Des pertes de centaines milliers de dollars pour l’organisation

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Par Patrick Vaillancourt
Des pertes de centaines milliers de dollars pour l’organisation
Le directeur général du FWST Pascal Lafrenière. (Photo : l'Hebdo Patrick Vaillancourt)

ENTRETIEN. La pandémie a éclaté en mars dernier au Québec, et dès la mi-avril, la direction du Festival western de St-Tite (FWST) avait annulé la présentation de l’événement 2020 comme les rassemblement n’étaient pas permis jusqu’à la fin août. Comment l’organisation a-t-elle vécu cette année rocambolesque? L’Hebdo s’est entretenu avec le directeur général Pascal Lafrenière.

Dès que l’événement a été annulé, l’équipe a voulu travailler sur une programmation virtuelle. «On voulait garder le lien avec nos festivaliers, nos bénévoles et nos citoyens, commente M. Lafrenière. Cette programmation nous permet de toucher aux rodéos, aux spectacles et à la danse. On a aussi profité de cette période pendant l’été pour revoir un paquet de politiques administratives qu’on a.»

Question de ne pas être pris au dépourvu, le FWST travaille déjà sur l’édition 2021. 2On ne sait pas ce que sera la pandémie l’an prochain et où on sera rendu, mais on veut être en avant de la parade, poursuit le directeur général. Les gens de l’événementiel sont créatifs et sont habitués de se revirer de bord, alors on va en faire la preuve encore. Ça pourra nous emmener à sortir du cadre, et à voir autrement que pendant les 10 jours du festival. Qu’est-ce qu’on peut faire de plus pour mettre à profit nos talents, nos forces, nos connaissances et nos installations? Il est raisonnable de croire qu’en 2021 il y aura encore des mesures restrictives. On ne les connaît pas, on peut juste présumer. On planche pour faire différent pour l’an prochain.»

«On est comme un cow-boy qui a fait une chute de sa monture, il se relève toujours, alors on va se relever.» -Pascal Lafrenière

La direction du FWST croyait pouvoir tenir l’événement dans des circonstances différentes, mais a dû se rendre à l’évidence. «En quoi la situation des grands rassemblements pouvait-elle changer du 31 août au 10 septembre? Et plus on retardait notre décision, plus on engageait des frais budgétaires. Aussi, notre déploiement en ville pour mettre en place les décors et tout ce qui entoure le festival, ça prend deux mois et demi minimum. On a des engagements auprès des fournisseurs, des artistes. On a pris la décision au meilleur de nos connaissances à ce moment-là. Aussi, il n’y avait pas d’autres événements au Québec, donc pas de rodéos. On est habitué de présenter du très gros calibre de rodéos. Les participants n’auraient pas pu «rider» de l’été, les animaux n’auraient pas sorti de l’été… De quoi ça aura l’air comme spectacle et comme performance? On a pris compte de cette situation aussi.»

Des discussions entre organisateurs d’événements

Tout comme le FWST, le fameux Stampede de Calgary a été annulé, mais pas certains rodéos en Oklahoma aux États-Unis. Le directeur général affirme que la gestion de la pandémie a été fort différente chez nos voisins du sud.

Toutefois, il a été en contact avec d’autres directions de grands événements du Québec comme le Festivoix, le Festival d’été de Québec, ou le Festival de montgolfières de Gatineau. «On a communiqué entre nous. J’ai même parlé avec Eugène Lapierre de Tennis Canada. On voulait savoir comment les organisateurs de grands événements géraient la situation de leur côté, quelles sont les craintes, comment l’aborder avec la clientèle et les médias, des employés… On a eu un bel échange d’information et de communication entre nous.»

Un budget annuel touché

Sans dévoiler le chiffre exact, le directeur général du FWST indique que l’organisation doit essuyer des pertes financières de plusieurs centaines de milliers de dollars pour l’année 2020. «Au moment de prendre notre décision, on avait déjà 7/12 de l’année financière de réalisé donc plus de la moitié de notre année financière. Alors une partie de nos frais étaient déjà engagés. On s’est réajusté par la suite, mais on devra assumer ces pertes. On n’a pas vendu de billets, on ne vend pas de bières, on ne vend pas d’étoiles. On a eu des commanditaires qui nous ont aidés, mais au lieu de gérer un surplus on doit gérer un déficit. Comparativement à d’autres grands événements au Québec, on est propriétaire de plusieurs installations à Saint-Tite comme les Grandes estrades, nos bureaux, les écuries, les ateliers de travail, des entrepôts, alors il faut payer les taxes et les assurances. Notre réalité financière est différente.»

Le budget d’exploitation du FWST est de 9 M$ annuellement. «C’est certain qu’un déficit de plusieurs centaines de milliers de dollars, ça paraît, mais on avait pu mettre de l’argent de côté au fil des années pour nos projets de développement. On prend cet argent-là pour notre relance, parce qu’il faut travailler sur 2021, même si on ne sait pas ce que sera la situation. Il faudra être créatif pour trouver des pistes de solution et se réinventer.»

M. Lafrenière a voulu utiliser cette image pour illustrer la situation. «On est comme un cow-boy qui a fait une chute de sa monture, il se relève toujours, alors on va se relever.»

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