Faudrait-il apprendre à dire « Merci » à nos bénévoles ?

Lettre ouverte| Mathieu Gélinas, directeur du CAB Trait d'Union
Faudrait-il apprendre à dire « Merci » à nos bénévoles ?

L’invincibilité de l’invisibilité

Dire « Merci » est si simple et pourtant, on oublie de le faire. Je ne pense pas que l’omission est volontaire, mais elle est le reflet d’une société qui ne se connaît pas ou qui ne s’arrête pas. Le début de la pandémie nous a fait miroiter un changement de culture. Le « Nous » existait, le collectif semblait refaire surface. Mais très vite, ce mirage a disparu, la vie a repris son cours et l’élan collectif n’a jamais su prendre son envol maximal.

On a vite idéalisé des corps de métier par lesquels on allait combattre ce virus. Ces héros de la santé étaient devenus importants, nous leur avons confié la finalité sans vraiment devoir nous engager.

Cependant, on a oublié tout un pan de l’équation. L’équilibre du tissu social ne pouvait pas reposer uniquement sur ces gens. L’armée de bénévoles du milieu communautaire était là, dès le début, à tenter de calmer les hémorragies des impacts sociaux.

Avec peu de ressources et de reconnaissance, ils ont agi avec conviction. Malgré les avis de la Santé publique, il était hors de question pour plusieurs bénévoles âgés de quitter le combat.

Imaginons un instant l’absence de ces citoyens, invisibles pour plusieurs, mais ayant des impacts pourtant plus que tangibles. Leur dévouement, en Mauricie seulement, se chiffre à 193,5 millions de dollars en retombées économiques directes. Et cela ne prend même pas en compte les effets positifs de leurs actions. Sans vouloir comparer, on voit souvent les tapis rouges se déployer pour moins que ça. Les vrais acteurs de changement, finalement, ne serait-ce pas ces citoyens engagés pour une communauté plus équitable et plus heureuse ?

En cette semaine de l’action bénévole, on doit se rappeler de dire « Merci ! ». Un simple merci à nos bénévoles.

J’invite le « Nous » à reconnaître sincèrement l’importance de l’action bénévole, de la soutenir, de l’encourager, mais surtout de l’aimer.

Si j’étais un élu d’une municipalité, je m’empresserais de définir une politique de reconnaissance bénévole riche de sens et accompagnée d’un budget pour créer de belles occasions de dire « Merci ». Je sensibiliserais les employés municipaux à faciliter les démarches des bénévoles dans leurs actions. Je mettrais de côté les formulaires trop compliqués.

Si j’étais un chef d’entreprise, je soulignerais l’implication de mes employés engagés. Pourquoi ne pas ajouter une journée bonus au contrat de travail de mes employés qui font du bénévolat?

Si j’étais un dirigeant d’un CIUSSS, je m’engagerais personnellement à écouter et respecter tous les bénévoles qui gravitent autour des services en santé.

Si j’étais un parent dont son enfant jouait au soccer, je ne manquerais pas une occasion de souligner le travail exceptionnel de l’entraîneur.

Si j’étais humain, je serais simplement reconnaissant du travail de ces milliers de bénévoles qui constituent le coeur et l’âme de notre société.

L’humain est une richesse qu’il faut apprendre à cultiver.

Cette année, le terme héros est très tendance, mais on va se le dire, le bénévolat a toujours démontré son caractère d’invincibilité depuis des siècles.

Au nom du Centre d’action bénévole Trait d’Union, je tenais à dire « Merci » à toutes ces personnes qui s’investissent pour nous tous !

 

Mathieu Gélinas

Directeur général, Centre d’action bénévole Trait d’Union

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