Luc Bilodeau: loin des yeux, près du cœur

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage

Luc Bilodeau est un mécanicien de luxe. Son modèle favori: l’humain. Sa spécialité, le cœur.

Ce cardiologue d’intervention, l’équivalent d’un spécialiste parmi les spécialistes, œuvre au Centre universitaire de santé McGill (Hôpital Royal Victoria), à Montréal. Entre ses interventions quotidiennes et ses recherches sur les maladies coronariennes, ce médecin vient se ressourcer au lac en Croix, au chalet que son père à construit il y a quarante ans à Saint-Mathieu-du-Parc.

Après avoir fait ses classes au Séminaire Sainte-Marie et au Collège Shawinigan, Luc Bilodeau a dû s’éloigner de Shawinigan au début des années 1980 pour poursuivre ses études. Dans son cas, le dicton loin des yeux, près du cœur n’a jamais été si vrai.

Facile à comprendre. Son père Henri, toujours présent au centre-ville à 86 ans, a été durant plus de 30 ans ‘’le’’ cardiologue de Shawinigan tandis que son grand-père, Joseph-Arthur, a été maire de la ville durant huit ans, entre 1936 et 1944. C’est lui qui a fait tirer les plans de l’actuel hôtel de ville.

«C’est ici que je viens me reposer. Pas de téléphone, pas de cellulaire, raconte-t-il. Les pistes d’orignal et les barrages de castors qu’on m’a montrés quand j’étais petit, je viens les faire découvrir à mes enfants.»

Cardiologue de père en fils

Ce cardiologue, qui s’est perfectionné aux États-Unis, affiche un réel attachement à ses racines. Son expérience et sa réputation le prédestinent évidemment à opérer dans la métropole, mais c’est le Shawiniganais qui manipule toujours le bistouri.

Il confie sans trop y croire que son rêve serait de revenir pratiquer dans son patelin. En attendant ce jour, ce sont les Shawiniganais qui vont jusqu’à lui. Comme spécialiste, il ne refuse évidemment aucune personne, mais Luc Bilodeau ne se cache pas pour dire qu’il prête une oreille particulière aux patients provenant de son coin de pays.

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«En plus de 30 ans, mon père a suivi bien des gens. Aujourd’hui, leurs enfants viennent me consulter. Il y a aussi les médecins de la région qui m’appellent pour m’en référer.»

Même s’il porte le même titre que son père Henri, Luc Bilodeau ne pratique pas le même genre de médecine, connaissance et technologie développées entre deux générations obligent. «Les interventions sont beaucoup moins invasives qu’auparavant. Les opérations à cœur ouvert, il y en aura de moins en moins», prédit-il.

Des défis continuels

Lui-même chercheur, le Dr Bilodeau précise par exemple que la mise au point de nouveaux médicaments, l’injection de cellules ou la transplantation de dispositifs électroniques sont des avenues qui deviendront la norme dans quelques années.

En contrepartie, le vieillissement de la population, l’obésité, le cholestérol et le diabète représentent des défis extraordinaires qui se posent en obstacles face aux gains obtenus dans les dernières années. «Il faut continuellement s’ajuster», raconte-t-il.

Comme la prévention demeure pour lui le meilleur remède qui soi, il n’hésite pas lorsque le temps lui permet à venir prononcer une conférence sur les maladies cardiaques. L’année dernière, il était d’ailleurs venu dans son patelin à l’invitation de Prévention Santé du cœur, un groupe d’une quinzaine de Shawiniganais qui ont déjà subi une intervention chirurgicale au cœur et qui s’entraîne à raison de deux fois par semaine au Collège Shawinigan sous les conseils d’une kinésiologue.

Ces trop rares visites lui permettent toujours de constater que derrière le cardiologue réputé bat toujours le cœur du Shawiniganais.

 

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