Centenaire, le rocher de Grand-Mère se refait une beauté

Par superadmin
Centenaire, le rocher de Grand-Mère se refait une beauté
Rocher de Grand-Mère

PATRIMOINE. L’emblématique rocher de Grand-Mère tel qu’on le connait aujourd’hui célèbre ses 100 ans cet été. Pour l’occasion, la Ville de Shawinigan a décidé de lui offrir une cure de jeunesse, en plus de revamper le parc qui l’entoure.

C’est en effet en 1916 qu’on a terminé de réassembler le rocher sur la terre ferme. À l’époque, la roche dont la forme s’apparente au visage d’une vieille amérindienne était assise au milieu des chutes de la rivière Saint-Maurice, sur une île.

Celle-ci était appelée à être détruite lorsqu’on a construit le barrage hydroélectrique de Grand-Mère en 1914. La compagnie Shawinigan Water & Power, en collaboration avec l’usine de pâtes et papiers Laurentide, a alors souhaité trouver une alternative pour préserver le rocher.

C’est l’ingénieur G.B. Watson qui aurait proposé de le dynamiter, en numérotant chacune des pièces, pour ensuite les réassembler, selon un plan complexe. Ce même ingénieur se serait noyé dans la Saint-Maurice avant que le casse-tête ne soit complété… Ce n’est qu’en 1916 que l’assemblage a été achevé, à partir de quelques esquisses restantes. Il se trouve au même endroit depuis.

Besoin de réparations

«À travers le temps, il y a eu des réparations mineures, mais rien de majeur comme ce qu’on s’apprête à faire pour assurer la stabilité du rocher», indique François St-Onge, directeur des communications de la Ville de Shawinigan.

«Ce sont des blocs de granite reliés entre eux avec de la maçonnerie. Avec le gel et le dégel, non seulement il y a la maçonnerie qui s’abime un peu, mais il y a aussi de l’infiltration d’eau, un peu de vandalisme aussi, et des signes de détérioration qui devenaient préoccupants», explique-t-il.

Le rocher de Grand-Mère ne changera pas pour autant de visage. «On répare l’ouvrage dans le style original, on procède de manière à ne pas endommager le rocher. On veut surtout prévenir les infiltrations d’eau», rassure-t-on. «L’idée c’est vraiment d’assurer la pérennité du rocher.»

Après un premier appel d’offres dépassant largement le budget pour le projet, la Ville a décidé de scinder le contrat de réfection en deux. Un entrepreneur sera chargé de rajeunir le parc du Rocher et ses sentiers, tandis que l’autre s’affairera à la réfection du rocher en soi et de ses escaliers.

Une pétition a d’ailleurs circulé sur Internet, récoltant quelque 500 signatures pour que ce projet attendu depuis quelques années aboutisse. Cette opération à ciel ouvert se fera au coût d’un peu plus de 300 000$ et devrait se terminer à l’automne.

Comment restaure-t-on un rocher?

C’est à l’entrepreneur général Construction Richard Champagne qu’a été confiée la gestion de la réfection du rocher de Grand-Mère. Maxime Black, directeur de projet, concède qu’il n’a pas l’habitude de ce genre de travaux, mais qu’il s’est entouré de spécialistes. Le contrat d’aménagement paysager du parc a quant à lui été attribué à l’entreprise trifluvienne Civilco.

«Le défi d’un projet comme ça, c’est de travailler sans que ça laisse de traces apparentes. C’est un monument historique, on ne peut pas laisser de traces de notre passage, il faut que les joints soient le moins apparent possible, que la consolidation soit faite le mieux possible pour que ce soit naturel et semblable à l’état original du rocher», explique Maxime Black.

On ne démantèlera pas le rocher à nouveau. «Une partie va être enlevée pour faire des réparations puis sera remise en place, mais on ne le démonte pas en pièces. On vient vraiment consolider ce qui a été fait à l’époque, poursuit-il. Les maçons vont procéder à la réfection de ses joints, s’assurer de sceller le tout pour ne pas qu’il y ait de pièces qui se détachent.»

«On va voir les défis au fur et à mesure», explique pour sa part Louis Beaudoin, propriétaire de Maçonnerie LN Beaudoin, qui a été mandatée par Construction Richard Champagne. Ce dernier se dit pour sa part habitué à faire ce genre de travaux, ayant d’ailleurs procédé à la réfection du mur sous la passerelle de l’avenue de la Station ainsi que l’ancienne usine Wabasso.

«C’est important. Le rocher de Grand-Mère, c’est un identifiant à la ville de Shawinigan, c’est quelque chose qui marque parce que c’est intimement lié au nom du secteur Grand-Mère, l’ancienne ville. Ça fait partie des repères importants de la ville», note François Saint-Onge.

La légende du rocher de Grand-Mère

La fille unique d’un grand chef amérindien de la région serait tombée amoureuse d’un aventurier de la tribu. Le mariage était autorisé par le père, à condition que le jeune homme rapporte un canot rempli de fourrures.

Sur un rocher, au centre des chutes, les amoureux se sont fait la promesse d’être fidèles, quoi qu’il arrive. Le brave est parti pour sa grande chasse sans jamais revenir. Sa fiancée guetta son retour toute sa vie.

Devenue vieille, elle pria le Grand Esprit pour laisser un signe d’adieu à son amoureux. Lorsqu’elle mourut, un grand éclair frappa le rocher au milieu des chutes qui sculpta la figure de la vieille amérindienne, qui regardait toujours au loin. (*Source: Tourisme Mauricie)

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