Réjean Huard: Monsieur Aviron

Par Andre Perreault

Devant les retentissants succès qu’a connu la 75e édition de la Classique Internationale de Canots de la Mauricie, l’heure est au bilan de toute sorte.

Le moment est approprié d’émettre une «Contravention d’honneur au mérite» à un homme qui a lui-même avironné avec enthousiasme depuis d’incalculables années, qui a surtout depuis plus d’une décennie et demie fait pagayé tant de néophytes et d’experts dans ces petites embarcations écologiques, a-polluantes , mues à bras vapeur et qui font la fierté de notre population mauricienne, le canot compétitif et récréatif.

Hier, on a reconnu en feu Ovila Dénommé le Roi des Canotiers. Aujourd’hui, on est tous unanimes à décerner le titre de Roi de la Rivière au légendaire Claude Corbin. Tout récemment, pour son implication, on a octroyé le titre de Monsieur Canot au volubile Richard Toupin. Dorénavant, pour demain, pourquoi ne pas reconnaître l’immense contribution de l’un des nôtres en décernant le titre de Monsieur Aviron, à nul autre que l’actuel directeur-général de la CICM, le prolifique Réjean Huard.

Qui est donc ce Huard à pale de graphite?

C’est d’abord et avant tout un oiseau rare aux yeux de tous. Selon moi, il est un homme de caractère et de passion, d’une grande sensibilité, d’une belle courtoisie pour qui la réflexion profonde lui évite de sombrer dans l’agitation désordonnée. Il est un homme animé d’une vitalité d’exception, aussi exigeant pour lui-même que pour autrui, capable de grande rêverie, apte à se donner les moyens de ses ambitions.

Réjean Huard est doué d’un charisme et d’un leadership peu communs pour qui rien ne passe sans le respect de ses collaborateurs, de son œuvre, de sa personne. Il est un être de jugement et d’action qui sait bien que celui qui suit l’avis d’autrui ne profite jamais d’un vent favorable pour mener son navire au port de vie qu’il a choisi. En ce sens, il n’est pas entêté mais déterminé. Il n’est pas du genre à confondre l’ombre pour la proie, à vous laisser croire des choses. Il dit ce qu’il pense mais surtout pense ce qu’il dit. Réjean Huard est vraiment l’exception plutôt que la norme.

Ce dont nous lui sommes redevables

Les réalisations de cet homme sont porteuses de grandes leçons de vie. Il vise toujours l’accomplissement en oubliant le succès. Il reconnaît être à la proue d’une équipe de collaborateurs exceptionnels mais le poisson ne pourrit-il pas par la tête? Sans jouer au pédagogue, il nous enseigne qu’aux questions de la vie, nous sommes la réponse; qu’aux problèmes de l’existence, nous sommes la solution.

Par son long mandat, il a redoré l’image peu flatteuse de la Classique de Canettes, il a bleui l’administration en souffrance, il a rapatrié la troisième étape en circuit fermé à Shawinigan lorsque l’engagement trifluvien s’est refroidi. Contre vents et marées, le p.d.g.. et son équipe ont su lui redonner une crédibilité sociale, une fierté mauricienne. Il a su conquérir l’adhésion de commanditaires et partenaires majeurs heureux de s’y associer.

Il a su regrouper avec enthousiasme les villes riveraines. Il a rassemblé les intrépides canotiers professionnels de l’ouest canadien, des États-Unis et du Québec dans une noble compétition haute en couleur par l’excellence de son déroulement autant sur l’eau que sur les berges de la majestueuse rivière Saint-Maurice. Sous son règne les activités socio-culturelles et récréatives auront connu leur paroxysme et les intervenants d’accueil touristique (restauration et hébergement) auront fait des affaires d’or avec la monnaie du p’tit Huard.

Que dire de la Place du Canotier, du splendide monument commémoratif et du Temple de la renommée qui consacrent à jamais les faits les plus marquants du plus ancien événement encore actif en terre mauricienne. Cher Monsieur Aviron vous avez semé du bonheur dans le champ du voisin, ne soyez donc pas surpris de constater ce que le vent fera produire dans le vôtre.

Un seul vœu s’impose

Jamais sur sa pierre tombale on ne pourra inscrire cette épithète: «Ici, Réjean se repose. Jamais, il ne fit autre chose». Selon Ralph Waldo Emerson : «Les cœurs vaillants (dont tu es) rayonnent de forces secrètes qui attirent sans cesse des événements grandioses.» Pour ma part, un seul vœu s’impose d’emblée : celui que tes pairs organisateurs t’intronisent au Temple de la Renommée des Canotiers de ton vivant. Ami, Réjean, pour te l’avoir déjà dit lors d’un bien-cuit, je te l’écris aujourd’hui: tu serais mon frère que j’en tirerais une vaniteuse fierté.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires