Les ruines de la Belgo au cœur d’une exposition

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage
Les ruines de la Belgo au cœur d’une exposition
Le photographe Guy Lapointe devant les images de son exposition Ruines, dans le secteur Grand-Mère. (Photo : L'Hebdo - Bernard Lepage)

ARTS. Décidemment, les vestiges industriels de la Belgo sont une source intarissable d’inspiration pour les artistes.

Cette ­fois-ci, c’est le photographe ­Guy ­Lapointe qui est allé explorer les entrailles de l’ancien moulin à papier pour en rapporter dix images imprimées en grand format et exposées dans la cour extérieure de la ­Maison de la culture ­Francis-Brisson, dans le secteur ­Grand-Mère.

Le ­Shawiniganais a régulièrement visiter le site entre 2018 et 2021, juste avant que l’immense mur qui longeait la route 153 ne soit démoli et avant que les graffiteurs ne prennent possession des lieux. «  C’était un terrain de jeux pour moi. Je voulais conserver une trace de ce passé industriel qui agonisait, raconte ­Guy ­Lapointe.

Le plus difficile pour le photographe a été de choisir par les centaines de photos prises au cours de ses excursions. Ruines, le titre de l’exposition est le fil conducteur qui relie les dix images sélectionnées. Un casier d’ouvrier à la peinture écaillée, une cage d’escalier abandonnée, une immense pompe rouillée.

  »Ce qui me fascine dans ces lieux, c’est que malgré le silence quand tu te promènes aujourd’hui, tu sens encore la présence des ouvriers et des machines » , confie celui dont le père, le ­grand-père et de nombreux oncles ont travaillé dans ces usines de la grande époque industrielle de ­Shawinigan.

­Lui-même a travaillé deux ans dans les milieux 1980 à l’usine ­BF ­Goodrich, là où trône aujourd’hui l’amphithéâtre municipal. Guy ­Lapointe était déjà dans le temps fasciné par les décors industriels et, avec l’autorisation de la direction, a pu photographier l’intérieur des vieux bâtiments sous toutes leurs coutures.

Même chose avec l’ancienne usine ­Carbure, sur la rue de la ­Transmission, qu’il a visitée incognito à plusieurs reprises alors qu’elle n’était plus en exploitation et avant qu’elle ne soit démolie. D’ailleurs, l’une de ses photos prises lors de ces excursions fait partie aujourd’hui de la collection du ­Musée national des ­beaux-arts du ­Québec.  »J’aime les images qui rappellent la présence de l’homme sans qu’il n’y soit comme une paire de gants abandonnée, des crochets pour les manteaux aux murs. » 

Avec sa banque d’images des ruines de la ­Belgo et les milliers de photos des anciennes usines de ­Shawinigan maintenant disparu, ­Guy ­Lapointe mijote maintenant la publication d’un livre où il évoquerait ce passé industriel qui a fait vivre des centaines et des centaines de familles ouvrières à ­Shawinigan et qui est désormais à toute fin disparue.

L’exposition ­Ruines dans la cour extérieure de la ­Maison de la culture ­Francis-Brisson peut être vue jusqu’au 23 octobre inclusivement.

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