Comme un fil dans le chas d’une aiguille…

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Par Bernard Lepage
Comme un fil dans le chas d’une aiguille…
L'introduction du tuyau flexible d'une longueur de 1,2 kilomètre à l'intérieur du trou se fait sur le même principe qu'un «fish wire» utilisé par les électriciens pour faire passer des fils dans des endroits restreints. À la différence que le fichoir est ici composé de 106 rodes de trente pieds chacune. (Photo : L'Hebdo / Bernard Lepage)

EAU. Plus de six mois après le début du forage sous la rivière Saint-Maurice, la délicate opération d’introduction du long tuyau de 1,2 kilomètre dans l’orifice se mettait en branle le 7 mars dernier du côté de Shawinigan-Sud.

La fébrilité était palpable sur le chantier situé dans un champ derrière l’ancien Institution secondaire Montfort. Relié à la foreuse installée du côté nord, non loin de l’Écocentre, un guide constitué de 106 tiges d’acier, d’une longueur de 30 pieds chacune et raccordées l’une à l’autre, parcourait le trou jusqu’à Shawinigan-Sud. La conduite flexible était ensuite accrochée à l’extrémité du guide afin d’être ramené tranquillement sur plus d’un kilomètre sous terre. Juste avant le début de l’opération, une excavatrice était venue extirper le tuyau sous la neige afin de faciliter son déplacement lorsqu’il serait tiré.

«Comparé au forage, c’est une étape facile mais c’est aussi la plus critique car s’il y a un coincement du tuyau à l’intérieur du trou de forage, ça deviendrait difficile à le ressortir», expliquait Denis Désaulniers, gestionnaire chez Gemel, l’entreprise qui supervise le chantier. Un peu plus de vingt-quatre heures après le début des opérations (8 mars), environ le quart de la conduite avait été inséré.

Denis Désaulniers (à droite) en discussion avec Alain Robichaud, de Forage Marathon.

D’un diamètre de 21 pouces, le tuyau de polyéthylène à haute densité devait s’engouffrer dans un trou de 32 pouces de diamètre. Celui-ci est situé à plus de 20 mètres sous le lit de la rivière Saint-Maurice.

Le trou a été nettoyé à trois ou quatre reprises avant le début de l’opération afin de s’assurer que des débris ne viennent l’obstruer mais de possibles fracturations du roc pouvaient à tout moment survenir et contrecarrer les plans.

À l’origine, cette opération devait avoir lieu au début du mois de décembre mais l’hiver précoce, le froid qui été rude pour la machinerie et des parois de roc difficiles à percer ont provoqué des délais. «Nous avons commencé à forer du côté nord mais à une vingtaine de pieds avant d’aboutir du côté de Shawinigan-Sud, ça n’avançait plus à cause du roc fracturé. Il a donc fallu reprendre le forage de ce côté pour faire la jonction», poursuit Denis Désaulniers.

Rappelons que cette conduite de 1,2 kilomètre se veut une façon de sécuriser l’approvisionnement en eau potable pour les citoyens résidant du côté sud de la rivière Saint-Maurice. Actuellement, une conduite installée dans les années 1960 sur le lit de la rivière assure l’approvisionnement mais un bris, comme celui survenu au début des années 2000, compromettraient l’acheminement de l’eau potable.

La nouvelle conduite sera donc raccordée à la canalisation existante sur chaque côté de la rive et pourra fonctionner de façon indépendante ou simultanément avec l’ancienne grâce à un système de clapet.

 

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