La double vie de Kevin Bordeleau

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Par Bernard Lepage
La double vie de Kevin Bordeleau
Fondée en 2012, ce n'est qu'en 2015 que Kevin Bordeleau (à l'avant plan) a rejoint le groupe Burning The Oppressor. (Photo : (Courtoisie Mihaela Petrescu))

MUSIQUE. À voir les photos promotionnelles de son groupe de musique,  on ne croirait pas discuter avec celui qui s’affiche sur le réseau LinkedIn comme Chef des services externes de l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel…

Gestionnaire dans le réseau de la santé le jour, Kevin Bordeleau devient Kevin Bordello le soir, leader de la formation death metal Burning the Oppressor qui vient de signer un important contrat de disques avec un géant européen.

«J’adore ce côté paradoxal, lance le Shawiniganais, rejoint au bout du fil à sa résidence de Repentigny. Au travail, tout le monde sait que je chante dans un groupe de métal. C’est mon exutoire dans lequel je peux exprimer mon côté artistique.»

Dans le milieu de la santé mentale où il œuvre, la déstigmatisation est un enjeu quotidien note-t-il. «Les gens traités en psychiatrie vivent souvent avec des étiquettes, ce qui apportent toutes sortes de difficultés à se réintégrer dans la société. Mon rôle de chanteur, c’est aussi une façon de déstigmatiser le monde de la musique métal où on retrouve aussi beaucoup de préjugés reliés à la drogue ou au sexe», poursuit Kevin Bordeleau qui signe les textes des chansons de Burning The Oppressor. «Je m’inspire beaucoup justement de mon travail en santé mentale, la lourdeur qu’on y retrouve, la déchéance humaine, la mauvaise expérience en société.»

Kevin Bordeleau.

10 000 visionnements en cinq jours

La formation a littéralement enflammé la scène musicale montréalaise au début du mois d’août lorsqu’il fut dévoilé qu’elle venait de signer un contrat avec Candlelight Records, la filiale metal du géant Universal Music. L’annonce a été accompagnée par la sortie le 6 août de Warrior, premier single de l’album Damnation qui sera lancé le 29 octobre prochain. Sur Youtube, Warrior a été visionné plus de 10 000 fois en moins de cinq jours. Un programmeur informatique a aussi créé un buzz dans la communauté metal en transposant le single sur le jeu vidéo Clone Hero, un dérivé de Guitar Hero.

«Tout arrive en même temps depuis quelques jours. On a eu plein d’écoutes du Royaume-Uni où est basée la compagnie de disques. Ce lancement nous a emmené beaucoup de visibilité», souligne le Shawiniganais qui a rejoint la formation en 2015. L’album Damnation, le 4e du groupe, mais le deuxième avec Bordello comme chanteur, sera bien sûr lancé sur les plateformes numériques comme Apple, Spotify et Deezer mais Candlelight Records verra aussi à la rendre disponible en CD, mais surtout en vinyle noir ou rouge (disponible en précommande sur la page Facebook de Kevin Bordello).

«Le format physique marche beaucoup encore chez les metalleux qui sont souvent des collectionneurs. C’est un style de musique qui traverse les époques. Dans nos spectacles, on retrouve autant des jeunes que des hommes ou femmes de plus de 60 ans qui ont découvert la musique metal dans les années 1970. C’est comme une grande famille.»

Sur son compte Facebook Kevin Bordello, le Shawiniganais a exprimé sa fierté lors de l’annonce de la signature avec Candlelight Records en écrivant: ‘ «Voilà ma récompense après tant d’années de travail et de sacrifices! Je suis donc très fier de vous partager cette nouvelle étape dans ma carrière d’artiste qui prend maintenant une toute nouvelle tournure plus que positive et espérée!»

De Broken Glass à Burning The Oppressor

Infirmier de profession au départ avant de compléter un baccalauréat en Sciences infirmières puis une maîtrise en Gestion et développement des organisations, Kevin Bordeleau bourlingue dans la musique depuis son adolescence à Shawinigan-Sud. Au milieu des années 2000, il était le leader du groupe pop punk Broken Glass, inspiré par les Simple Plan et Blink 182 de ce monde.  Un monde propret bien lointain de l’univers sombre de Burning the Oppressor dont il assure également la gérance.

La formation montréalaise traitait déjà avec Evenko pour programmer des spectacles, mais son association avec Candlelight Records vient d’insuffler une nouvelle dimension au groupe. «Cette signature nous procure beaucoup de crédibilité auprès des agences de booking et de touring qui s’occupent d’organiser les programmations des festivals de metal en en Angleterre, en France et en Allemagne », termine Kevin Bordeleau qui devra peut-être se créer un deuxième compte LinkedIn sous peu…

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