Immobilier: la reprise est amorcée

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
Immobilier: la reprise est amorcée

Hassan Chellah, comme ses collègues agents immobiliers, a vu sa façon de faire son travail changé. L’habituelle poignée de main du président de la Chambre immobilière de la Mauricie a été remplacée par une salutation de la tête, mais le contact humain reste important et les résultats sont de plus en plus au rendez-vous.

@R:«Avec les mesures sanitaires, ce n’est évidemment pas pareil. Avant, le premier contact avec le client était de se donner la main. Souvent, travailler avec un agent immobilier, c’est une question de confiance. La prestance, ça fait partie de notre métier. Il y a comme un petit malaise à la première approche. Également, lors des visites, on ouvre grand les portes vers l’extérieur. On s’assure que l’on ne touche à rien. Mais au moins, on peut faire faire des visites», explique le président de la Chambre immobilière de la Mauricie, une organisation fondée en 1962 qui compte près de 180 courtiers.

«On n’a pas le choix, lors des visites, on ne peut pas rien toucher. Pour les armoires, j’ai mon produit désinfectant quand je prends la poignée. Les visiteurs sont limités à deux. Le vendeur n’est pas dans la maison. Mais on s’adapte, ça se fait très bien. Ça ne nous freine pas. Les acheteurs ne sont pas réticents. Les gens comprennent»

– Serge Laroche

«Il y a beaucoup d’acheteurs en ce moment, mais on a une problématique au niveau des inventaires. Les gens qui cherchent ont moins de choix. Il y a une incertitude liée à la COVID-19 qui freine la décision de mettre en vente sa maison. Pour les gens plus âgés, dans l’éventualité d’une deuxième vague, on préfère rester dans sa maison plutôt que d’aller en condo, en appartement ou en résidence», ajoute-t-il en précisant que malgré l’arrêt ou presque de deux mois dans l’immobilier, peu de courtiers ont quitté le métier.

«On est habitué de ne pas avoir de salaire régulier. On est payé seulement au résultat et actuellement tous les courtiers sont dans le jus», indique Hassan Chellah.

Ce à quoi acquiesce Alain Croteau. Présent dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, mais aussi dans le grand Trois-Rivières, le courtier qui compte 13 ans de métier voit une belle embellie. «Là, ça reprend. Cette semaine je sens vraiment une reprise de mon côté. C’est encourageant.d»

Le constat est le même du côté de Linda Boulard, une agente immobilière particulièrement présente dans Maskinongé. «Ça va super bien. Je ne peux pas demander mieux. Il y a beaucoup de ventes, mais moins d’inscriptions. C’est normal, les gens sont en attente. On a eu deux mois où c’était mort. On en revient. Il n’y a pas de recette miracle. Il faut travailler», dit-elle tout en détermination en précisant que les acheteurs veulent de l’espace. «J’avais un chalet à vendre à Saint-Paulin loin de tout. J’en aurais eu 25 à vendre, je les aurais tous vendus. Les gens cherchent à se pousser dans le bois, loin des voisins et avoir la paix. Ils sont tannés de tout ça», rapporte-t-elle.

Cette forme de retour à la terre ou du moins d’exode vers des milieux de vie moins densément peuplés fait résonner le téléphone de Stéphanie Bilodeau qui est active tant à Trois-Rivières qu’au Centre-du-Québec. «Mon achalandage des derniers jours va vers le haut. J’ai beaucoup de gens de Montréal qui font des démarches pour s’établir dans le coin», relate-t-elle.

Et les acquisitions peuvent se faire rapidement confirme Serge Laroche, agent immobilier depuis 2003, entre autres, à Shawinigan, Grand-Mère, Notre-Dame-du-Mont-Carmel et Saint-Tite. Au moment de l’entrevue, il venait de signer un contrat pour la vente d’une maison et déjà des acheteurs se montraient intéressés. «Les propriétés se vendent vite et dans toutes les gammes de prix. Ça roule et tant mieux», rapporte-t-il confiant dans l’avenir.

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