VIDÉO-REPORTAGE«Je ne m’attendais pas à ce que mon conte prenne autant d’ampleur!» – Fred Pellerin

Par Hugo Lemay

Le fabuleux, le merveilleux, le magnifique, bref la magie se poursuit à Saint-Élie-de-Caxton. Jeans délavés, cotons ouatés élimés, Fred Pellerin et le réalisateur Luc Picard ont tenu devant l’église un happening médiatique décontracté mercredi matin.

Comme acteur et réalisateur, Luc Picard nous a surtout habitués à des rôles et des scénarios dramatiques (Omertà, L’Audition, Un dimanche à Kigali, etc.) Il se frotte aujourd’hui à un univers onirique et joyeux. «Je trouve ça touchant parce que les histoires de villages, c’est un passé collectif qui nous rejoint tous. Il y aura beaucoup de magie dans le film, des effets spéciaux comme on n’en a encore jamais vus au Québec.»

Se retenant d’étayer son propos par des exemples, de peur de brûler des punchs, Picard évoque cette scène où le village sera infesté de mouches à feu. «Ce sera quelque chose à adapter. Quand je raconte, si j’ai le goût d’ajouter des mouches à feu, j’en mets une couple de mille de plus dans ma phrase pis ça coûte pas une cenne de plus. C’est pas comme ça au cinéma!»

Toutefois, le réalisateur se réjouit que son comparse émette des idées sans se soucier qu’elles soient réalisables ou non.

L’histoire tourne autour de l’incendie de l’église paroissiale en 1920 alors que Babine, le fou du village, sera considéré comme le premier suspect.

On sent l’admiration sincère du réalisateur pour le conteur. «Il nous amène quelque chose de touchant, une innocence perdue. Au-delà du désir d’amuser les gens, on veut les toucher.»

Peu d’éléments ont transpiré de la production. Tout au plus sait-on que le tournage débutera dans le cimetière du village le 28 octobre. Un village distortionné s’inspirant de l’architecture de Saint-Élie se trouve actuellement en construction dans un entrepôt à Montréal. C’est là que sera tournée la majeure partie du film dont le budget se chiffre à 6,5 millions$.

Le tournage se poursuivra jusqu’au 14 décembre, mais au moins six mois de postproduction seront nécessaires avant que le long métrage ne tapisse les grands écrans.

Fred agira comme narrateur et on le verra à l’écran à la conclusion du film. «Ce sera une finale contemporaine qui se passe en 2001. Mais je n’ai pas le goût de mettre en scène», ajoute le plus célèbre des Tireux d’roches.

Comme scénariste, ce sont ses mots qui se retrouveront dans la bouche des comédiens. «J’ai une dent dans le palais… ça se peut qu’ils manquent certains mots!», lance-t-il à la blague. «Il y aura un langage éclaté, mais quand même adapté».

Le conteur témoigne de sa confiance à l’endroit de Luc Picard. «C’est pas un trip de scénariste son affaire. C’est quelqu’un de très humain. Il est venu une dizaine de fois à Saint-Élie prendre du café et jaser avec le monde.»

Parfois même au-delà de l’entendement… «À ma première visite, on marchait et la tante de Fred s’est arrêtée avec son auto à notre hauteur pour nous offrir des paparmannes!», confirme le De Lorimier de 15 février 1839 encore éberlué.

Une solide distribution

C’est Vincent-Guillaume Otis qui incarnera le rôle-titre. Le réalisateur s’est gardé le coloré Toussaint Brodeur. «J’aime son rôle de protecteur de Babine. Je trouve que c’est le rôle masculin qui me collait le mieux.» Comme acteur, il incarne habituellement des héros un peu ténébreux, introvertis. «Mais pas tout le temps. Prend Michel Chartrand, il a beaucoup de bonhomie.» Son épouse Jeanette sera incarnée par Marie-Chantal Perron. Isabelle Richer campera la sorcière, Maude Laurendeau, la belle Lurette; René-Richard Cyr deviendra Méo, le coiffeur; Bobby Beschereau, le forain Mégilde Rivard; Marie Brassard, Mme Gélinas et Antoine Bertrand sera Ti-Toine, son fils aîné; Maxime Côté, Dièse. Il ne faut pas oublier les curés, omniprésents et omnipotents. Le rigide curé «neux» sera joué par Alexis Martin et le «vieux» par Julien Poulin. Le rôle du forgeron n’a pas encore été attribué. Dame Rumeur pressent naturellement Guildor Roy. «J’ai quelques noms, mais il y a des questions d’horaires qui nous bloquent pour le moment», précise Luc Picard. «C’est une histoire le fun. J’aime Luc comme réalisateur et le film s’annonce très ludique. Il n’y a que des bons côtés finalement», confie Marie-Chantal Perron. Plus de 500 figurants complèteront la distribution. Des gens de Saint-Élie, dans la mesure du possible.

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