“Dans ma bulle”: une exposition créative, inclusive et éclatée!
ARTS VISUELS. Tout l’été, les murs du Grille-pain du coin débordent de couleurs et d’une créativité débordante grâce aux œuvres réalisée par une vingtaine de participants de de l’Association pour la déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme (ADI-TSA) Centre-Mauricie/Mékinac.
Dans le cadre du projet Dans ma bulle, l’auteur François St-Martin et le dessinateur Marc Bruneau ont animé une série d’ateliers de création autour de la bande dessinée pour les participants des Vendredis entre amis de l’AD-ITSA Centre-Mauricie/Mékinac de janvier à mai.
“On a vu une belle opportunité quand l’Entente sectorielle de développement de la culture en Mauricie est sortie. On connaissait bien la clientèle, car Marc et moi avions fait des ateliers avec l’ADI-TSA déjà, et on savait que ces ateliers fonctionnaient bien. Ce financement nous donnait l’occasion d’aller plus loin que la rencontre de 45 minutes qu’on faisait une fois par année”, raconte le bédéiste François Saint-Martin.
Chacun des deux groupes des Vendredis entre amis a pris part à quatre rencontres. En tout, une vingtaine de personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme y ont participé.
“Les participants étaient toujours très enthousiastes et toujours contents durant les ateliers. Il démontrent un haut niveau de créativité, fait remarquer Annie Bordeleau, directrice générale adjointe et des communications de l’ADI-TSA. On le sous-estime souvent. On a souvent été ébloui par ce qu’ils ont pu créer. Quand on leur laisse la possibilité d’exprimer leur créativité, tout en leur mettant un petit cadre pour pouvoir bien avancer, ils ont une créativité incroyable. Ils sont tellement fiers d’eux! Ça fait du bien de les voir dans un moment de fierté comme ça.”
“Notre clientèle n’est pas une clientèle qui a un accès très facile à l’art non plus. À l’ADI-TSA, on a beaucoup d’activités sportives, mais quand on a la possibilité de travailler dans des projets plus culturels comme celui-ci avec des partenaires qui ont une facilité à entrer en contact avec notre clientèle, on saute sur l’occasion!”, ajoute-t-elle.
Quatre grands thèmes ont été explorés durant ces ateliers: la création d’un personnage, un exercice de créativité autour des animaux hybrides, l’expression personnelle par l’utilisation de bulles de bande dessinée, ainsi que l’utilisation de codes de la bande dessinée, dont les onomatopées, les idéogrammes et les lignes de mouvement. Tous ces thèmes sont déclinés à travers l’exposition.
“Par exemple, dans l’atelier des bulles de BD ont leur demandait de répondre à la question Qu’est-ce qui te rend heureux ou heureuse? On leur a montré que les bulles peuvent avoir différentes formes. Par exemple, quand on réfléchit, c’est en forme de nuage. Après, ils choisissaient et traçaient leurs bulles”, explique François Saint-Martin.
Une fois que les dessins étaient réalisés par les participants, le dessinateur Marc Bruneau y ajoutait la couleur.
“J’ai vraiment tripé parce que justement, ce n’était pas mes dessins. Je suis habitué de faire mes créations. Là, je respectais vraiment le plus possible le dessin d’origine. Je gardais à peu près chaque trait de crayon pour que ce soit le plus fidèle à l’œuvre d’origine, précise Marc Bruneau J’ai pu bonifier leurs œuvres en ajoutant de la couleur pour donner encore plus de vie à tout ça. Mon processus était toujours en fonction de mettre de l’avant leur créativité. Les participants ont tous des styles différents. Ça m’a amené à dessiner des choses qui sont hors de mon style. C’est coloré, c’est vivant et ça représente bien l’ambiance dans laquelle tout ça a été créé.”
St-Martin et Bruneau insistent sur la qualité du travail réalisé par les participants de l’ADI-TSA. “C’était du travail professionnel. C’était toujours fait dans la bonne humeur et ils se sont surpassés. On les a embarqués dans un processus professionnel de monter une exposition et d’en arriver à un vernissage devant public”.
Mais au-delà de l’atelier artistique, le duo a été marqué par la richesse des rencontres avec les participants de l’ADI-TSA.
“Il y avait toujours un moment d’échange. Il y avait beaucoup de relationnel. Pour ma part, j’ai eu le sentiment qu’on ne faisait pas ça pour rien. On voit qu’on réussit à faire une différence et avoir un impact avec un projet de ce genre”, souligne François St-Martin.
“Ce n’est pas une clientèle que je connaissais si bien que ça avant qu’on les rencontre pour la première fois. On a fait des ateliers avec d’autres organismes au Québec. C’est vraiment un coup de cœur total! Je suis tombé en amour avec ces gens”, renchérit Marc Bruneau.
Au final, on n’en retient que du bonheur, mentionne la directrice générale adjointe et des communications de l’ADI-TSA: “C’est beau de les voir aller, les résultats sont beaux et ils s’appliquent. C’est pur. En ce moment, ce n’est pas joyeux à travers le monde et on cherche des petites pointes de bonheur avec les gens. Je pense qu’on est là. C’est doux, c’est beau, ça fait du bien, c’est joyeux. Je trouve ça toujours impressionnant de voir qu’ils ne se mettent pas de barrières, pas de limites en termes de création. Pourquoi ne pas faire un hippo-chat!”
L’exposition Dans ma bulle est présentée jusqu’au 8 septembre au Grille-pain du coin, sur la 105e avenue.
