La police aux aguets

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Par Patrick Vaillancourt

PATROUILLE. TC Media a eu le privilège au cours de la dernière semaine d’accompagner deux agents nautiques lors d’une patrouille sur la rivière Saint-Maurice. En plus de vérifier le matériel obligatoire d’une embarcation, les policiers s’assurent que le capitaine du bateau ne conduit pas avec les capacités affaiblies par l’alcool ou les drogues.

Au cours de la saison, la Sûreté du Québec réalise une trentaine de sorties sur l’eau en interceptant plusieurs embarcations pour des vérifications. «Les policiers qui effectuent des patrouilles sur les plans d’eau de Shawinigan sont des policiers spécialement formés qui opèrent les embarcations de la SQ, explique Hugo Fournier, porte-parole de la SQ en région. Nous avons plusieurs bateaux à la SQ, on parle de 80 embarcations à la grandeur du Québec et plus de 360 policiers qui sont formés pour intervenir. Évidemment, la conduite avec les capacités affaiblies est la priorité de ces agents. On va sur les plans d’eau pour faire de la prévention, de la sensibilisation, et on vise à prévenir la conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool ou la drogue. Les amendes et les sanctions sont les mêmes que les gens qui conduisent un véhicule routier. Nos agents vont cibler principalement les activités où il y a plusieurs plaisanciers sur les plans d’eau. On va vérifier les équipements qui doivent être requis, entre autres le nombre de vestes de flottaison doit correspondre aux nombres de personnes dans le bateau.»

«Pour nous, il n’y a pas de passe-droit s’il manque une veste de flottaison et on exige que le conducteur quitte l’eau pour aller chercher ses vestes, affirme Martin Gavillet, agent nautique. Par exemple, si les piles ne fonctionnent plus dans la lampe de poche, nous sommes tolérants et nous donnons plutôt un avertissement au plaisancier.»

L’agent Gavillet est formé depuis 2006. Quelle est sa plus grande surprise depuis qu’il travaille sur l’eau? «Je me souviens qu’à La Tuque, on avait intercepté un ponton où il y avait près de 20 personnes dessus. Il était de fabrication artisanale sans garde de sécurité avec des enfants et une poussette. On l’avait escorté pour qu’il sorte de l’eau.»

Pendant la Semaine nationale de la prévention de la noyade qui se déroule du 20 au 26 juillet, les policiers feront encore plus de sorties sur l’eau. «On va cibler des journées où il y a beaucoup d’activités sur l’eau pour surveiller la conduite avec les capacités affaiblies, ajoute Hugo Fournier. Aussi, il va y avoir une patrouille qui sera effectuée près des quais où est-ce que les plaisanciers débarquent. Les plaisanciers doivent s’attendre à se faire vérifier par les agents de la SQ pour vérifier leur état de conduire d’une embarcation à moteur et de leur véhicule lorsqu’ils sortent du plan d’eau. Ce n’est pas interdit de consommer de l’alcool en bateau, mais on ne le conseille pas bien évidemment, surtout pour le capitaine. Les agents vont donner un avertissement s’il manque du matériel, comme un sifflet ou un extincteur. Mais c’est tolérance zéro pour une veste de flottaison.»

Le saviez-vous?

Au Québec, aucune réglementation n’existe à cet effet, contrairement aux autres provinces canadiennes. Conséquemment, il n’est pas interdit de consommer de l’alcool à bord d’une embarcation, même s’il s’agit d’un bateau à moteur. Par contre, la conduite d’une embarcation avec la capacité de conduire affaiblie par l’alcool ou une drogue est sanctionnée par le Code criminel. En effet, le Code criminel prévoit que toute personne qui a consommé une quantité d’alcool de façon à ce que son alcoolémie dépasse 80 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang commet une infraction.

Ils sont passibles des pénalités suivantes :

-1er délit : amende minimale de 1000 $

-2e délit : minimum de 30 jours d’emprisonnement

-Pour chaque infraction subséquente, un emprisonnement minimal de 120 jours.

-La consommation d’alcool représente 40% des causes d’incidents impliquant un bateau.

Effectifs de la SQ

-362 patrouilleurs nautiques

-86 postes avec des spécialistes

-80 embarcations de types différents

-2 policiers spécialisés en enquêtes et reconstitution de collisions nautiques

Statistiques 2014 Mauricie et Centre-du-Québec

-Aucune collision nautique

-8 constats d’infraction nautique émis

-109 avertissements nautiques décernés

Amendes veste de flottaison et carte de compétence

-1 veste manquante: 200$

-2 vestes manquantes: 300$

-3 vestes manquantes: 400$

-4 vestes manquantes: 500$

-5 vestes manquantes: 600$

-Conduire sans carte de compétence: 250$ d’amende

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