«Je n’ai plus peur de la mort!»

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Par Patrick Vaillancourt
«Je n’ai plus peur de la mort!»
Trois colombes ont été lancées lors de l'activité de commémoration. (Photo : courtoisie Guy Lapointe)

PARTAGE. Le dicton dit qu’il existe une seule justice sur terre, et c’est la mort. Pour plusieurs personnes, la mort fait peur et on ne veut pas y penser. Quand on doit composer avec la mort, les émotions divergent. On ne sait jamais comment on pourra réagir, c’est lorsqu’on le vit qu’on l’affronte. Toutefois, l’entourage, l’amour et la dignité peuvent faire toute une différence. C’est ce qu’ont partagé deux personnes qui ont vu un de leur membre de leur famille finir leur jour à la Maison Aline-Chrétien.

Au cours de la journée de mardi dernier, la direction de la Maison Aline-Chrétien qui est gérée par la Corporation des Trois Colombes a réalisé un bilan de la première année d’existence.

Ce n’est pas tant le bilan qui a retenu l’attention que les témoignages émotifs de deux personnes qui ont vu un de leur proche partir.

Martin Gélinas s’est livré avec émotion de la façon dont son père Marc a été traité à la Maison Aline-Chrétien. «Ce qui se passe ici, il faut que ça se sache. Mon père est mort avec une philosophie que la mort n’est pas une fin. C’est le début d’un commencement d’une autre chose. Mon père est mort dans la sérénité. Il m’a appris beaucoup de choses dans la vie, mais son dernier enseignement a été de me montrer à mourir dignement. Il m’a aidé à apprivoiser la mort. J’avais peur de la mort, mais aujourd’hui je n’ai plus peur de la mort! Juste lui, ce n’était pas suffisant, mais il y avait le contexte de la Maison Aline-Chrétien. J’ai vu des gens dédiés et des gens de cœur ici. Les employés et les bénévoles ont fait le choix de donner à la Maison Aline-Chrétien, parce que ça leur apporte beaucoup. Les personnes qui terminent leurs jours ici reçoivent beaucoup d’amour et beaucoup d’écoute. On a l’impression que le personnel est le prolongement de notre famille. Les gens sont là pendant, mais ils sont là après aussi. C’est une expérience humaine exceptionnelle! La mort, c’est tabou, on n’aime pas parler de la mort. Il faut que les gens sachent que cette maison est accessible pour tout le monde. Le contexte aide beaucoup à vivre le deuil.»

Sur la photo, on aperçoit le directeur général de la Maison Aline-Chrétien Yves Arseneault, en compagnie des deux personnes ayant effectué un témoignage, Martin Gélinas et Francine Perron. On voit l’arbre symbolique qui a été planté devant la maison lors de l’activité du 15 juin dernier.

De son côté, Francine Perron a vu son frère Claude séjourner à la Maison Aline-Chrétien pas une fois, mais bien à deux reprises, ce qui est exceptionnel.

«Mon frère Claude est décédé ici il y a cinq mois à l’âge de 65 ans. Quand mon frère a déménagé de l’hôpital pour la Maison Aline-Chrétien, on a vu tout un changement. Pas tant dans les soins, que dans l’esprit de la maison. Les soins sont axés sur les besoins de la personne, dans tout ce qu’elle est. À un point tel qu’il a remonté la pente, et qu’il est retourné chez lui. Lorsque sa condition s’est détériorée de nouveau, il voulait retourner à la maison, pas à l’hôpital. Il était heureux de revenir à LA maison et retrouver tout son monde. Pour la famille, la Maison Aline-Chrétien fait toute une différence. Quand Claude était à l’hôpital, on disait on va voir Claude. Alors que quand on venait ici, on disait on va chez Claude. Ça en dit long sur l’aspect famille de la Maison et des liens qui s’y sont créés.»

Activité commémorative

Un événement bien spécial s’est déroulé le 15 juin dernier alors que plus de 200 personnes se sont déplacées à la maison pour une activité commémorative. Il était essentiel pour la direction de la Maison Aline-Chrétien de réunir les familles des personnes décédées afin de leur donner la possibilité de réaliser un dernier au revoir.

«Les résidents sont parmi nous pendant plusieurs jours, voire quelques semaines. Des liens se tissent entre les membres des familles, le personnel soignant et les bénévoles et une activité comme celle-ci leur permet de se revoir et de partager leur expérience», explique le directeur général, Yves Arseneault.

La symbolique lors de l’activité était omniprésente… D’abord, un arbre a été planté et à proximité de l’arbre, un coffre de souvenirs a été enfoui. «On avait demandé aux membres des familles d’apporter un objet pouvant représenter le défunt. Tous les objets ont été mis dans le coffre», ajoute M. Arseneault avec un large sourire empreint d’émotion. Puis, trois colombes ont été lancées pour compléter la symbolique de la journée.

Bilan

«C’est plus de 7975 heures de bénévolat qui se sont réalisées à la Maison pour notre première année. Plus de 80 bénévoles complètent notre équipe de personnel soignant et collaborent au fonctionnement de la Maison, aux soins avec l’aide et le support des bénévoles d’Albatros Centre-Mauricie, à l’accueil, à la préparation de repas, aux corvées de nettoyage du terrain, à la décoration de la maison ainsi qu’à l’organisation d’activités de toutes sortes. Les personnes et le personnel deviennent des membres de la famille ici. C’est une maison d’amour», exprime la présidente Lise Landry.

Depuis son ouverture, ce sont 154 personnes qui ont vécu leurs derniers moments à la Maison Aline-Chrétien.

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Thérèse grenier
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Thérèse grenier

J ai accompagne ma
Belle soeur qui etait comme mon âme soeur j ai rencontré du personnel extraordinaire je n ai que des bons mots pour cette maison et tout son personnel