Clin d’œil à son vécu shawiniganais

Par Andre Perreault

Il y a de ces rencontres fortuites qui en un clin d’œil vous font découvrir et apprécier des êtres éminemment empathiques et attachants.

En février 2008, lors de l’intronisation de trois Shawiniganais (dont je fus) au club très sélect des membres honoraires du Régiment de Maisonneuve de Montréal, une dame aussi affable que chaleureuse et ravissante nommée Pierrette Sicard de Carufel m’interpelle pour me dire qu’elle est originaire de Shawinigan Falls, qu’elle est la fille de feu Wilfrid de Carufel, précurseur de la profession de l’éducation physique en Mauricie. Ce à quoi je lui rétorqua: «Votre père m’a enseigné la culture physique à main libre à l’E.S.I.C. en 1958». C’est alors que je m’offre à lui servir de guide touristique pour qu’elle redécouvre le Shawinigan Falls de son adolescence.

Sa visite du 19 septembre 2008 lui a fait ressurgir son vécu des rues Frigon, Boisvert et St-Marc, lui a permis d’apprécier les transformations majeures de sa ville natale après plus de quarante ans d’exil. C’est toutefois le 20 octobre que je complétai une enrichissante entrevue à la résidence même de l’interviewée, rue Drummond à Montréal, pour avoir accès à une macédoine d’informations provenant de documents inédits, d’albums photos, de volumes, de spicilèges du passé glorieux de son défunt père Wilfrid.

Pierrette, femme de roses, mais non d’épines

Pierrette de Carufel est une gracieuse personne de trois fois vingt ans au charisme indéniable qui permet d’établir d’étroites relations d’amitié avec spontanéité. C’est une femme d’intégrité qui possède à un haut niveau l’honnêteté de l’intelligence, la loyauté du cœur, la fidélité de son attachement.

C’est une femme qui séduit par sa riche personnalité, par ses idées et ses opinions nuancées, par le respect de ses engagements. Elle est un cœur généreux à l’esprit ouvert à la différence, une femme ordonnée et très informée avec qui on se sent bien en sa compagnie, jamais intimidé. Cette femme d’élégance ne s’écarte pas de la réalité, de la vérité, du modèle à suivre pour réussir.

Pierrette aura été tour à tour, souvent simultanément, secrétaire administrative, recherchiste littéraire, archiviste, consultante privée, présidente de sa propre compagnie spécialisée en dessin industriel, en gestion de personnel et en gestion de contrat. Elle vient tout juste de compléter le manuscrit posthume sur la vie militaire, artistique et politique du Lt. Col. Honorable Gordon Atkinson, son époux en seconde noce. Son unique fille Christine est à parachever l’impressionnante production littéraire en ésotérisme rédigée par son père connu sous le vocable d’écrivain de Bernard de Montréal, le mari en première union matrimoniale de sa mère Pierrette.

Hommage posthume à son illustre papa

C’est au début de la décennie des années 1940 que la famille de Wilfrid de Carufel vint s’établir à Shawinigan.

Son père fut champion de boxe professionnel canadien de sa division et champion international professionnel, catégorie poids plume et poids légers, titres conquis à Providence R.I. et à Chicago, le 2 août 1928 et les 27 et 28 mai 1929. De plus, Wilfrid fut promoteur de galas de boxe et de lutte à l’Aréna de Shawinigan, mais surtout il aura eu le mérite d’enseigner la culture physique dans toutes les écoles catholiques de la Commission scolaire de Shawinigan Falls. Pendant plus d’une décennie, il aura fait la promotion d’une brochure intitulée, Souplesse et Énergie, Santé en poche, vendue 60 cents la copie. Wilfrid était aussi un très compétent physiothérapiste comme on disait à l’époque. Le 30 avril 1960, Wilfrid rendit l’âme à l’âge de 52 ans à la suite d’une longue maladie qui le terrassa pendant plus de quatre ans. Pierrette n’avait que treize ans lorsqu’elle devint orpheline de père.

Fierté et admiration pour ses frères

Pierrette n’a pas tari d’éloges à l’endroit de ses frères aînés Richard et Serge. Richard fut connu pour son travail de Lieutenant détective enquêteur.

Aujourd’hui à la retraite, Richard est toujours président du Club Coop C.U.M. de Montréal et bien connu comme juge de boxe professionnelle de calibre international. Quant à Serge, il est lui aussi un retraité de l’organisme Postes Canada. Le premier conserve avec fierté la ceinture du papa champion boxeur. Le second, garde minutieusement la tunique pugilistique de son père lettrée et décorée de broderie par l’épouse du boxeur, leur mère Lucienne Dupuis, aujourd’hui trépassée.

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