Olivier Michaud ne regrette rien

Par Jonathan Habashi

Une décennie après avoir disputé son unique match dans la Ligue nationale de hockey (LNH), Olivier Michaud ne nourrit aucun regret lorsqu’il jette un regard sur son parcours dans le hockey professionnel. L’ex-gardien des buts des Cataractes savoure plutôt à pleines dents la chance qu’il a de pouvoir gagner sa vie en évoluant dans le monde du hockey.

Les partisans du Canadien de Montréal se souviendront qu’Olivier Michaud a joué une partie dans la LNH, le 30 octobre 2001. Rappelé en raison d’une blessure subie par José Théodore, le jeune homme était venu en relève à Mathieu Garon dans une partie disputée à Edmonton. À l’âge de 18 ans, il était alors devenu le plus jeune gardien à porter l’uniforme du Tricolore. Même s’il a repoussé les 14 tirs dirigés vers lui en troisième période, Michaud n’a jamais rejoué dans la LNH par la suite.

Après ce court séjour dans la cour des grands, Michaud a roulé sa bosse durant quelques saisons dans la Ligue américaine, la Ligue de la côte est puis la Ligue nord-américaine de hockey. Une blessure à une hanche est notamment venue ralentir sa progression. Aujourd’hui âgé de 28 ans, le co-entraîneur des gardiens de buts chez les Voltigeurs de Drummondville dit conserver un souvenir impérissable de cet épisode unique qui lui a permis de vivre le rêve de tout jeune hockeyeur québécois.

«À l’époque, mon rappel avec le Canadien avait été une grosse surprise. Ce fut une belle expérience pour moi. J’avais été particulièrement impressionné par l’attitude professionnelle des joueurs. Les gars étaient dans une série de quatre défaites et ils travaillaient très fort pour s’en sortir», raconte celui qui a terminé sa carrière junior chez le Drakkar de Baie-Comeau.

«Bien sûr, les choses n’ont pas fonctionné autant que je l’aurais voulu par la suite, mais je n’ai pas de regrets. Le hockey professionnel a été une école de vie pour moi. Pendant ma carrière, je me suis fait plusieurs amis et je suis devenu bilingue. Le hockey m’a aussi endurci, ce qui me permet de mieux vivre avec les critiques aujourd’hui. Mon expérience de joueur professionnel me permet de mieux gérer mieux les situations où je dois performer sous pression», témoigne-t-il.

Entraineur de gardiens de but

Fondateur d’une école de gardiens de but portant son nom, Michaud en est à sa troisième saison au sein de l’organisation des Voltigeurs. Celui qui est natif de Beloeil dirige également les gardiens des Gaulois du Collège Antoine-Girouard de Saint-Hyacinthe (midget AAA).

«Mon passage de joueur à entraîneur n’était pas prévu. Après mon séjour avec les Bulldogs de Hamilton, je me suis retrouvé avec les Chiefs de Saint-Jean-sur-Richelieu. Le garçon d’un dirigeant de l’équipe jouait dans le bantam AA, alors c’est de cette façon que j’ai commencé à m’impliquer dans le hockey mineur. De fil en aiguille, je me suis retrouvé dans le midget AAA, puis dans le hockey junior majeur», a raconté Michaud, qui a déjà été dirigé par l’entraîneur-chef des Voltigeurs, Mario Duhamel, alors qu’il évoluait dans les rangs pee-wee AA.

Chez les Voltigeurs, Michaud codirige les gardiens de l’organisation en compagnie de Frédérick Malette. Il se décrit comme un entraîneur exigeant, mais qui sait aussi s’ajuster à ses élèves.

«On ne dirige pas Roberto Luongo de la même manière que Tim Thomas, comme on ne travaille pas sur les mêmes aspects avec Jake Allen ou Domenic Graham. Il faut savoir s’adapter aux forces de chacun», explique-t-il. Dans son approche, Michaud accorde d’ailleurs autant de place au volet technique qu’à l’aspect mental.

«Un gardien peut effectuer un arrêt pendant une pratique, mais s’il n’est pas bien préparé mentalement, il risque de ne pas pouvoir répéter le même geste pendant un match, soulève-t-il. C’est pour ça que j’exige que mes gardiens se préparent bien, qu’ils soient méthodiques dans leur approche du match et qu’ils affichent une éthique de travail irréprochable, tant sur la glace qu’en dehors.»

Mais pour exceller à la position de gardien, Olivier Michaud estime qu’un athlète doit d’abord et avant tout agir comme un battant. «Il faut vouloir se battre sur chaque tir, dans les pratiques comme dans les matchs», termine-t-il.

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