend de deux facteurs: apprendre au bébé à prendre le sein et produire du lait.

Il est donc possible de mettre le bébé au sein et d’enclencher le processus d’allaitement tout naturellement. «Tout simplement en mettant le bébé au sein, il y a du lait qui est produit de façon naturelle, mais pas nécessairement en quantité suffisante pour le nourrir exclusivement par l’allaitement. Il faut parfois compléter avec des préparations commerciales», explique la jeune maman.

Il existe aussi une méthode pour produire du lait, qui utilise un médicament appelé dompéridone, combiné à l’œstrogène et la progestérone. Cette combinaison, en plus de la stimulation à l’aide d’un tire-lait électrique, peut permettre de produire une quantité de lait assez intéressante. Évidemment, pour que l’allaitement soit possible, il faut que l’enfant arrive au Québec assez jeune, ce qui n’est pas toujours facile. «On a su que les enfants adoptés au Mali arrivent souvent très jeunes, à partir de l’âge de trois mois, ce qui est plutôt rare en adoption internationale présentement. Donc si c’est possible, c’est certain que je vais allaiter mon bébé», mentionne Valérie Dumont.

Mais, bien au-delà du lait maternel, c’est plutôt pour l’attachement biologique qu’on choisit d’allaiter, pour cette relation particulière qui s’installe entre la maman et le bébé. «L’allaitement, c’est autre chose que juste nourrir le bébé avec le lait maternel, c’est un moment privilégié avec le petit. C’est vraiment une chance de pouvoir développer ce lien qui est très particulier.»

Travailleuse sociale au Centre de santé et des services sociaux de l’Énergie (CSSS), Valérie Dumont s’implique d’ailleurs sur différents comités d’allaitement. «Au CSSS, on prône beaucoup l’allaitement, et je sais que je pourrai avoir tout le soutien et les références nécessaires lorsque j’en aurai besoin», conclut la maman.

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