Des temps difficiles attendent les pêcheurs

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Par Bernard Lepage
Des temps difficiles attendent les pêcheurs
C'est en 2001 que l'ensemencement des rivières Shawinigan et Saint-Maurice a débuté. (Photo : Courtoisie Jacques Pleau)

NATURE. Le Programme de soutien à l’ensemencement du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) mis sur la glace en 2020 et 2021 en raison de la pandémie, les truites déjà présentes dans la petite rivière Shawinigan et la rivière Saint-Maurice bouderont les pêcheurs locaux…

C’est en tout cas la prédiction de Robert de la Chevrotière, président de Vision Saint-Maurice, l’organisme responsable d’ensemencer les deux cours d’eau. «Le principe de l’ensemencement, c’est d’ajouter des poissons pour que la nourriture dans un lac ou une rivière ne suffise plus à la population en place. C’est seulement à partir de là que ça commence à mordre», explique M. de la Chevrotière qui a mené des démarches auprès du ministère afin qu’il autorise de nouveau l’opération, mais sans succès.

À chaque printemps depuis 2001, entre 12 000 et 15 000 truites étaient ajoutées dans les deux cours d’eau. «On ensemençait un petit nombre de truites brunes en mesure de se reproduire pour les pêcheurs à la mouche et une plus grande quantité de truites arc-en-ciel stériles pour les pêcheurs à trole. Comme elles ne se reproduisent pas et qu’il ne s’en est pas ajouté depuis deux ans, elles ont suffisamment à manger dans la rivière pour pouvoir se passer des vers sur les hameçons», déclare le président de Vision Saint-Maurice.

Habituellement, l’organisme sollicite les municipalités de Saint-Mathieu-du-Parc et la Ville de Shawinigan pour un montant d’argent, somme que le MFFP doublait et qui permettait d’acheter des truites chez les pisciculteurs. «Si Saint-Mathieu me donne 1500$ et que Shawinigan m’accorde 3500$, je me ramasse avec 15 000$ avec la subvention du ministère. À 2,50$ la truite, je peux alors en ajouter 6000 dans la rivière. C’est ce surplus de poissons qui fait que ça mord», résume Robert de la Chevrotière.

La majorité des truites est ensemencée en six endroits de la petite rivière Shawinigan, à partir du pont couvert de Saint-Mathieu-du-Parc jusqu’au pont Drew à Shawinigan, une longueur de 17 kilomètres.

«On s’en gardait une quantité pour ensemencer la rivière Saint-Maurice sur le boulevard en prévision de la Fête de la pêche qui se tient toujours le 1er weekend de juin alors qu’on peut pêcher sans permis. On les mettait à l’eau le vendredi soir et le samedi matin pour que les gens puissent les attraper. Les truites qui ne sont pas prises s’en vont par la suite jusqu’au bassin près du barrage La Gabelle, un habitat naturel qui leur convient mieux», explique celui que plusieurs connaissent à titre de directeur des élections dans l’ancien comté de Laviolette.

Selon Robert de la Chevrotière, dans l’hypothèse que l’ensemencement puisse reprendre en 2022, il faudra environ quatre à cinq ans avant de retrouver la qualité de pêche d’avant 2020.

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