La chasse aux insectes piqueurs est ouverte

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Par Bernard Lepage

Son idée semblait être faite depuis la publication de l’appel d’offres le 17 mars et c’est sans surprise que Shawinigan a adopté ce mardi à 16h30 en séance extraordinaire une résolution accordant le contrat de contrôle des insectes piqueurs dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides à la firme GDG Environnement

En conférence de presse plus tôt cet après-midi, Michel Angers a déclaré que la facture de 150 000$ reliée à ce projet pilote représentait un bon investissement autant pour les résidents du secteur que pour les touristes de passage. Le maire a cité plusieurs municipalités comme Trois-Rivières, La Tuque, Drummondville, et bientôt Bécancour, qui ont déjà recours à ce procédé et qui ne voudraient plus revenir en arrière.

GDG Environnement débutera l’épandage du larvicide dès la semaine prochaine et l’opération se poursuivra ainsi périodiquement jusqu’au mois de septembre. Biologiste de formation, Richard Vadeboncoeur, Directeur Développement des affaires pour GDG, a répété que le produit versé dans l’eau stagnante, où se développent les moustiques, et l’eau courante, où se développent les mouches noires, était inoffensif pour l’environnement.

«C’est une bactérie qu’on retrouve à l’état naturel dans le sol. Elle intervient spécifiquement sur les larves des mouches noires et des moustiques et elle n’affecte pas les poissons et les amphibiens», a-t-il expliqué.

M. Vadeboncoeur réfute également les critiques voulant qu’éliminer 80% des insectes piqueurs sur un territoire chamboule l’équilibre de la nature. «Il n’existe pas de prédateur juste pour les moustiques, insiste-t-il. Il existe environ 100 000 insectes dans la nature. Éliminer les mouches noires et les moustiques ne vient donc pas dérégler le cycle alimentaire comme certains le prétendent.»

Revêtus de dossard orange, des membres de GDG Environnement sillonneront donc le territoire à compter de la semaine prochaine. Près d’un millier de sites ont été ciblés. Parce que les mouches noires se déplacent dans un rayon de 6 km – contre 1 km pour les moustiques – l’épandage devra se faire partiellement sur les territoires de Saint-Boniface et de Saint-Mathieu-du-Parc, situés tous deux en périphérie du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides. Les résidents de ces deux municipalités qui habitent près des zones ciblées bénéficieront donc partiellement de la chasse aux insectes piqueurs sans en défrayer le coût.

Fait à noter, GDG ne pourra pénétrer dans le parc national de la Mauricie, ce qui laisse théoriquement la possibilité que des mouches noires provenant de ce secteur viennent affaiblir les résultats finaux.

Comme il peut exister environ une soixantaine de mouches noires et autant de moustiques et qu’une nouvelle génération revient dans la nature aux deux semaines, GDG devrait être à pied d’œuvre jusqu’à la fête du Travail pour assurer le succès de l’opération. Richard Vadeboncoeur a demandé la collaboration des propriétaires privés afin de donner accès aux membres de son équipe durant cette période.

Le maire Angers a souligné pour sa part que la Ville convoquera une soirée d’information sur l’épandage de larvicides afin de donner l’heure juste aux citoyens. Cette rencontre se tiendra dans le secteur Saint-Gérard à une date encore à déterminer.

Au terme de la belle saison, la Ville sondera l’opinion des citoyens du secteur vis-à-vis les résultats de l’opération. C’est seulement là que le conseil municipal décidera s’il donne un caractère permanent au projet pilote et si d’autres secteurs de la Ville pourraient en bénéficier. Michel Angers n’exclut pas ultimement de signer des ententes avec ses homologues de Saint-Mathieu-du-Parc et Saint-Boniface pour amoindrir le coût de la facture finale.

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