Un projet collectif pour embellir l’avenue de Grand-Mère

SHAWINIGAN. L’avenue de Grand-Mère s’est transformée en galerie à ciel ouvert jeudi, alors que la Factrie 701 inaugurait un projet d’embellissement inspiré de l’œuvre de Jean-Paul Riopelle. L’initiative, réalisée avec les élèves de l’école secondaire du Rocher et financée par la Ville de Shawinigan, s’inscrit dans une vaste démarche culturelle et de revitalisation du secteur.

Le projet comprend un parcours artistique aménagé sur la 6e Avenue, où des œuvres inspirées du style de Jean-Paul Riopelle recouvrent désormais plusieurs placardages de bâtiments vacants. L’inauguration a aussi servi à annoncer l’exposition estivale “Riopelle à la Factrie 701”, qui présentera 22 œuvres de l’artiste tout au long de l’été.

“On veut revitaliser le secteur. On est dans un secteur dans le besoin. On a besoin de développer une meilleure cohésion sociale et un sentiment d’appartenance”, a expliqué la directrice générale et porte-parole de la Factrie 701, Gallia Julien-Myrand.

Selon elle, le projet est né d’une rencontre avec Huguette Vachon, dernière conjointe de Jean-Paul Riopelle, à la suite d’une conférence présentée à la Factrie 701. “Elle a eu un coup de cœur pour la Factrie”, a-t-elle souligné. Mme Vachon a notamment offert une œuvre originale grand format évaluée à 35 000 $ ainsi qu’une autre œuvre destinée à une levée de fonds.

En parallèle de l’exposition, un volet de médiation culturelle sera offert à différentes clientèles, dont des jeunes, des aînés et des membres du Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières.

Le maire de Shawinigan, Yves Lévesque, estime que le projet permettra de bonifier l’image du secteur tout en attirant des visiteurs.

“On va attirer des gens de l’extérieur pour venir voir l’exposition et on veut que, lorsqu’ils prennent cette rue-là, ils disent : “C’est donc bien beau””, a-t-il déclaré. Le maire a ajouté que la culture représente” un moteur de développement économique ” pour la ville.

Le projet a mobilisé une dizaine d’artistes de la Factrie 701 ainsi que 27 élèves de la concentration beaux-arts de l’école secondaire du Rocher. Pour l’enseignante Cynthia Boissel, cette collaboration représentait une occasion rare pour les jeunes artistes.

“Ça fait trois ans qu’on essaie d’embarquer dans le projet”, a-t-elle raconté, précisant que plusieurs tentatives précédentes n’avaient pas abouti avant cette année.

Les élèves rencontrés sur place ont décrit une expérience marquante. “C’est un projet qu’on fait juste une fois dans notre vie”, a affirmé Angélique Sigouin, élève de secondaire 2.

Même constat du côté de Catherine Charrette. “Ça redonne beaucoup de vie à la rue de Grand-Mère qui avait un peu perdu son histoire. En même temps c’est cool de pouvoir voir nos œuvres et de pouvoir les montrer à notre famille”

Laurence Saint-Hilaire a pour sa part souligné l’aspect expérimental du projet. “C’est le fun de pouvoir expérimenter des nouvelles formes d’art. On a apprecié les touches finales, voir le résultat final, pouvoir prendre du recul avec toute l’équipe et juste voir le résultat de notre travail”, a-t-elle mentionné.

Salomé Thiffeault retient surtout les apprentissages réalisés pendant la création des œuvres. ” On a appris plusieurs trucs et la technique d’utiliser des objets du quotidien pour créer des mouvements. Ça nous a fait découvrir un artiste et on a essayé d’apprécier en canettes, ce qu’on n’avait jamais fait avant pour la plupart d’entre nous”, a-t-il expliqué.

Par ailleurs, Catherine Charrette a évoqué le caractère imprévisible du processus créatif inspiré de Riopelle. “Il fallait faire confiance au processus. On ne savait pas comment ça allait finir”, a-t-elle résumé.

Heureuse d’avoir été choisie, ainsi que ses élèves, pour participer à ce projet, l’enseignante a rappelé l’importance et la portée de l’initiative. “Ce projet sort du cadre. On est même sortis de l’école parce qu’on ne pouvait pas faire ça à l’intérieur. C’est un projet que j’essayais de leur expliquer : “Riopelle à Grand-Mère”, ça ne reviendra pas mille fois. Vous allez être la seule cohorte avec qui je vais vivre ça.” Ça demande beaucoup de gestion et de temps, mais on avait des élèves qui étaient là pour collaborer et j’avais de super collègues pour m’aider”, conclut Cynthia Boissel, fière du résultat.

Le circuit artistique sera complété dans les prochaines semaines avec l’ajout de pochoirs sur les trottoirs afin d’orienter les visiteurs vers la Factrie 701 et l’exposition estivale consacrée à Riopelle.