La photo, une deuxième nature

Photo de Sandra Lacroix
Par Sandra Lacroix
La photo, une deuxième nature
Passionné de la faune depuis toujours, le photographe Robert Cyr présentera quelques-unes de ses œuvres au Rendez-vous des peintres de Sainte-Flore. (Photo : Sandra Lacroix)

CULTURE. Lorsqu’il a pris sa retraite de sa carrière de chirurgien, qui l’a passionné pendant plus d’une trentaine d’années, Robert Cyr a commencé à s’adonner à plein temps à ses autres passions: la faune et la photographie. Ce week-end, il exposera pour la toute première fois ses œuvres au Rendez-vous des peintres de Sainte-Flore.

Armé de son appareil-photo et d’une patience de fer, Robert Cyr parcourt les sentiers de la région à la recherche des plus belles espèces à immortaliser.

Même si son terrain de jeu se trouve en majeure partie au parc national de la Mauricie, le photographe explore aussi d’autres bijoux, comme le parc Héritage Carcajou à Saint-Boniface, le mont Otis à Notre-Dame-de-Montauban, le sentier du Père-Buteux à Grandes-Piles, etc.

S’il peut passer plusieurs heures en étant immobile, debout dans un sentier ou assis dans son kayak sans broncher, il réussit à capter des instants uniques qui lui valent des photographies magnifiques.

«Même si je reste quatre ou cinq heures sans bouger, il y a toujours des choses à voir, à écouter, indique M. Cyr. Lorsqu’on observe comme ça, tous nos sens sont en éveil, l’ouïe, la vue et même l’odorat.»

S’il a commencé la photo il y a 43 ans, c’est par moments qu’il s’y est adonné pendant longtemps. Lorsqu’il travaillait, il était pris au minimum 70 heures par semaine, en plus des fins de semaine de garde.

«Pour moi, c’est à la fois un moment de détente et un moment énergisant, c’est extraordinaire»

– Robert Cyr

«Dans mes vacances, je partais avec mon épouse, et très souvent avec mes deux fils, dans le parc national de la Mauricie, à faire des sentiers ou du hors-piste, avec seulement une carte topographique et une boussole.»

Il faut dire que Robert Cyr court les bois depuis qu’il est haut comme trois pommes, donc parfois, la boussole est même superflue. «J’en ai presque une dans ma tête, lance -t-il en souriant. Je peux m’orienter à peu près n’importe où sans problème.»

Savoir respecter

Orignaux, loups, ours, huards, castors, renards; Robert Cyr ne compte plus les rencontres où les animaux lui ont permis de s’approcher très près d’eux et de les photographier dans leur milieu naturel.

Chaque photographie, une œuvre artistique unique, a son histoire. Un huard à quelques pieds de son kayak, poisson dans le bec, une maman orignal qui lui confie pratiquement ses petits pendant qu’elle va chercher de la nourriture plus loin, un jeune loup qui délaisse sa meute pour venir nager autour de son kayak, un castor qui marche presque sur ses pieds avant de poursuivre son chemin, pour ne nommer que celles-là.

«Ça fait tellement longtemps que j’observe la faune que les animaux me parlent par leur gestuelle, autant que nous nous parlons avec des mots», raconte le photographe.

La position du poil, des oreilles ou du corps de l’animal lui permet de détecter les signaux de peur ou de confiance de l’animal. Pour lui, une règle d’or prévaut: le respect. «Si l’animal me montre que ma présence le dérange, c’est à moi de reculer. C’est moi qui est chez lui.»

«Aucune de mes photos n’est retouchée par Photoshop ou autre, précise-t-il fièrement. Je suis de cette école où quand je prends une photo, si elle n’est pas bonne, je la jette et c’est tout.»

Plusieurs de ses photos lui ont d’ailleurs valu une distinction au concours Vue d’en haut de Bassin Versant Saint-Maurice.

Rendez-vous des peintres

La 17e édition du Rendez-vous des peintres de Sainte-Flore aura lieu du 9 au 11 août prochain. En nouveauté cette année, on y présentera des œuvres de trois photographes au presbytère. Outre Robert Cyr, les photographes Sylvain Mayer et Yvan Cossette exposeront.

 

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