Découvrir la Mauricie par son garde-manger forestier

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Par Bernard Lepage
Découvrir la Mauricie par son garde-manger forestier
Stéphane Lamanna propose à sa clientèle de cultiver leurs propres champignons en inocculant du mycelium sur une souche ou comme ici avec des pleurotes poussant dans un sac rempli de ripes de bois (Photo : Courtoisie)

MAURICIE. Propulsée par l’enthousiasme de passionnés qui s’y adonnent depuis parfois plus de 20 ans, la cueillette des champignons forestiers connaît un essor sans précédent en Mauricie.

Après que quelques maîtres brasseurs et chefs cuisiniers de la région les eurent incorporés dans leurs recettes, voilà maintenant que c’est le grand public qui prend le chemin des forêts pour y cueillir les morilles, matsutakes, shiitakes, chanterelles et compagnie.

«Durant longtemps dans la culture québécoise, il ne fallait pas toucher aux champignons sauvages parce que c’était dangereux. La mentalité est en train de changer», s’encourage Stéphane Lamanna, guide et cueilleur professionnel qui a son propre boisé à Grandes-Piles.

Cela se vérifie par la progression des activités mycotouristiques en Mauricie qui sont passées de huit en 2013, lors de leur lancement, à 88 qui sont programmées cette année.

Le saviez-vous?

La microbrasserie Le Presbytère à Saint-Stanislas a développé une bière faite à base d’un lactaire à odeur d’érable qu’on retrouve dans nos forêts mauriciennes.

En 2018, ce sont plus de 2500 participants qui se sont inscrits à l’une ou l’autre des 55 sorties qui avaient été organisées aux quatre coins de la région.

Même des touristes de l’extérieur sont intrigués par cette effervescence. L’automne dernier, Lorraine Hallé était montée à bord d’un train Via-Rail en provenance de Montréal. Durant le trajet les emmenant en Haute-Mauricie pour s’initier au mycotourisme, la propriétaire de Les Champignons du Lac-Édouard a offert un aperçu du programme qui les attendait lors des deux jours suivants.

Cette popularité ne doit cependant pas faire oublier que cette activité en  demeure une devant être encadrée par des professionnels tant qu’on n’a pas accumulé un certain bagage de connaissances. «Certains champignons ont des sosies, poursuit le Shawiniganais.  Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais l’un est comestible et l’autre causera un empoisonnement ou sinon pire.»

Une saison en trois temps

La saison de la cueillette des champignons se décline en trois temps. Il y a d’abord le printemps  où, jusqu’à la fin du mois de mai, la vedette incontestée demeure la morille qui se développe sous les pins gris. Après une pause en juin et début juillet, les cueilleurs repartent en forêt pour la saison estivale. Lors d’un été pluvieux – les champignons aiment l’humidité et la chaude température – les bolets, russules et amanites viendront rehausser vos plats. Puis à l’automne, c’est la haute saison qui s’installe jusqu’au premier gel en octobre avec les lactaires, cortinaires et tricholomes.

«Avec le temps, on découvre que les champignons ont différentes saveurs, explique Stéphane Lamanna. Certains vont goûter les noisettes, les fleurs, le sirop d’érable, le bois, la terre.» L’activité est aussi une bonne occasion pour parfaire ses connaissances des essences d’arbres, car selon le type de champignon recherché, on explorera des forêts de feuillus (chênes, hêtres et caryers) durant l’été ou de conifères (épinettes et pins) à l’automne.

«La Mauricie est en avance sur les autres régions dans le mycotourisme car nous avons commencé au milieu des années 1990 au moment de la crise forestière alors que les producteurs cherchaient de nouveaux débouchés. Nous avons une forêt mixte qui favorise l’abondance et la diversité des types de champignons», termine le propriétaire de La Manne à Menoum.

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Les bonnes adresses

  • Les Champignons du Lac-Édouard (Terroirs: La Tuque et Haute-Mauricie / 819 653-2052);
  • Pignons sur bois (Terroir: Maskinongé / 1 800 789-5968);
  • La Manne à Menoum (Terroir: Grandes-Piles / 819 609-9931)
  • L’Empreinte Jardin-Forêt (Terroirs: Shawinigan, Maskinongé et Trois-Rivières / 819 690-0137)
  • Conscience Nature (Terroir: Batiscan / 581 777-4360)
  • VitaForêt (Terroir: Maskinongé / 514 914-8733)
  • Au Jardin des noix (Terroirs: Shawinigan, Maskinongé et Trois-Rivières / 450 753-9333)
  • Druide Sylvestre (Terroirs: Shawinigan, Maskinongé, Trois-Rivières et Batiscan / 819 840-9111)
  • http://fr.mycomauricie.com/

 

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