Elmec fabriquera ses tracteurs intelligents à Trois-Rivières

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Par Bernard Lepage
Elmec fabriquera ses tracteurs intelligents à Trois-Rivières
L'ingénieur en chef Samuel Pittet et le propriétaire d'Elmec, Jean-Marc Pittet, présentant la première version du robot Érion. (Photo : L'Hebdo - Bernard Lepage)

INVESTISSEMENT. Le tracteur électrique, autonome et intelligent développé par l’entreprise Elmec vient de franchir une nouvelle étape de son évolution, mais c’est à Trois-Rivières que celle-ci se poursuivra.

Depuis 2017, Jean-Marc Pittet développait son prototype avec une équipe de l’Institut du véhicule innovant (IVI) à Saint-Jérôme, mais depuis ce printemps, le destin de son tracteur baptisé Érion est désormais entre ses mains.

Grâce à un investissement de 8,6 millions$, dont une subvention de 4,1 millions$ provenant du ministère de l’Économie et de l’Innovation, Elmec fabriquera d’ici l’été 2021 quatre nouveaux robots et une station de recharge de 1,2 mégawatt. «Dans une seconde phase, on développera toutle volet de l’intelligence artificielle (IA) du projet. J’airecruté quatre ingénieurs et d’autres embauches sont à venir», explique l’entrepreneur rencontré à Trois-Rivières à l’ancienne usine Wabasso où il s’est installéprovisoirement en attendant de construire une nouvelle usine.

Cet été, Érion a été testé dans les champs d’Alphonse Pittet à Saint-Tite. «Nous n’avons cependant pas pu y aller autant qu’on voulait à cause de laCOVID, explique Samuel Pittet, ingénieur en chef du projet. On a cependant pu valider sa puissance», poursuit le fils d’Alphonse et neveu de Jean-Marc. Le robot par exemple était en mesure de tirer un Dodge RAM 2500 dont les freins étaient appliqués.

Avec une station de stockage d’énergie de 1,2 mégawatt, Jean-Marc Pittet estimait au départ que quatre robots seraient en mesure de ratisser un champ de 47 hectares en 24 heures. Les expériences menées à Saint-Tite ont permis de constater que l’autonomie sera plutôt de deux fois et demiesupérieures.

L’objectif est donc dans les prochains mois de fabriquer quatre nouvelles versions du robot afin de les envoyer dans les champs de façon intensive à l’été 2021. «À partir de là, l’idée serade tester, tester, tester afin qu’on puisse récolter le maximum de données», soutient Samuel Pittet. Ces informations sont essentielles afin de doter les robots de l’IA qui leur permettra de se coordonner l’un à l’autre lorsqu’ils seront au travail.

Des robots polyvalents

Dans sa première version du projet, Jean-Marc Pittet voulait créer un robot sarcleur pour enlever les mauvaises herbes. Érion est maintenant devenu polyvalent, c’est-à-dire qu’il devient un véhicule sur lequel on greffe différents outils selon la tâche qu’on lui assigne. «On pourrait par exemple installer des caméras pour aller détecter des maladies ou des insectes nuisibles sur les plantes», relate l’entrepreneur d’origine suisse.

Jean-Marc Pittet dit recevoir déjà beaucoup de demandes de producteurs désireux de connaître l’avancement du projet. «Plus que jamais, surtout avec la COVID, il y a un enjeu de rareté de main-d’œuvre dans l’industrie agricole et je pense qu’on leur apporte une solution qu’ils vont adopter.»

Et comme il l’avait confié à L’Hebdo en avril 2019, c’est à Trois-Rivières qu’Érion et Elmec poursuivront leur destinée. «J’ai pris ma décision et je ne reviendrai jamais là-dessus. Je vais y construire une usine à mon goût, autonome en énergie avec des panneaux solaires. Je veux qu’elle soit efficace et bien positionnée. Je vais rapatrier toute ma production de bornes de recharges électriques présentement à Shawinigan. On a eu une belle ouverture de l’équipe de développement économique de Trois-Rivières», termine celui qui entretientdepuis longtemps des liens houleux avec l’administration municipale à Shawinigan.

 

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