Ça bouge dans la santé à Saint-Boniface

Par Antoine Tremblay

La fermeture confirmée du bureau de Saint-Boniface de la Dre Suzanne Ducharme-Déry laisse tout près de 1600 patients sans médecin de famille dans la petite municipalité et les environs.

C’est donc dire qu’à partir du 3 décembre prochain, il ne restera qu’un seul médecin de famille à Saint-Boniface, soit la Dre Hélène Thibault. Celle-ci œuvre en pratique privée depuis quelques années et ne prend plus de patients depuis environ 3 ans.

Un des seuls recours pour avoir un médecin de famille est de se tourner vers la Coopérative de solidarité de santé de Saint-Boniface, mais tout près de quatre ans après sa création, aucun médecin n’y pratique.

Rappelons que la Coopérative de solidarité de santé de Saint-Boniface a connu un très bon succès à son lancement. Jusqu’à maintenant, tout près de 2000 personnes sont membres. Les premières cartes ont été vendues en décembre 2007 et depuis ce temps, les citoyens de la municipalité paient 0,01 $ du 100 $ d’évaluation sur leur compte de taxe pour ce projet. Le maire de Saint-Boniface, Claude Caron, mentionne que c’est un montant de 27 000 $ par année que la municipalité récolte et qu’avec l’augmentation de population, on s’approche du 30 000 $. À cela s’ajoute 100 000 $ provenant de la Caisse Desjardins de Saint-Boniface et 68 000 $ provenant du coût d’adhésion à la Coop.

Depuis ses débuts, le projet a changé plusieurs fois d’emplacement et les relations entre la municipalité et le conseil d’administration étaient parfois tendues. Aux dires du nouveau président de la Coopérative, André Caron, ces problèmes sont désormais réglés. «Le conseil d’administration de la Coop a changé partiellement, le conseil municipal a changé totalement et nous sommes tous des gens qui sont là pour que le projet avance. Nous avons uniquement cette idée en tête. Tout le monde regarde dans la même direction. Ça va vite, mais ça va bien», précise-t-il.

Mais le projet tarde à voir arriver de nouveaux médecins. André Caron reste tout de même optimiste sur ce point. «Il y a deux ans, trois médecins étaient prêts à pratiquer à Saint-Boniface. Le projet a avorté, car il n’y avait aucune place pour les recevoir. Nous nous sommes donc dit qu’il fallait construire une clinique médicale et, par la suite, recruter des médecins.»

En juillet dernier, la municipalité a proposé un local pour la clinique médicale dans le même bâtiment que la bibliothèque municipale. «Dans les semaines qui viennent, nous allons inviter quatre entrepreneurs locaux à soumissionner pour la construction de la clinique. C’est en janvier 2011 que (voir page suivante)

 

tout devrait être prêt. Par la suite, nous pourrons accueillir nos premiers médecins». Aucune date précise n’est déterminée ni même de mois jusqu’à maintenant. Selon les plans, la clinique pourrait accueillir 4 nouveaux médecins.

Le Groupe de médecine familiale (GMF) de Saint-Boniface sera une clinique-satellite du GMF Les Grès. Selon le directeur général du CSSS, Guy Lemieux, cet accord de principe est une belle opportunité de se donner des facilités pour accueillir des médecins. «Même si rien ne peut être garanti, historiquement, le GMF Les Grès a réussi à recruter avec intérêt», ajoute-t-il.

L’adjointe administrative du GMF Les Grès, Julie Lamontagne, explique qu’il ne faut par contre pas penser que les médecins appartenant au GMF Les Grès se rendent à Saint-Boniface. «Nous avons fait un survol, mais c’est déjà difficile pour les médecins de la clinique qui sont déjà surchargés», explique-t-elle. Elle précise également que les médecins du GMF Les Grès ne prennent plus de nouveaux patients.

Recrutement : une procédure complexe

Le CSSS de l’énergie collabore aux recrutements des médecins sur l’ensemble du territoire. Son mandat est de s’assurer que toute la population ait accès à des services. La conseillère en communication au CSSS de l’énergie, Lucie Lemire, explique que l’arrivée d’un nouveau médecin est une dynamique complexe. «Quand un médecin arrive sur un territoire, il doit pratiquer un minimum d’heures qui sont attribuées à des activités médicales prioritaires. À ce moment-ci, nous ne réussissons pas à combler ces heures. En ce qui concerne le recrutement de nouveaux médecins, nous recrutons tous les ans de manière intéressante, mais nous sommes toujours en situation de fragilité. En progression, mais fragile», souligne-t-elle.

Guy Lemieux précise également qu’on ne verra jamais un médecin de famille ne faire que du bureau à Saint-Boniface. «Ils font aussi de l’hospitalisation ou de l’urgence. Ils prennent des créneaux de pratique, mais ils ne font jamais que du bureau. Ils font une série d’activités», précise-t-il. Même si c’est le choix du médecin de décider de l’endroit où il pratiquera, le CSSS de l’Énergie demande aux nouveaux médecins qui viennent s’installer sur le territoire de faire de la prise en charge, en l’occurrence, du bureau.

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