Pour vivre la fraîcheur du Noël 2012

Par Andre Perreault

À l’époque ou la fraude devient universelle et se cache derrière l’opulence, les bonus de rendement et les primes de séparation exagérés, voire même outranciers, les bureaux spacieux aux décorations intimidantes, dire la vérité, parler de simplicité, de dignité, de partage, de respect des moins favorisés devient presqu’un acte révolutionnaire, l’œuvre d’un impie.

Il faut reconnaître que celui qui porte le coup, oublie; que celui qui porte la cicatrice; se souvient. Ce n’est qu’en se rapprochant des humbles conditions de la crèche que nous nous éviterons de vivre un Noel de vanité vestimentaire, de prétentions sociales, de cupidité égoiste.

Il est si réconfortant de croiser sur son chemin des humains qui parlent avec l’autorisé du cœur, à des gens libres, d’égal à égal. Ces personnes rarissimes cherchent davantage à vous convaincre qu’à vous vaincre. Ils sont le reflet d’un visage d’amour universel.

Hors, c’est précisément le cas de Desneiges Bellerive, femme de fierté et de dévouement, originaire de Saint-Boniface, femme de 55 jolis automnes de vie (14 octobre 1957), mère de Josyane et nouvellement grand-maman d’un poupon de huit mois prénommé William. À la suite d’études en secrétariat, sa vie durant sera dédiée au monde de la finance dont les 34 dernières années comme représentante du service à la clientèle pour son actuel employeur la Banque Royale RBC. Elle travaille présentement à la succursale de la Plaza de la Mauricie depuis déjà 12 ans.

Cette femme est remarquable pour sa joie de vivre, pour sa capacité d’accueil sincère, chaleureux et spontané. Bien qu’à découvert derrière son comptoir, elle sait demeurer discrète et cachée. Instantanément, elle nous livre le secret de sa propre mélodie de vie basée sur le simple plaisir de nous servir, de s’entretenir avec le commun des mortels en lui signifiant toute son importance. Elle est du genre à exagérer sa bonté plutôt qu’à durcir sa justice. En entrevue, elle demeure muette sur ses propres blessures mais nous fait comprendre que pour s’éviter d’être un enfant de la souffrance, il faut malgré ses craintes et ses inquiétudes devenir un enfant de l’audace. Elle a le constant souci de secourir les plus petits, les plus démunis. Son bénévolat s’exerce surtout auprès des personnes âgées.

Le troisième âge, sa vocation, son hobby

Quel bonheur indicible pour Desneiges de se rendre au Foyer Domaine Cascade, deux fois par semaine pour assister l’âge d’or à bénéficier de leur argent. Quand j’étais toute famine, alors âgée d’une dizaine d’années, je préférais visiter les personnes âgées de mon voisinage pour les entendre me raconter leur vie plutôt que de m’amuser avec mes amis de l’arrondissement. En revenant à la maison ma mère me disait : « Cesse de les importuner ». Je lui répondais : « Maman, ils m’ont dit tu reviendras, tu es toujours la bienvenue ». Elle est l’appel discret à la compassion. Chez elle, l’entraide communautaire aux aînés semble incarnée. La directrice de la RBC, dame Sophie Lafontaine, gestionnaire d’employés, aussi ravissante que compétente, a rendu un vibrant hommage à l’endroit de son employée modèle, la singulière Desneiges, en révélant qu’elle est le p’tit rayon de soleil de la succursale. À la blague, elle a conclu : « Ne la jalousez pas, tentez de l’imiter ». Pour Desneiges, il faut devenir des humains nobles mais non ignobles.

Souhaits de la fée enneignée

Desneiges Bellerive, femme au prénom prédestiné pour la période des fêtes, nous souhaite un « Noel tout blanc ». Que la santé, la prospérité, le bonheur et la paix baignent en abondance sur la douce et belle rive de nos cœurs. Avec un humour subtil, elle fait une sage recommandation à l’attention de tous ceux et celles qui visitent la parenté. Si l’on sait pertinemment que tous les chemins mènent à Rome, faut-il se rappeler pour autant que trop de Rhum mène hors du chemin.

Parlant de cadeau, elle m’a raconté la belle histoire de la fillette de quatre ans qui dit au Père Noel: «Je veux la pilule» comme étrenne. Le vieux barbu blanc l’interpelle en lui demandant pourquoi. La gamine de répondre: «Ça fait trois ans que j’ai des poupées à Noel, cette année, je n’en veux plus!»… Trêve de plaisanterie, Desneiges m’a certifié que les enfants et les vieilles gens dont je suis devenu ont beaucoup plus besoin de présence que de présents.

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