La Factrie 701 en mode Riopelle pour l’été
EXPOSITION. Cet été, la Factrie 701 passe en mode Riopelle, alors que l’atelier et galerie d’art accueille 22 œuvres du célèbre artiste.
Cela faisait plusieurs années que la Factrie 701 travaillait sur ce projet d’exposition. “Huguette Vachon, qui a été la dernière femme de Jean Paul Riopelle pendant les 16 dernières années de sa vie, est venue donner une conférence ici. Elle a eu un coup de cœur pour la place et elle nous a mentionné que Jean Paul Riopelle aurait adoré l’endroit aussi. C’est à partir de ce moment qu’on a développé le projet. On a réalisé plusieurs tentatives pour mener ce projet à terme, mais par manque de financement, on n’arrivait pas à le faire. On n’a pas été capable jusqu’à aujourd’hui”, mentionne même Gallia Julien-Myrand, directrice générale de l’atelier et galerie d’art Factrie 701.
L’organisme culturel a rencontré le nouveau conseil municipal en début d’année et lui a proposé le projet d’embellissement de la 6e avenue conjointement avec le projet d’exposition. À partir de ce moment, tout s’est enchaîné rapidement jusqu’au vernissage de l’exposition, vendredi dernier.
L’exposition Riopelle à la Factrie 701, présentée jusqu’au 6 septembre, transporte les visiteurs dans une vaste période de création de Jean Paul Riopelle, soit entre 1969 et 1990. On y retrouve des techniques mixtes, des estampes, plusieurs fusains, ainsi que des sculptures de bronze.
“Ce qui distingue notre exposition, c’est qu’on met de l’avant des œuvres moins connues de Jean Paul Riopelle. On couvre une grande période et on sent très bien le geste de Riopelle à travers toutes ces époques. Il y a une musicalité et un rythme qui se sent bien aussi. La Factrie donne l’opportunité de faire cohabiter plusieurs périodes ensemble”, souligne Mme Julien-Myrand.
“Il y a des œuvres en techniques mixtes originales qui sont incroyables. Quelque chose de joyeux s’en dégage. Dans d’autres œuvres, on retrouve la faune et la nature bien présentes. On a également l’occasion de faire un clin d’œil aux dessins et aux fusains de Jean Paul Riopelle, ajoute-t-elle. On en voit rarement beaucoup exposés en un seul lieu. On souhaitait vraiment faire ce clin d’œil à la Factrie parce que la Factrie s’est bâtie avec des passionnés du dessin.”
L’exposition est complétée par un espace dédié à la Fondation Jean Paul Riopelle. On y en apprend davantage sur le projet de musée-atelier de la Fondation à l’Île-aux-Grues par le biais d’une maquette, de croquis et d’une projection vidéo. “On en découvre aussi sur Huguette Vachon, qui assure la pérennité et la diffusion des œuvres de Riopelle”, note Gallia Julien-Myrand.
Pour la Factrie 701, accueillir une exposition de cette ampleur est une étape marquante. “Considérant qu’on a presque abandonné le projet tellement ça faisait longtemps qu’on y travaillait, c’est avant tout un aboutissement pour toute l’équipe. Je pense qu’on pourrait dire que ça nous met un peu sur la carte également. On est devenu un OBNL il y a quatre ans. On n’avait jamais eu d’exposition de cette envergure encore, alors il faut tenir compte de beaucoup d’éléments. Pour ma part, c’était également l’occasion d’en apprendre plus sur le commissariat. On dirait qu’il y a quelque chose comme une porte qui va s’ouvrir un peu à autre chose”, témoigne Mme Julien-Myrand.
L’exposition est accessible gratuitement sur les heures d’ouverture de la galerie d’art, soit du mardi au dimanche de 10h à 16h. Des visites guidées sont aussi possibles.
Activités
Trois activités seront organisées cet été en marge de l’exposition des œuvres de Riopelle.
Le 14 juin à 16h, le violoncelliste Stéphane Tétreault proposera un spectacle à l’intérieur de l’univers de Riopelle à la Factrie 701.
Le 28 juillet, la Factrie présentera un atelier de médiation avec l’artiste Jacques Newashish de 13h à 16h. “Jean-Paul Riopelle allait souvent dans le nord et dans ses sculptures, on sent une influence nordique et autochtone”, fait remarquer Gallia Julien-Myrand.
Enfin, Huguette Vachon, la conjointe de Jean-Paul Riopelle avec qui il a partagé les 16 dernières années de sa vie, reviendra à la Factrie 701 pour présenter une conférence le 23 août à 16h.
À cela s’ajoute le parcours artistique inspiré de différentes époques de création de l’artiste qui se déploie sur l’avenue Grand-Mère, un projet d’embellissement auquel ont collaboré des artistes de l’atelier et galerie d’art, ainsi que des élèves de l’école Du Rocher.
“C’est un secteur plus défavorisé de la ville, mais je pense que les gens sont contents de voir qu’il se passe quelque chose et d’avoir accès à cet art. Les actions sont souvent centralisées à Shawinigan ou vers la Marina. Ça fait des années qu’on veut faire des projets comme le parcours artistique pour revitaliser le quartier”, conclut Gallia Julien-Myrand.
Jean Paul Riopelle
Décédé en 2002, Jean Paul Riopelle est considéré comme l’un des artistes canadiens les plus marquants du 20e siècle. C’est à l’École du meuble de Montréal qu’il rencontre le peintre Paul-Émile Borduas, une rencontre marquante pour Riopelle qui s’est ensuite joint aux Automatistes, un groupe d’artistes québécois, en plus d’être un des signataires du Refus global.
