On pêche de tout dans la Sainte-Anne

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage

Kathy Boisclair a eu la surprise de sa vie il y a une semaine à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Accompagnée de sa famille, la jeune femme de L’Île-Perrot avait loué le 11 janvier un chalet sur la rivière Sainte-Anne pour y taquiner évidemment le fameux poisson des chenaux. Mais surprise en début d’après-midi, au lieu d’un poulamon, c’est plutôt une étrange bestiole munie de quatre pattes, à l’aspect gluant, qui pendait au bout du fil.

Souvent confondu avec le lézard, l’amphibien s’est plutôt avéré à une salamandre appartenant à la famille du Necture tacheté (Necturus maculosus). Selon le biologiste Sébastien Rouleau, de la Société d’histoire naturelle de la vallée du St-Laurent, à qui L’Hebdo a fait parvenir une photo de la salamandre capturée, il s’agit d’une espèce commune dans les grands cours d’eau du Québec, principalement dans le système fluvial et ses affluents. «Cette espèce fait régulièrement les manchettes des journaux durant la saison de la pêche sur la glace. Les gens s’étonnant avec raison de capturer une bestiole aussi étrange et d’une taille impressionnante également», signale M. Rouleau.

Le Necture tacheté est en fait la plus grosse espèce de salamandre au Québec. À maturité, elle peut atteindre 50 cm. L’été, elle se réfugie dans les eaux plus profondes et froides, mais l’hiver, on la retrouve fréquemment dans les baies peu profondes des lacs et rivières. «Le Necture est carnivore et mord volontiers aux appâts utilisés pour la pêche sur la glace, appât qu’il détecte grâce à son odorat développé», précise le biologiste.

Vérification faite auprès de Guy-Paul Brouillette, président de l’Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux depuis plus de 30 ans, attraper une salamandre n’est pas exceptionnel bien que ça arrive peu fréquemment. «Je dirais qu’il s’en pêche sept, huit par hiver, raconte-t-il. Ça fait peur généralement aux gens et ils ne prennent même pas le temps d’enlever leur hameçon. Ils coupent le fil et tirent leur prise dans le poêle du chalet.»

Ce ne fut pas le cas de Kathy Boisclair qui a plutôt pris le temps de se faire photographier avec son trophée d’un jour avant de le rejeter à l’eau…

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