Dans la peau d’un réserviste

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Par Patrick Vaillancourt
Dans la peau d’un réserviste

COMMENTAIRE. Je dois l’avouer d’entrée de jeu, un enfant de 10 ans n’aurait probablement pas eu plus de plaisir que moi lors d’une journée vécue à la base militaire de Valcartier en compagnie des réservistes du 62e Régiment d’artillerie de campagne (RAC) de Shawinigan.

Après être arrivé en autobus à la Base de Valcartier, des militaires nous ont accueillis avec chapeau et lunette de sécurité, avant d’aller s’assoir dans un char d’assaut pour une balade d’une 15e de kilomètres en direction du lieu de tir des canons 105 mm.

Que dire de cette balade sinon que tout un chacun était très à l’étroit. Nous ne portions aucun matériel militaire, alors on peut s’imaginer que les réservistes et militaires sont encore plus coincés lorsqu’ils partent en mission dans ce type de véhicule. Quelques chanceux ont pu vivre la balade à l’avant, dans la tourelle, accompagné du militaire qui conduisait le véhicule. Je peux vous affirmer une chose, ça brasse et il existe une impression de vitesse à l’intérieur du blindé.

Lors de notre arrivée au champ de tir, on entend déjà résonner les canons, et l’odeur de la poudre à canon se fait déjà sentir avant même de quitter le char d’assaut. Après avoir reçu plusieurs consignes de sécurité au quartier général, nous nous dirigeons en petits groupes vers le canon qui nous a été attitré. Des explications rigoureuses sont données par les réservistes en entraînement. Le canon de 105 mm peut tirer un obus de 33 livres jusqu’à une dizaine de kilomètres. Les réglages du canon lors de cette journée propulsaient la charge à 4 kilomètres. Non loin de la zone d’arrivée des obus se trouve un FOO (abréviation anglophone pour Forward Observation Officer). Il s’agit d’un officier d’observation qui vérifie l’arrivée des obus. Il peut ainsi constater les dégâts réalisés par les tirs, et rectifier la précision en communiquant avec le quartier général. Sans aucun doute, c’est tout un fou!

Après un diner sous la tente du quartier général (et non ce n’était pas de la nourriture sèche), c’est le retour au bâtiment principal de la base de Valcartier, où d’autres réservistes livrent de l’information, notamment sur le canon M777, qui détient une portée de plus de 30 kilomètres. En fait, de la base militaire, la munition aurait pu atteindre le pont Pierre-Laporte à Québec.

La Journée des employeurs est organisée annuellement par le 62e RAC de Shawinigan pour faire connaître le travail des réservistes, voir ce qu’ils vivent, et pour conscientiser les employeurs qui ont des employés qui sont réservistes pour les Forces armées canadiennes. Le programme d’appui des employeurs du Canada existe depuis 33 ans. On compte 27 000 réservistes au Canada, ce qui représente 47% des employés des Forces armées canadiennes, 8000 au Québec, 188 réservistes au 62e RAC dont 35 musiciens.

Il faut savoir qu’un réserviste doit travailler au minimum deux jours par mois, et les études sont payées. Il s’agit d’un engagement volontaire, et c’est le réserviste qui décide quand il veut partir. Les missions à l’international ne sont pas obligatoires pour les réservistes. Ils se font offrir la possibilité de participer à une mission que ce soit au pays ou à l’étranger.

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