La conservation des écosystèmes au-delà des limites du parc national

Par Redaction Shawinigan
La conservation des écosystèmes au-delà des limites du parc national
La tortue des bois est un bon exemple d’une espèce en péril dont la survie dépend des efforts de conservation au-delà des frontières du parc. (Photo : courtoisie Parcs Canada)

NATURE. En plein processus d’élaboration de son prochain plan directeur 2020-2030, le parc national de la Mauricie a rassemblé le 11 février dernier à l’Auberge Gouverneur de Shawinigan des dizaines de représentants d’organismes universitaires, gouvernementaux et de conservation.

L’objectif de cette rencontre était d’identifier de manière collective les enjeux liés à la conservation des écosystèmes forestiers et aquatiques ainsi que les milieux humides, et ce, au-delà des frontières du parc. Ce fut l’occasion de discuter entre collaborateurs et de porter un regard sur l’avenir de la protection des ressources au parc national de la Mauricie dans une perspective de connectivité de la biodiversité.

Titulaire de la chaire de recherche du Canada en intégrité écologique, Université du Québec à Trois-Rivières, Raphaël Proulx mentionnait que «la collaboration entre partenaires et chercheurs est essentielle afin d’assurer la protection et la conservation des écosystèmes et des espèces présents en Mauricie et ce, au bénéfice des prochaines générations.»

Selon Parcs Canada, la prise en compte de l’utilisation des écosystèmes adjacents à un parc demeure essentielle pour assurer sa conservation à long terme. En consultant des acteurs de premier plan, le parc national de la Mauricie souhaite être en mesure d’orienter ses objectifs en matière de conservation en se basant sur les concepts d’écologie du paysage. Parcs Canada vise ainsi à s’intégrer efficacement aux efforts de conservation entrepris à l’échelle régionale et à adapter son approche au contexte des changements climatiques.

La mobilisation des connaissances et la collaboration sont essentielles au développement de mesures de conservation efficaces et adaptées aux défis actuels en matière de protection de la biodiversité. Le parc national de la Mauricie encourage plus que jamais la mise en place d’une approche qui vise à assurer la protection des espèces en péril, le maintien de la connectivité entre les habitats et des processus écologiques dans les écosystèmes de la région.

Le parc national de la Mauricie en bref

  • Fondé en 1970, le parc national de la Mauricie est un trésor national de 536 km2, soit l’étendue de l’île de Montréal, où l’on retrouve 150 lacs et où 93 % du territoire est recouvert de forêt. Il est ouvert à l’année et accueille en moyenne 160 000 visiteurs.
  • Parcs Canada est parmi les quelques réseaux de parcs nationaux au monde à avoir mis en oeuvre un programme de surveillance de l’intégrité écologique et de rapport à l’échelle du réseau, comportant plus de 700 mesures scientifiques indépendantes. Cette surveillance aide à déterminer si les composantes des écosystèmes du parc de la Mauricie lui permettent de fonctionner normalement. Le programme de suivi de l’intégrité écologique du parc montre que l’habitat de certaines espèces clés est sous pression dû aux activités humaines en périphérie du parc.
  • Au parc national de la Mauricie, la tortue des bois fait l’objet d’un suivi très important depuis les années 1990. Les connaissances acquises ont contribué à la mise en place de mesures de conservation appliquées non seulement au parc national, mais aussi ailleurs au Québec. De plus, la survie de cette espèce en péril dépend des efforts de conservation au-delà des frontières du parc.
  • Le programme de conservation et de restauration de Parcs Canada, par l’entremise des projets de rétablissement des écosystèmes aquatiques et forestiers, s’inscrit dans le mandat de Parcs Canada de protection et de mise en valeur du patrimoine naturel du parc national de la Mauricie. Il permet au territoire de retrouver son état naturel après plus de 150 ans d’exploitation forestière et faunique.
  • Jusqu’à maintenant, 68 200 alevins élevés en pisciculture et 4 160 ombles de fontaine adultes ont été relocalisés. Dix populations d’omble de fontaine ont été restaurées afin de conserver la diversité génétique d’origine et assurer la recolonisation de ces lacs une fois les espèces exotiques éliminées.
  • Au parc national de la Mauricie, la solution des brûlages dirigés permet de restaurer des peuplements de pins blancs et de chênes rouges. Affichant plus de trente années d’expérience dans l’utilisation du feu pour rétablir et maintenir de façon naturelle l’intégrité écologique des parcs et des lieux historiques nationaux, Parcs Canada est un chef de file dans ce domaine.
  • Le nouveau plan directeur du parc national de la Mauricie est actuellement en processus d’élaboration. Pour ce faire, Parcs Canada travaille avec les partenaires, les Premières nations, les intervenants et le public en vue de renouveler ce document. Une consultation est prévue pour le printemps 2020 afin de recueillir les commentaires du public et des partenaires sur l’ébauche du futur plan directeur.
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