État du marché du travail: la Mauricie remonte la pente

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Par Marie-Eve B. Alarie
État du marché du travail: la Mauricie remonte la pente
(Photo : archives)

EMPLOI. La Mauricie se relève tranquillement des impacts de la pandémie. La région est revenue à 91,1% du taux d’emploi prépandémie.

«Il y a eu une reprise des activités dans les PME. La reprise est assez vigoureuse, mais il faut être prudent. Dans beaucoup de PME de la région, le niveau d’opération n’est pas celui d’avant et le nombre d’heures de travail n’est pas nécessairement le même non plus, prévient Jean Boulet, député de Trois-Rivières et ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Il y a eu beaucoup de retours au travail à temps partiel, en particulier en juillet. On remarque cependant qu’en août, il y avait plus de retours à temps plei01n.»

D’ailleurs, 39% des emplois de la région nécessitent une proximité civique, sans que le télétravail soit possible.

«Cela augmente le risque aux expositions à la COVID-19. Ça montre l’importance de respecter les normes sanitaires, insiste M. Boulet. Il y a 26 guides de la CNESST pour les différents secteurs d’emplois. Ça démontre qu’il est important d’être discipliné. Avec la situation épidémiologique actuelle, c’est fondamental. Il ne faut pas relâcher les efforts.»

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale confie aussi avoir reçu 18 avis de licenciement collectif en Mauricie. Cela représente 3,3% des 540 avis provenant des quatre coins du Québec qu’il a reçus dans les derniers mois. Les avis de licenciement collectif concernaient notamment le secteur de l’hôtellerie (90 licenciements à l’auberge Sacacomie et 95 à l’hôtel Delta de Trois-Rivières), dans le secteur manufacturier (35 chez Fab 3R et 306 dans les cinq usines de Canadel) et dans le secteur de la restauration (32 licenciements chez Sodexo).

«Je vais m’assurer de faire les suivis et aider les chômeurs pandémiques. Ils seront redirigés vers la formation au besoin», note-t-il.

Le ministre Boulet surveille de près plusieurs enjeux régionaux, dont la reprise incertaine de l’exportation manufacturière et l’importante concentration de prestataires de l’assurance-emploi à Trois-Rivières.

«La situation met en relief l’importance du rehaussement des compétences, de la formation et de la requalification pour offrir la possibilité aux gens de réintégrer le marché du travail le plus rapidement possible. Le contexte démographique est aussi à considérer. La population vieillit, il y a beaucoup de départs à la retraite. Ça accentue le contexte de pénurie de main-d’œuvre», explique-t-il.

«Avant la pandémie, quand je parlais de bassins de main-d’œuvre sous-représentés, on y retrouvait les travailleurs expérimentés. Notre taux de travailleurs expérimentés de 60 à 69 ans est nettement inférieur à celui de l’Ontario. Je vais remettre l’accent sur ce volet», ajoute-t-il.

Le ministre Boulet souhaite également que la reprise économique soit inclusive à l’égard des femmes, «plus affectées par le télétravail et plus sujettes à avoir fait du temps supplémentaire non rémunéré parce qu’elles combinaient tout».

«Il faut aussi intéresser davantage les femmes à intégrer des secteurs à prépondérance masculine. Plus on va automatiser les entreprises, plus ce sera positif pour l’attraction des femmes», précise M. Boulet.

En août, le taux de chômage s’élevait à 8% en Mauricie.

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